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Bijoux, casque et écouteurs : ce qui gêne, ce qui accroche, ce qui tient

Bijoux, casque et écouteurs : ce qui gêne, ce qui accroche, ce qui tient

L'oreille est devenue un lieu de travail

En 1910, la marine américaine commande des casques à un homme qui les assemble sur sa table de cuisine, dix paires à la fois. Un siècle plus tard, l'oreille porte un écouteur, une branche de lunettes, un élastique de masque et une boucle, tout à la fois. Quatre objets sur un morceau de cartilage. L'un cède, et c'est le bijou.

Le conflit entre la technique et le bijou se joue chaque jour, et il suit l'un des trois scénarios. La personne retire sa boucle avant une visio, l'oublie dans une poche, puis la perd. Ou bien elle serre les dents et découvre le soir une marque rouge laissée par le fermoir. Ou encore elle entend un cliquetis sur un enregistrement, cherche la cause du côté du micro et ne songe pas à regarder sa chaîne.

Le sujet paraît anodin, mais il se règle au moment de l'achat. Un bijou choisi en tenant compte du casque n'a jamais besoin d'être retiré. Un bijou choisi sans y penser vit dans une poche et, un jour, n'en ressort pas. Voyons ce qui se passe entre le métal et la technique sur l'oreille, et quelles formes traversent tout cela sans broncher.

Trois façons de gêner : pression, accroche, bruit

Les conflits sont au nombre de trois, et il ne faut pas les confondre, car ils se soignent autrement. La pression naît quand la coque ou le coussinet plaque le bijou contre l'oreille et le transforme en point dur coincé entre deux surfaces. Le pire n'est pas la boucle elle-même, c'est son revers : fermoir, tige, poussoir papillon.

L'accroche, elle, est mécanique. Un anneau, un crochet ou un pendant mobile passe derrière le bord du coussinet ou de la branche, et au retrait il part avec le casque. Le lobe s'étire, et dans le mauvais cas il se déchire.

Le bruit ne concerne pas l'oreille mais l'enregistrement. Un métal posé près d'un micro cogne contre un autre métal, frotte le tissu et produit des cliquetis qu'aucun montage ne rattrape. On sent les deux premiers conflits, on découvre le troisième une fois l'enregistrement fait.

Pourquoi l'oreille perd contre la technique

À l'extérieur, l'oreille est du cartilage tendu d'une peau fine, presque sans graisse dessous. La seule partie molle est le lobe, et c'est bien pour cela qu'on y perce depuis toujours. Tout le reste appuie directement sur le périchondre, qui est sensible et cicatrise lentement.

La technique, elle, est calculée pour une oreille moyenne et vide. La pression de l'arceau vise à maintenir l'isolation, pas à ménager une boucle en dessous. Aucun casque ne s'adapte au bijou, si bien que c'est au bijou de s'adapter.

D'où une règle de travail : entre changer la technique et changer la boucle, il revient toujours moins cher de changer la boucle. La bonne nouvelle, c'est que les formes qui cohabitent avec le casque paraissent plus adultes que les grosses pièces, pas plus pauvres.

Ce qui est normal et ce qui est un signal

Une marque régulière laissée par le coussinet, qui s'efface peu après le retrait, ne dit rien. Un point isolé sous le lobe, encore sensible une fois la technique enlevée, dit autre chose : le fermoir a enfoncé la chair. Si cette marque tient encore au réveil, l'oreille mérite un passage chez la personne qui a fait le perçage.

Certains signes n'appellent aucune interprétation maison. Une douleur qui n'existait pas avec le même casque. Une rougeur autour du perçage lui-même, et non le long du coussinet. Un écoulement, un gonflement, la sensation que la boucle s'enfonce plus que le matin. On va alors voir son perceur, et si s'ajoutent gonflement et chaleur, un médecin : distinguer à l'œil une irritation mécanique d'une inflammation est impossible, et un article n'y aide pas.

Votre oreille contre votre casque : qui gagne ?
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Un siècle de technique sur l'oreille

Le conflit du bijou avec le casque semble une nouveauté des dix dernières années. En réalité la technique s'est installée sur l'oreille il y a plus d'un siècle, et les deux camps ont eu le temps de changer plusieurs fois.

Le théâtre par les fils et le casque sur tige

On pouvait écouter un spectacle dans une paire de capsules dès le dix-neuvième siècle. Dans les années 1890, la compagnie britannique Electrophone tire des fils jusqu'aux scènes des théâtres et des opéras de Londres et vend un abonnement à la retransmission en direct : l'abonné décroche chez lui ou dans son club et entend ce qui se joue à la minute même sur scène.

On écoutait dans de lourdes capsules reliées sous le menton et montées sur une longue tige. Sur la tête, une telle construction ne tenait pas : c'est l'auditeur qui la tenait, et la tige servait précisément à éviter de porter les capsules aux doigts contre les oreilles.

Pour notre sujet, c'est un point de départ. Tant que la technique restait en main, le son et le bijou ne se disputaient pas : l'auditeur réglait lui-même la pression et pouvait la relâcher à la seconde. La boucle passait sous la capsule le temps d'une retransmission, pas d'une journée, et ne recevait que la charge que la main lui donnait.

Une table de cuisine dans l'Utah et la commande de la marine

En 1910, Nathaniel Baldwin, dans l'Utah, monte sur sa table de cuisine des capsules nettement plus sensibles que celles des radios d'alors et en envoie des échantillons aux militaires, avec une lettre écrite à l'encre mauve sur du papier rose et bleu. La marine les essaie, les juge meilleures que ce qu'elle connaissait et en commande, alors que l'inventeur pouvait en produire une dizaine de paires à la fois.

Le principe était simple : deux capsules sur un arceau qui passe par-dessus la tête et les maintient aux oreilles par une pression constante. L'arceau se distingue de la capsule en main par un point : c'est lui qui fixe l'effort, pas les doigts. La main serre ce qu'on veut et relâche dès que cela lasse. Le ressort de l'arceau, lui, tient exactement ce pour quoi il est réglé, aussi longtemps que le casque reste sur la tête. Tout ce qui est pris entre le coussinet et l'oreille reçoit cet effort en entier.

Pour le bijou, la différence entre ces deux façons de porter est décisive. La capsule en main se relâche à la seconde où le fermoir commence à gêner, et l'affaire ne coûte rien. L'arceau ne le permet pas : pour ôter la pression, il faut tout enlever, et on le garde jusqu'au bout de la tâche, c'est-à-dire jusqu'au bout de l'appel, de la séance ou de la journée. La question « que peut-on laisser à l'oreille » vise donc ce qui tient sur la tête tout seul.

Vis et clip : tenir la boucle sur une oreille non percée

Le second protagoniste a changé tout autant. L'Europe victorienne tenait le perçage de l'oreille pour peu convenable, et la mode des boucles est revenue avant la tolérance envers le trou dans le lobe. La réponse fut le fermoir à vis, apparu dans les années 1890 : le bijou tenait par un filetage qui pinçait le lobe des deux côtés, sans le moindre trou.

Dans les années 1930, le clip à charnière arrive : une pince à ressort qui s'ouvre et se ferme d'un geste. Plus rapide que la vis, il a pris sa place dans l'usage courant.

Les deux fermoirs avaient la même tâche : tenir un bijou sur une oreille sans trou. La technique n'y était pour rien. Mais leur solution a une conséquence que sent aujourd'hui quiconque met un clip sous un casque. La pince tient par serrage, donc par définition elle se place des deux côtés du lobe et dépasse au-dessus. Le perçage l'emporte ici : la tige traverse la chair au lieu de l'enserrer, et en version plate elle ne dépasse presque pas.

Ce que cette histoire dit à l'acheteur

La conclusion est simple et solide : tout ce qui tient sur la tête tout seul agit de la même façon sur l'oreille. L'arceau du casque, la branche des lunettes, la boucle du masque, la coque du casque de moto diffèrent par la force, la surface et la direction, mais pas par la nature. Chacun presse contre l'oreille ce qui s'est glissé entre elle et la peau, aussi longtemps que l'objet reste sur la tête. La capsule sur tige, tenue en main, n'entre pas dans la liste : là, l'effort venait de l'auditeur.

Ce sont donc la mécanique et non la mode qui dictent les exigences. Sous une pression continue survit ce qui ne concentre pas la force en un point : le large passe mieux que le haut, le lisse mieux que le crénelé, le traversant mieux que le pincé. Le fermoir à vis de la fin du dix-neuvième siècle et le labret plat s'en tirent différemment, mais on les juge de la même manière : par ce qui reste au revers.

Sous un casque circum-auriculaire je choisis un dos plat et un profil sans aucun point saillant. Gardez les créoles pour une soirée sans casque. Une tige à papillon appuie par sa queue au dos du lobe, pas par sa face, et le casque n'y est pour rien.
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Le regard du styliste : un ensemble pour huit heures de casque

Une journée en casque finit souvent par un renoncement : on cesse de mettre des boucles, parce qu'il est plus simple de s'en passer que de les ôter à chaque fois. Voici un échange avec le styliste de Zevira sur la façon de composer un ensemble qui tient la journée et reste visible.

Par quoi commencez-vous quand quelqu'un dit qu'il est en casque toute la journée ?

Je demande quel casque, exactement, et combien d'heures d'affilée. Le choix devient ensuite presque mécanique. Sous un circum-auriculaire, je recommande un revers plat et un profil sans point saillant ; sous des intras, on peut garder même des pendants, puisque l'oreille est libre. La forme et le métal viennent après cette question, jamais avant.

Que faire pour ceux qui veulent que les boucles se voient à la caméra ?

Travailler la largeur, pas la hauteur. Un large disque plat se lit mieux à l'écran qu'une petite bille, et rien ne dépasse ni devant ni derrière. Je conseille de déplacer l'accent vers un second trou, ou vers un ear cuff plus haut si le sommet de l'oreille est libre de toute branche. Sur ce qui survit vraiment à une webcam, tout est détaillé dans les bijoux pour la visioconférence.

Et la chaîne ? On la retire aussi ?

Je la garde, mais je choisis une longueur qui ne passe ni sous le col ni sous le câble. Une chaîne courte se pose sur la clavicule et vit tranquille. Une longue file dans le décolleté, et là commence tout ce qui s'entend sur un enregistrement. Sous casque, je recommande un seul pendentif, sans pièce mobile : deux pendants sur deux chaînes finissent toujours par se trouver et par cliqueter.

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Comment le casque se pose sur l'oreille

Avant de choisir un bijou, il vaut la peine de comprendre la géométrie : les types de casque touchent des zones différentes, et leurs formes interdites ne coïncident pas.

Circum-auriculaire : le coussinet contourne l'oreille

Le modèle circum-auriculaire enveloppe tout le pavillon, et le coussinet se pose en anneau autour de lui : devant vers la tempe, au-dessus, derrière et sous le lobe. Au-dessus, devant et derrière, l'os du crâne est proche sous la peau ; dessous, il n'y a pas d'os, seulement les tissus mous de la joue et du cou, et le coussinet s'y enfonce plus. L'oreille, à l'intérieur de la coque, est en principe libre, mais cela ne vaut que pour une oreille vide.

Dès qu'une boucle apparaît, le tableau change. Le lobe se retrouve plaqué contre la tête par le bord bas du coussinet, tandis que le bord cartilagineux de l'oreille touche la paroi de la coque en haut. Autrement dit, le circum-auriculaire appuie sur le cartilage supérieur et sur le bas du lobe, en laissant le centre du pavillon tranquille.

La conclusion pratique surprend : sous un circum-auriculaire, les perçages du centre du pavillon et du tragus vivent le plus paisiblement, et ce sont les points extrêmes qui souffrent, l'hélix en haut et la boucle ordinaire du lobe.

Supra-auriculaire : le coussinet appuie sur le pavillon

Paire d'ornements d'oreille en or à figures et pierres incrustées, Java, IXe-XIVe siècle
Ornements d'oreille à figures et pierres incrustées, Java, IXe-XIVe siècle, or. The Metropolitan Museum of Art, CC0Pair of Earplugs Ornamented with Figures and Inlaid Stones, Indonesia (Java), early 9th-14th century. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Le modèle supra-auriculaire est plus petit et se pose sur l'oreille au lieu de l'entourer. Toute la force de serrage porte sur le pavillon, et le moindre bijou sous le coussinet se retrouve pris entre la technique et le cartilage.

C'est le format le moins accueillant pour un bijou. Ici gêne même une boucle plate, si elle a de quoi buter : un fermoir saillant, une arête, une facette, un bout de tige qui dépasse. Un anneau, le coussinet l'enfonce simplement dans l'oreille sur toute sa courbe. Le lobe souffre en premier, car le bord du coussinet tombe souvent juste dessus.

Si le supra-auriculaire est votre outil de travail principal, l'ensemble se compose pour lui, et non l'inverse. Le reste vient après.

Intra-auriculaire : l'embout tient dans le conduit

Les intra-auriculaires entrent dans le conduit auditif et tiennent par ses parois. Le pavillon reste alors ouvert, et avec de grandes boucles au lobe il n'y a aucun conflit.

En revanche apparaissent leurs propres points sensibles. Tout ce qui se trouve près de l'entrée du conduit, c'est-à-dire le tragus, l'antitragus et le bas du pavillon, se met à disputer la même place à l'embout. Un autre souci concerne les doigts : on retire l'embout à l'aveugle, et la main accroche le pendant suspendu à côté.

Les modèles à embout en silicone tiennent plus fermement dans le conduit et demandent un geste plus décidé au retrait, donc le risque de toucher un bijou est plus élevé.

Ouvert et conduction osseuse : l'oreille reste libre

Les casques ouverts ne bouchent pas l'oreille, ils se posent à côté, et le son entre dans le pavillon par l'extérieur. Les modèles à conduction osseuse vont plus loin et n'utilisent pas le conduit du tout : l'émetteur s'appuie sur l'os de la pommette devant l'oreille, et le son gagne l'oreille interne par l'os.

Pour les bijoux, c'est le meilleur des mondes. Pavillon, lobe et cartilage sont libres, on peut mettre ce que l'on veut. En échange apparaît une autre zone d'attention : l'arc qui passe au-dessus de l'oreille et derrière, là précisément où siègent les ear cuffs et les perçages hauts.

La liberté n'est donc pas totale, elle a juste déménagé. Le bas de l'oreille se libère, le haut se prend.

Ce qui arrive à la boucle sous le casque

Il faut ensuite détailler la mécanique, car l'intuition trompe. On accuse d'ordinaire la taille du bijou, alors que ce sont le revers et la hauteur qui décident.

Le fermoir du dessous appuie plus que le bijou du dessus

Un clou classique tient par une tige et un poussoir papillon. Le papillon se place au dos du lobe, il a deux ailettes enfilées sur la tige et un bout de tige qui le traverse et dépasse encore. C'est ce côté qui bute contre la tête quand le coussinet vient dessus.

L'arithmétique est ingrate : de face, vous jugez une jolie partie visible, mais sous le coussinet passe toute la construction avec sa pince, nettement plus haute. Le métal s'enfonce dans la chair du côté interne, là où la peau est plus fine et où vous ne voyez rien. La marque laissée par le papillon dure plus longtemps que celle de n'importe quel élément décoratif.

D'où la première règle d'un ensemble sous casque : regarder non pas la face, mais ce qui reste derrière.

L'accroche au coussinet et le lobe déchiré

Le coussinet du casque a un bord et une couture. Un anneau, le crochet d'un fermoir dormeuse et tout pendant mobile attrapent ce bord à la pose et surtout au retrait, quand le geste est vif et aveugle.

Deux issues sont alors possibles. Dans le cas léger, le bijou reste dans le coussinet et tombe par terre, on le retrouve ou non. Dans le cas grave, il reste dans l'oreille et le lobe reçoit une secousse. La déchirure du lobe par une telle secousse est une blessure banale, que les chirurgiens réparent par une petite intervention à part.

Voilà pourquoi anneaux et pendants à crochet se retirent avant d'enfiler un casque circum-auriculaire, et non après coup.

Métal contre métal : rayures, tintement, placage usé

Ornement d'oreille au coureur ailé, culture mochica, 400-700 de notre ère
Ornement d'oreille au coureur ailé, culture mochica, 400-700 de notre ère, or, turquoise, sodalite et coquillage. The Metropolitan Museum of Art, CC0Ear ornament with winged runner, Moche artist(s), Moche, 400-700 CE. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Il existe un dommage inverse, auquel on pense moins. La face externe de la coque est, sur beaucoup de modèles, du plastique ou du métal peint, et une boucle dure y travaille comme un burin. Le bijou souffre à son tour : le poli devient terne et un placage fin s'use en un seul point.

Le cas des placages est particulier. Une dorure sur argent dure longtemps si on ne la frotte pas, et elle s'en va là où passe chaque jour le bord du coussinet : non par plaque et non uniformément, mais en une bande étroite juste sur la ligne de contact. Le même mécanisme use un revêtement de couleur sur acier. Sur la façon de tenir un bijou au quotidien sans détail superflu, il existe un tour d'horizon des bijoux minimalistes, où la forme est justement pensée pour le port de tous les jours.

Le tintement est le troisième effet. Une boucle métallique qui touche la coque lui transmet ses propres chocs, et le son entre droit dans l'oreille en évitant l'air.

Boucles sous casque supra et circum-auriculaire

C'est le scénario le plus dur de tous, et il vaut la peine de l'examiner selon trois paramètres qui décident de l'issue.

La hauteur compte plus que le diamètre

L'intuition dit que ce qui gêne, c'est le gros. En réalité, c'est le haut. Un large disque plat passe sous le coussinet sans conséquence, car la pression se répartit sur toute sa surface. Une petite bille crée un point et enfonce la peau, alors qu'elle occupe bien moins de place sur l'oreille.

L'épaisseur joue de même. Un anneau fin, posé à plat contre le lobe, se supporte mieux qu'une perle volumineuse. La physique est simple : la même force de serrage, divisée par une plus grande surface, donne une pression moindre.

Le repère pratique est donc celui-ci : sous un supra-auriculaire, prenez une forme sans point saillant, ni devant ni au revers, et ne vous limitez pas en largeur. Les clous et leurs variantes sont détaillés dans le guide des puces d'oreille, où l'on voit aussi quelles bases sont plates.

Le dos plat plutôt que le poussoir papillon

Le deuxième paramètre règle la moitié de l'affaire. Un fermoir à base plate, que le perçage appelle labret, pose au revers un disque fin et lisse au lieu d'un papillon saillant. L'oreille reçoit une surface régulière plutôt que deux ailettes.

La raison de ce choix est purement mécanique, et elle se voit sur les doigts : sous la pression, le disque plat répartit la charge sur toute sa surface, tandis qu'une pince à ailettes ramasse la même force en deux points.

Le deuxième choix le plus confortable est le fermoir à vis à revers arrondi. Il est plus haut que le disque plat, mais sans ailettes pointues, et il n'accroche pas le tissu du coussinet.

Créoles, pendants et ce qu'on peut garder

Boucle d'oreille annulaire en or lisse, vers 1648-1540 avant notre ère
Boucle d'oreille annulaire, or, vers 1648-1540 avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, CC0Hoop Earring, ca. 1648-1540 B.C.. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Les créoles perdent sous un circum-auriculaire quel que soit leur diamètre. La taille ne change rien : un petit anneau s'accroche aussi au bord du coussinet, et un grand vient en plus buter contre le cou quand on tourne la tête.

Les pendants sont ambigus. Un long pendant sur base rigide descend sous le lobe et sous le bord du coussinet, donc sous un circum-auriculaire il passe parfois mieux qu'un court. La question n'est pas la longueur mais le fermoir : le crochet dormeuse attrape le tissu, le clou avec pendant non.

Les ear cuffs et les clips ne conviennent ni au supra ni au circum-auriculaire, et l'interdit a une seule cause. La pince se tient à l'extérieur et dépasse au-dessus de l'oreille des deux côtés. Le coussinet supra vient dessus par le haut, le circum-auriculaire saisit le cartilage supérieur et le bas du lobe, soit exactement les deux lignes par lesquelles le cuff et le clip tiennent. En revanche, sous des intras, ils vivent très bien, et c'est utile à retenir en lisant le tour d'horizon des bijoux d'oreille sans perçage.

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Boucles sous les intra-auriculaires

Ici les règles se retournent. Le pavillon est libre, et le conflit descend vers le bas et vers l'intérieur, à l'entrée du conduit auditif.

Tragus, antitragus et la place de l'embout

Le tragus est le petit relief de cartilage devant l'entrée du conduit ; l'antitragus lui fait face en dessous. L'embout tient par les parois du conduit, et son corps occupe le creux du pavillon entre ces deux reliefs. Un bijou posé au tragus ou à l'antitragus se trouve juste sur le passage de ce corps.

Le perçage lui-même ne gêne pas, c'est la hauteur de la tête qui gêne. Si un embout a cessé de tenir après un changement de tige, la cause est la nouvelle tête et non le casque : la tenue est sensible au moindre volume près de l'entrée du conduit.

La carte complète des perçages de l'oreille, avec leurs noms et leurs délais de cicatrisation, est réunie dans la carte des perçages de l'oreille, commode pour vérifier quel point est occupé chez vous.

Le crochet des modèles sport

Les intras de sport tiennent souvent par un arc qui contourne l'oreille par le haut et par l'arrière. Cet arc passe sur l'hélix, c'est-à-dire sur le repli externe, et sur la zone derrière l'oreille.

Pour qui porte des perçages hauts, c'est le pire des cas : l'arc appuie sur le bijou toute la séance et bouge avec la tête, si bien qu'à la pression s'ajoute un frottement. Ce qu'un perçage donné supportera, c'est celui qui l'a fait qui le dira : mieux vaut lui signaler l'arc de sport, car il choisira une autre tige pour aller avec.

La solution est simple et ingrate : le temps de la séance, la tige haute se remplace par une tige plate et courte, ou se retire. Le lobe reste alors libre et peut porter ce qu'il veut.

Ear cuffs et chaînes d'oreille

Un ear cuff enserre le bord du cartilage par l'extérieur, et les chaînes d'oreille relient deux perçages ou un perçage et un cuff. Avec les intras, ils sont compatibles, car l'embout ne touche pas le bord de l'oreille.

Une réserve porte sur le retrait. On sort l'embout à deux doigts et à l'aveugle, et la main passe juste le long du bord externe de l'oreille. Une chaîne tendue entre deux points attrape le doigt facilement. L'habitude de retirer l'écouteur vers le bas plutôt que vers l'extérieur règle la question : les doigts s'écartent du bord au lieu d'y glisser.

Le second point concerne le poids. Un cuff à longue chaîne tire le bord du cartilage vers le bas, et combiné à des heures de casque cela donne une sensation de lourdeur le soir. Une chaîne légère n'a pas cet effet.

Perçages et casque : un sujet à part

Si l'oreille a été percée récemment, la technique passe d'alliée à source de complications. Il faut être précis ici, car le prix de l'erreur se compte en mois de cicatrisation.

Cartilage frais et casque circum-auriculaire : incompatibles

Le cartilage cicatrise lentement, et les délais se comptent non en semaines mais en semestres. Un perçage d'hélix se referme complètement en six à neuf mois, et il faut à certains jusqu'à douze mois. La conque, le perçage du creux du pavillon, tient dans les mêmes six à douze mois. Notre propre carte des perçages donne la même fourchette pour les deux, et il faut la garder en tête en entier plutôt que par sa borne basse : un canal qui paraît calme à trois mois est, à l'intérieur, encore en train de se former.

Il s'agit bien d'un semestre et plus, pas de deux mois, et cela change toute la pratique. Six mois sans casque circum-auriculaire, ce n'est pas « tenir une semaine », c'est décider avec quoi on écoutera la musique pendant deux saisons.

Tout ce temps, le bijou reste dans un canal non cicatrisé, et la pression du dessus pose deux problèmes à la fois. Le premier est mécanique : le coussinet déplace la tige, et la tenir droite toute la journée ne marche pas. Le second, c'est qu'on surveille la réaction à cette pression à l'aveugle, sans rien voir de l'intérieur du canal. La décision n'appartient donc pas au lecteur d'un article : le délai, le bijou et la charge admise pendant la cicatrisation, c'est le perceur qui les fixe, et en cas de gonflement, de chaleur et d'écoulement la question passe au médecin.

D'où la conclusion pratique : le temps de la cicatrisation d'un perçage de cartilage, on écarte tout à fait le circum et le supra-auriculaire, et l'on écoute avec des intras, qui ne touchent pas le bord externe de l'oreille. Le délai propre à votre perçage se demande à celui qui l'a fait, car il dépend de l'endroit, de la technique et de la façon dont l'oreille a cicatrisé.

Le lobe cicatrise plus vite, mais pas tout de suite

Avec le lobe, la situation est plus douce : tissu mou et bonne circulation, la cicatrisation se compte en semaines, pas en mois. Mais là aussi, un perçage frais se comporte mal sous un coussinet.

Le danger est ailleurs : la douleur est presque nulle, donc on remet le casque trop tôt et l'on découvre le problème par l'écoulement et la rougeur. De plus, une boucle neuve tient d'ordinaire sur une tige longue avec une réserve pour le gonflement, et une tige longue est justement ce qui dépasse et s'accroche.

L'ordre raisonnable est le suivant : les premières semaines, portez des intras, passez ensuite à une tige courte à revers plat, et seulement après revenez à votre casque habituel.

Le labret plat comme solution de travail

Le labret à disque plat au revers n'a pas été inventé pour le casque, ni même pour l'oreille : son nom vient du latin labrum, la lèvre, et désignait un ornement que l'on plaçait dans la lèvre. Sous un casque, cette forme marche pour la même raison qu'ailleurs : le disque repose à plat sur la peau, rien ne dépasse, et le coussinet passe par-dessus sans point de pression.

Elle a un second mérite, précieux pour le sommeil et pour un bonnet : elle n'accroche pas le tissu. Pour qui porte un casque chaque jour, il est logique de passer tous ses perçages sur de telles tiges et de changer les têtes décoratives selon l'humeur.

Il faut surveiller à part le métal. Si l'oreille rougit sur n'importe quelle tige, la cause peut tenir à l'alliage et non à la pression, et il vaut mieux lire ce qui concerne l'allergie au nickel avant de changer de casque.

La chaîne et le micro-cravate

Le conflit descend ensuite de l'oreille vers le cou, et change de nature : il cesse d'être une affaire de douleur pour devenir une affaire de son.

D'où vient le claquement sur l'enregistrement

Le micro-cravate est une capsule grosse comme un pois, fixée sur le vêtement au niveau de la poitrine, d'ordinaire à quinze ou vingt centimètres de la bouche. Il est sensible à ce qui se passe à quelques centimètres de lui, et ne distingue pas la voix d'un bruit parasite.

La chaîne donne deux sortes de gêne. La première est un claquement métallique : un maillon cogne un maillon, ou un pendentif la capsule, quand on tourne la tête. La seconde est un froissement, quand le métal frotte le tissu de la chemise près du micro. Les deux sons sont courts et à large bande, et les retirer d'une piste est presque impossible, car ils se superposent à la parole.

La règle des preneurs de son est directe : on éloigne la capsule des bijoux, des fermetures et des fermetures éclair. Un métal près d'un micro est une source assurée de bruits fortuits.

Où passer la chaîne avec un micro-cravate

Trois solutions marchent, et elles ne se valent pas. La plus simple : décaler le micro de côté pour ménager un écart net entre lui et la chaîne. La deuxième : glisser la chaîne entièrement sous le vêtement, elle cesse alors de toucher la capsule, mais peut se mettre à froisser le tissu.

La troisième est plus sûre que les deux autres : changer de longueur. Une chaîne courte se pose sur la clavicule, au-dessus de la ligne où l'on fixe le micro, et ne le rencontre tout simplement pas. Comment calculer la longueur pour son cou et son décolleté, tout est détaillé dans le guide pour choisir la longueur d'une chaîne.

Un pendentif qui ne cliquette pas

L'affaire ne tient pas au pendentif lui-même, mais au nombre de jonctions mobiles. Un pendentif sur chaîne a au moins une articulation, et c'est là que naît le choc. Plus il y a de pièces, plus il y a de sources.

Une construction silencieuse se présente ainsi : un seul pendentif, une attache pleine, une forme plate sans cavité. Un pendentif creux fait office de résonateur et sonne plus fort qu'un massif de même taille. Les pendentifs en étages sur plusieurs chaînes sont les pires, car ils cognent l'un contre l'autre au moindre souffle.

Le bijou pendant l'enregistrement d'un podcast

Un micro de studio sur pied se comporte autrement qu'un micro-cravate, et ses interdits sont d'un autre ordre.

Le micro sur pied entend les mains, pas le cou

Un gros micro se tient sur pied devant celui qui parle, tourné vers le visage. La chaîne au cou se trouve nettement plus loin de la capsule qu'avec un micro-cravate ; en revanche, entre dans la zone d'écoute tout ce que font les mains : bracelets, bagues, montre.

D'où un changement de priorité. Au micro-cravate on retire la chaîne, au micro de studio on retire les bracelets. Une personne qui gesticule en parlant sonne, à l'enregistrement, comme un hochet, et la faute en revient à une poignée de bracelets sur un poignet, pas à la technique.

La table, le clavier et tout ce qui résonne avec eux

La deuxième source, c'est le contact du bijou avec une surface. Une bague sur le plateau, un bracelet contre le bord de la table, une montre contre un accoudoir. Le son court par la table droit dans le pied du micro, si celui-ci repose sur la même surface, et l'on obtient un choc sourd à chaque geste.

La solution ne demande pas de renoncer aux bijoux. On peut garder les bagues si quelque chose de mou traîne sous les mains, et poser le pied sur un support à part ou sur une fixation amortie. Les bracelets, le temps de l'enregistrement, valent mieux glissés plus haut sur le bras ou retirés : c'est la seule catégorie sans compromis.

Une disposition silencieuse des bijoux

La règle de répartition est simple : tout ce qui peut cogner une surface ou une pièce voisine quitte les mains, et il ne reste aux oreilles que ce qui se tait par sa seule position. Une boucle ne sonne pas, car le micro est loin et elle n'a rien à frapper. Une bague sur une main posée est muette aussi.

D'où la disposition silencieuse pour un enregistrement : une paire de boucles, une bague sur une main immobile, rien aux poignets. On garde la chaîne si le micro est sur pied, on la retire s'il est accroché au vêtement. On vérifie cette disposition non des yeux mais des oreilles : lancez l'enregistrement, tournez la tête, bougez les mains et écoutez la piste avant le direct. La façon dont ces mêmes objets se lisent dans l'image plutôt que sur la piste est traitée dans les bijoux pour la visioconférence.

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La chaîne sous le col d'un micro-casque

Un micro-casque à arceau et micro sur perche vit sur la tête autrement qu'un casque de musique, et sa zone d'influence descend bien plus bas que les oreilles.

L'arceau, la branche et la ligne du cou

Un micro-casque professionnel a souvent un arc de nuque ou un second bandeau qui repose sur l'arrière du crâne. Les modèles filaires ajoutent un câble qui court le long du cou vers la ceinture ou la table.

Une chaîne descendant plus bas que la clavicule entre dans la zone de ce câble. La suite est connue : le câble se pose sur la chaîne, la tire de côté quand on tourne la tête, le fermoir glisse vers l'avant et les maillons se vrillent. En fin de journée, la chaîne est vrillée ou dégrafée.

La longueur et le fermoir décident de tout

Deux longueurs conviennent. La courte, qui se pose serré à la base du cou et ne rencontre pas le câble. Et la franchement longue, qui passe sous le vêtement et repose sur la poitrine, hors de la zone du col.

La pire est la longueur moyenne, posée juste sur la ligne du col. Elle sort à l'extérieur et se rentre à l'intérieur, et le fait tour à tour au fil de la journée. À part, vérifiez le fermoir lui-même : un mousqueton à gros anneau accroche la maille du col plus volontiers qu'un fermoir à ressort plat. Sur les raisons pour lesquelles une chaîne se vrille et comment l'éviter, il existe un guide pour démêler et ranger une chaîne.

Pourquoi le fermoir migre vers l'avant

Le fermoir ne glisse pas au hasard ni par mauvaise qualité. Il est plus lourd qu'un maillon, donc au moindre mouvement il tend vers le point le plus bas du cercle, et ce point sur le cou est le creux de devant. Le câble du micro-casque accélère le mouvement : il pousse la chaîne dans le même sens des centaines de fois par jour.

Lutter contre la physique n'a pas de sens, donc soit on fait le fermoir léger et plat, soit on met une chaîne à pendentif dont le poids retient le bijou devant et le fermoir derrière. La seconde méthode est la plus sûre : le pendentif pèse plus que le fermoir, et c'est à lui que revient le rôle de point bas.

Bijoux et lunettes

Les lunettes ajoutent un cinquième objet à l'oreille, et il passe juste là où aiment les perçages hauts.

La branche et le bord supérieur de l'oreille

La branche des lunettes se pose sur l'hélix et s'appuie sur l'os derrière l'oreille. C'est là précisément que siègent les perçages d'hélix, le forward hélix et les cuffs hauts. Les lunettes appuient dessus en continu, et non par épisodes, puisqu'on les porte toute la journée.

Le lobe, lui, ne souffre pas du tout des lunettes. Pour qui en porte, il est donc logique de garder l'accent en bas de l'oreille et de laisser le haut libre, et non l'inverse. Une branche fine en titane appuie moins qu'une branche en plastique, simplement parce qu'elle est plus étroite et plus légère.

Il y a une seconde raison de dégager le haut, qui ne tient plus au confort. La monture est déjà un objet marquant sur le visage, et un bijou posé tout contre elle lui dispute l'attention. Les séparer en hauteur est plus simple que de les accorder par la forme : une boucle au lobe vit sous la ligne de la monture et se lit à part.

Lunettes plus casque : deux pressions au même point

La pire combinaison de toutes se présente ainsi : lunettes, casque circum-auriculaire et perçage d'hélix. Le coussinet enfonce la branche des lunettes, la branche enfonce le bijou, et le bijou bute sur le cartilage. Trois couches, et toutes appuient sur un point grand comme un ongle.

On soulage cela par étapes. D'abord on retire le bijou de la zone haute, ensuite, si possible, on met une branche plus fine, puis on desserre l'arceau. Si aucune des trois mesures n'est possible, il reste l'option des casques ouverts, qui ne bouchent pas l'oreille du tout.

Équipement et bijou : ce qui reste en place
Sur la têteZone occupéeOn gardeOn retire
Casque circum-auriculaireBord supérieur et bas du lobeTige plate à dos lisseCréoles, crochets, manchettes, clips
Casque supra-auriculaireTout le pavillonUniquement plat, rien qui dépasseManchettes, clips, perles
Intra-auriculairesConduit et tragusLe lobe est libre : presque toutTêtes hautes au tragus
Modèles sport à crochetBord externe et arrière de l'oreilleTout ce qui est au lobeLes perçages hauts pendant la séance
Conduction osseusePommette et arc au-dessus de l'oreilleLobe et centre du pavillonManchettes du bord haut
Micro-casque à percheOreille et ligne de la joueChaîne courte à la base du couChaînes superposées et pendentifs mobiles
Casque de chantier avec coquillesToute l'oreille et la peau derrièreUniquement une tige plate au lobeTout ce qui dépasse : créoles, pendants, têtes volumineuses
Lunettes et masqueLe sillon derrière l'oreilleLe lobe et son second trouTout ce qui tient au cartilage haut

Bijoux et casque de moto

Le casque de moto diffère du casque audio en ceci qu'il s'enfile et se retire d'un coup, et qu'à l'intérieur il a une doublure serrée.

Casque intégral : retirer tout ce qui dépasse

La doublure d'un casque intégral épouse la tête de près, et l'enfilage se fait avec effort : on écarte les bords des mains et la tête passe dedans. Toute boucle se retrouve alors entre le tissu et le crâne.

La mécanique est la même que sous un coussinet, en plus rude. Le revers d'un clou bute contre la tête à travers la doublure serrée, et au retrait le bijou peut partir avec elle. Une forme lisse passe mieux qu'une pointue, simplement parce qu'elle n'a rien pour accrocher le tissu.

La différence entre les perçages tient ici non à la profondeur, mais à l'ordre dans lequel la doublure les atteint. Le casque descend sur la tête par le haut, donc la doublure passe d'abord sur le repli externe : là siège l'hélix, et il reçoit et la pression et le frottement du tissu.

Le rook se trouve plus profond. C'est le perçage de la crête supérieure de l'anthélix, la crête que les guides de perçage appellent aussi anthélix et que le repli recouvre par-dessus. La doublure l'atteint plus tard et ne l'entraîne plus, mais elle appuie dessus à travers une couche épaisse, de toute sa force. Un bijou au creux du pavillon, au tragus ou à la conque, le bord de la doublure ne l'accroche pas non plus et ne l'arrache pas, mais il reçoit la pression comme les autres.

La règle pour le casque de moto est donc plus stricte que pour le casque audio : on retire tout ce qui dépasse, et pas seulement ce qui se tient au bord.

Casque de vélo, casque de chantier et coquilles antibruit

Le casque de vélo est plus lâche et n'épouse pas la tête, mais il a une sangle qui passe sous l'oreille et autour d'elle. La boucle de réglage se retrouve souvent juste sous le lobe, et une longue boucle passe dessous.

Le casque de chantier ajoute son propre chapitre : on y fixe des coquilles antibruit sur des bras, et elles fonctionnent comme un supra-auriculaire, mais avec une pression plus forte, car la protection de l'ouïe en dépend. Sous un tel ensemble s'applique la règle la plus stricte de l'article : seulement du plat et seulement au lobe.

Bijoux et masque

Le masque médical à élastiques crée une contrainte à laquelle on pensait peu autrefois, et que connaissent bien désormais ceux qui portent le masque par journées entières.

L'élastique derrière l'oreille et la boucle

La boucle du masque passe au même endroit que la branche des lunettes : sur le cartilage en haut et derrière l'oreille. La différence tient au type d'effort : l'élastique tire l'oreille vers l'avant, alors que la branche des lunettes appuie de haut en bas.

Pour les bijoux, cela signifie deux choses. Un cuff au bord supérieur de l'oreille se décale et frotte sous l'élastique, car celui-ci glisse dessus à chaque mouvement de mâchoire. Une boucle au lobe ne souffre pas du tout : la boucle du masque passe plus haut.

Un porte-élastique plutôt que les oreilles

Quand on porte le masque longtemps, l'élastique irrite la peau derrière l'oreille, même sans le moindre bijou. C'est pour cela qu'en 2020 sont apparus de simples porte-élastiques : une barrette sur la nuque, à laquelle on accroche les élastiques au lieu des oreilles.

Une telle barrette règle aussi la question des bijoux : avec elle, le bord supérieur de l'oreille est libre, et l'on peut garder un cuff ou un hélix. Le second procédé consiste à croiser les élastiques derrière la tête, ce qui donne un effet voisin sans objet supplémentaire.

Une journée en masque : l'ordre qui épargne l'oreille

À qui porte le masque plusieurs heures d'affilée, ce n'est pas le choix du bijou qui aide, mais l'ordre des gestes. On met le masque avant le casque et on le retire après lui, sinon l'élastique passe par-dessus le coussinet et, à chaque retrait, entraîne tout ce qui se trouve sur son chemin.

La seconde règle porte sur les pauses : mieux vaut relâcher la pression un moment, dès que la situation le permet. La peau derrière l'oreille se protège d'une fine couche de crème avant une longue journée, et le bijou de la zone haute se laisse simplement de côté ce jour-là. Si la peau derrière l'oreille s'enflamme malgré tout, la question ne relève plus ni du bijou ni du masque, mais d'un médecin.

Six croyances sur les oreilles et le matériel
Les écouteurs sans fil n'accrochent pas les boucles
Tap to reveal
Le titane ne se raye pas
Tap to reveal
Les aimants du casque abîment l'argent
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Plus le casque est cher, moins il serre
Tap to reveal
Une nuit avec un casque abîme moins la boucle qu'une journée de travail
Tap to reveal
L'oreille s'habituera en une semaine
Tap to reveal

Matériaux : ce qui résiste au frottement

Un contact permanent avec la technique est une charge abrasive, et les métaux y répondent chacun à leur façon.

L'argent est plus tendre qu'il n'en a l'air

L'argent se situe autour de 2,5 à 3 sur l'échelle de Mohs, soit sous l'acier et bien sous le titane. Cela veut dire qu'une coque de casque, en plastique ou en métal, peut y laisser une trace, et que le poli devient terne à force de frottement.

Il n'en découle pas qu'il faille renoncer à l'argent, il en découle qu'il faut choisir la forme. Un clou d'argent à surface mate supporte un casque quotidien sans peine, car sur du mat une rayure ne se lit pas. Un poli miroir sur un bijou frotté chaque jour devient terne bien plus vite qu'une surface mate du même alliage : sur le miroir se voit chaque trait, sur le mat aucun.

Titane et acier sous un casque quotidien

Le titane a une dureté d'environ 6 sur Mohs, l'acier chirurgical d'environ 5,5. Les deux supportent tranquillement le contact du plastique et du tissu, et tous deux rayent la coque du casque plus facilement qu'ils ne se rayent eux-mêmes.

Le titane a un second atout : il est plus léger que l'acier à taille égale, et le poids compte pour un perçage dans le cartilage, qui s'étire vers le bas sous la charge. Pour un bijou qui vit sous casque toute la journée, plus léger vaut mieux.

Les placages s'usent par points

La dorure, le rhodium et les revêtements de couleur se comportent autrement qu'un métal massif. Ils sont fins, et leur usure n'est pas uniforme mais bien localisée : là où passe le bord du coussinet, le placage part en bande, et autour il reste intact.

Cela paraît plus laid qu'une franche rayure, car un contraste apparaît entre la zone usée et la neuve. D'où une règle simple : sous un casque quotidien, prenez un bijou en métal massif, et gardez les pièces plaquées pour les jours sans technique.

Composer un ensemble pour votre casque

Reste à mettre tout cela en ordre de gestes, un ordre qui prend une soirée et évite les retraits quotidiens.

Regardez le profil, pas la taille

Prenez une boucle, posez-la sur la table face en l'air et regardez-la de côté, à hauteur des yeux. On voit alors ce qui décide. Un dôme régulier et une large base passent sous le coussinet en entier, car la force de serrage s'étale sur toute leur surface. Une bille sur pied, une arête, une facette, un bord vif créent une saillie, et la même force se ramasse sur elle seule.

Regardez à part le revers, car le principal coupable s'y cache : un papillon sur longue tige s'élève au-dessus de la peau plus que tout élément de face et bute sur le côté du lobe que vous ne voyez pas.

La règle à laquelle tout se ramène est simple : sous le coussinet, ce qui gêne n'est pas la taille du bijou, mais la saillie qui concentre la pression en un point. Le large et le plat passent, l'étroit et le haut non. Cela vaut pour le circum et le supra-auriculaire, pour le casque de moto et pour le casque de chantier à coquilles. Sous des intras, cela ne joue pas, car rien ne se pose sur le lobe, et la taille se choisit librement.

Le test de la paume et du coussinet

Le test pratique ne demande ni casque ni miroir. Mettez la boucle, plaquez l'oreille avec la paume, de la force avec laquelle un casque appuie d'ordinaire, et tenez ainsi jusqu'à une sensation nette. Si c'est un point et non une pression régulière sur tout le pavillon, cette boucle n'ira pas sous un casque.

Le second test porte sur l'accroche : passez un doigt sur le bijou de haut en bas avec un léger appui, en imitant le bord du coussinet. Si le doigt accroche quelque chose, le tissu accrochera aussi.

Ce qu'on peut régler sur le casque lui-même

Changer de casque pour une boucle coûte plus cher que changer de boucle, mais si vous choisissez le casque de toute façon, trois de ses propriétés décident du sort du bijou. La première est la profondeur de la coque sur un circum-auriculaire : plus elle est profonde, plus l'oreille a de chances de rester libre à l'intérieur, avec le coussinet posé en anneau autour et non sur le pavillon.

La deuxième est la forme du coussinet. L'ovale suit le contour de l'oreille et la contourne par l'os, le rond de même taille se pose souvent par son bord bas juste sur le lobe, soit droit sur la boucle. La troisième est l'épaisseur et la souplesse du coussinet : un épais répartit l'appui sur une large surface, un mince le transmet presque sans perte. Un revêtement en velours est plus doux que le simili et glisse moins sur le métal, mais il retient les peluches et tout ce qui peut s'accrocher à un crochet.

Deux ensembles plutôt qu'un seul universel

La solution la plus sûre a l'air ennuyeuse : séparer les bijoux en deux, ceux de travail et les autres. L'ensemble de travail, ce sont des tiges plates à revers lisse et une chaîne courte ; ils vivent à l'oreille en permanence et ne se retirent pas.

Tout le reste se met quand le casque n'est pas sur la tête. Cet ordre supprime la première cause de perte : un bijou ne se perd pas sous le casque, il se perd dans la poche où on l'a glissé avant une visio.

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Faits qui surprennent

Des bijoux qu'on ne retire pas avant une visio

Formes plates, revers lisse, métal massif. Des pièces qui restent en place quand un casque est sur la tête.

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Questions fréquentes

Peut-on porter des boucles avec un casque supra-auriculaire ?

Oui, s'il s'agit d'une forme plate à revers lisse, sans élément saillant. Le modèle supra appuie droit sur le pavillon, donc la moindre saillie devient un point de pression. Les anneaux et les grosses perles ne conviennent pas sous ce casque.

Quelles boucles ne gênent pas les intra-auriculaires ?

Les grands pendants comme les créoles conviennent : l'embout tient dans le conduit et ne touche pas le bord externe de l'oreille. La prudence ne s'impose qu'avec les bijoux au tragus et à l'antitragus, et au retrait de l'écouteur, quand la main passe près d'un pendant.

Combien de temps après un perçage de cartilage peut-on remettre un casque circum-auriculaire ?

La cicatrisation complète d'un hélix demande six à neuf mois, et à certains jusqu'à douze ; la conque tient dans les mêmes six à douze mois. Tout ce temps, la pression du dessus empêche le canal de se former droit, donc on passe aux intras, qui ne touchent pas le bord de l'oreille. La date exacte pour votre perçage, c'est le perceur qui la donne, pas le calendrier.

Pourquoi une boucle raye le casque, et s'abîme-t-elle elle-même ?

Parce qu'une boucle en acier ou en titane est plus dure que le plastique de la coque. Le bijou, lui, perd son poli, et un placage fin s'use en un point, là où passe le bord du coussinet. Les surfaces mates et le métal massif supportent mieux cela.

La chaîne gêne-t-elle le micro-cravate ?

Oui, et plus qu'on ne croit. Les maillons donnent de brefs claquements, et le frottement du métal sur le tissu donne un froissement, et les deux sons se superposent à la parole. Aide soit une longueur courte, posée au-dessus de la ligne de fixation, soit un décalage de la capsule sur le côté.

Que faire si lunettes et casque appuient au même endroit ?

Soulager le point par étapes : retirer le bijou de la zone haute de l'oreille, passer à une branche fine, desserrer l'arceau. Si cela ne suffit pas, il reste les casques ouverts ou les modèles à conduction osseuse, qui ne bouchent pas l'oreille.

Faut-il retirer les boucles sous un casque de moto ?

Tout ce qui dépasse se retire. Un casque intégral s'enfile avec effort, et le revers d'un clou bute contre la tête, tandis qu'au retrait le bijou part avec la doublure. L'hélix du repli externe souffre en premier, car la doublure passe dessus avant tout. Le rook, sur la crête de l'anthélix, et les bijoux au creux du pavillon, elle les atteint plus tard et ne les arrache plus, mais elle appuie dessus à travers une couche épaisse tout autant.

Quel métal supporte le mieux le frottement du casque ?

Le titane et l'acier chirurgical : leur dureté sur Mohs est d'environ 6 et 5,5. L'argent est plus tendre et prend des microrayures plus vite, donc dans un ensemble de travail on le prend en version mate. Les pièces plaquées ne conviennent pas à un casque quotidien.

À offrir

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Ce qui reste quand le casque est posé

Le conflit du bijou avec la technique ne se règle pas en renonçant au bijou, mais en changeant de géométrie. Le plat au lieu du haut, le lisse au lieu des ailettes, le massif au lieu du plaqué, le court au lieu du moyen. Quatre remplacements, après lesquels on n'a plus rien à retirer avant une visio ou une séance.

Nous n'avons qu'une oreille pour toute la technique, et elle ne devient pas plus solide à force qu'on la fasse souffrir. En revanche, elle porte tranquillement une pièce choisie en tenant compte de ce qui viendra dessus. Une telle pièce reste en place le soir, quand le casque pend déjà à son crochet, et c'est pour cela qu'on la voit plus souvent que la pièce d'apparat, qui vit dans son écrin.

À propos de Zevira

Zevira rassemble des bijoux qui ont un sens : des symboles, une histoire et une forme derrière laquelle il y a la tradition d'un pays d'orfèvres. Nous pensons à la façon dont un objet vit dans une vraie journée, y compris celle que l'on passe sous un casque.

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