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Le griffon en bijouterie : signification du gardien de l'or, du lion-aigle et de l'héraldique

Le griffon en bijouterie : signification du gardien de l'or, du lion-aigle et de l'héraldique

Les Scythes déposaient des griffons dans leurs tumulus, et l'or de ces tombes dort encore sous les vitrines des musées. Les Grecs croyaient que les griffons veillaient sur les filons d'or au bout du monde et lacéraient quiconque convoitait le bien d'autrui. On sculptait cette bête sur les trésors des temples et on la gravait sur les chevalières qui scellaient les choses précieuses. Un corps de lion, des ailes et une tête d'aigle, un regard qui ne dort jamais.

Le griffon compte parmi les plus anciennes créatures composites de l'histoire du bijou. Il réunit le roi des animaux et le roi des oiseaux dans un seul corps, et cette idée a traversé l'Orient antique, la Perse, les steppes scythes, les mythes grecs, les blasons médiévaux, jusqu'à atterrir sur un pendentif d'aujourd'hui. Voici l'ordre des choses : qui il est, d'où il vient, ce qu'il signifie, pourquoi il s'est posé sur les armoiries, de quoi on le fait aujourd'hui, comment et avec quoi le porter, et ce qui le distingue du dragon, du lion et de l'aigle.

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Qui est le griffon

Lion plus aigle, roi des animaux plus roi des oiseaux

Le griffon est une créature au corps, aux pattes et à la queue de lion, dotée d'une tête, d'ailes et souvent de serres d'aigle. On lui ajoute parfois des oreilles pointues, parfois une crête ou une huppe. La logique de l'image est simple et puissante. Le lion règne au sommet des bêtes, l'aigle au sommet des oiseaux. Réunissez deux souverains dans un seul corps et vous obtenez un animal qui gouverne à la fois la terre et le ciel. De là découle toute sa symbolique : double pouvoir, double vigilance, double force.

Cette idée du « réunis deux dominants pour obtenir le plus grand » revenait sans cesse dans les cultures anciennes. Le sphinx, le centaure, la chimère, le pégase, tous sont assemblés à partir de morceaux selon le même principe. Mais le griffon se distingue en ceci que ses deux moitiés sont des prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire. Il n'est pas une curiosité pour la curiosité. C'est un symbole fonctionnel de pouvoir suprême et de protection.

Comment on l'a nommé selon les langues

Le mot français « griffon » nous vient des langues européennes, elles-mêmes héritières de l'Antiquité. En grec, on l'appelait « grups » ou « grupos », en latin « gryphus », d'où l'anglais « griffin » et « gryphon », l'italien « grifone », l'allemand « Greif ». Dans bien des versions, la racine renvoie à une notion de chose crochue, recourbée, comme un bec ou une griffe. C'est logique : les armes principales du griffon sont justement le bec courbe et les serres recourbées.

Le français connaît aussi le « griffon » comme race de chien, ou le mot « vautour » pour l'oiseau charognard, mais le griffon mythologique n'a rien à voir avec ces animaux réels, même si les racines se croisent parfois. En bijouterie et en héraldique, on désigne toujours la créature composite, lion plus aigle, et non un oiseau véritable.

À quoi ressemble le griffon en bijouterie

Le griffon canonique se reconnaît au premier coup d'œil. Tête d'aigle au bec recourbé, œil perçant, ailes puissantes dans le dos, corps de lion aux pattes arrière robustes et à la queue léonine. Les pattes avant sont le plus souvent celles d'un aigle, munies de serres, plus rarement celles d'un lion. Dans la plastique du bijou, on montre le griffon dans quelques poses typiques : assis et aux aguets, marchant la patte levée, dressé sur ses pattes arrière les ailes déployées, ou lové de profil pour une chevalière ou un médaillon.

Plus le bijou est petit, plus l'image se simplifie. Sur un grand pendentif, on peut détailler chaque plume et chaque serre. Sur une bague fine ou une boucle d'oreille, on réduit le griffon à une silhouette : la courbe d'une aile, le bec, l'arc de la queue. Un bon créateur garde trois signes distinctifs même en miniature, le bec, l'aile et l'arrière-train léonin, faute de quoi la bête se lit comme un simple « oiseau » ou un simple « lion ».

Histoire du griffon : de l'Orient antique aux blasons d'Europe

L'Orient antique et l'Égypte

L'image d'une créature au corps de bête et à la tête d'oiseau de proie est apparue bien avant les Grecs. Les plus anciennes représentations se trouvent au Proche-Orient et en Égypte, vieilles d'environ cinq mille ans. En Élam, en Mésopotamie et au Levant, on modelait et gravait des lions ailés à tête d'oiseau, gardiens des temples et des palais. Ils encadraient les entrées et les trônes, chassant le mal et les mauvaises intentions. La future logique du griffon était déjà à l'œuvre : gardien du seuil, protecteur de ce qui se trouve à l'intérieur.

En Égypte, le lion ailé à tête de faucon était lié à la force solaire et à la figure du roi. Le faucon est l'oiseau d'Horus, dieu protecteur du pharaon, et le lion, c'est le roi lui-même sous forme animale. La réunion des deux images donnait un signe de pouvoir suprême, gardé d'en haut. Ces premiers lions ailés ne sont pas encore des griffons au sens grec pur, mais ils en sont les ancêtres directs.

La Crète minoenne et la Perse

En Crète, au palais de Cnossos, des griffons gardent la salle du trône. Les fresques de part et d'autre du siège de pierre montrent des bêtes ailées couchées, tournées vers la place du souverain. Le sens est limpide : le pouvoir du roi est protégé par des gardiens mythiques. C'est l'un des plus anciens emplois du griffon comme symbole du trône précisément, et non d'une porte ordinaire.

En Perse, le griffon devient un motif constant de l'art de cour. À Persépolis, capitale de l'empire achéménide, griffons et taureaux ailés ornent les chapiteaux des colonnes et les reliefs des escaliers d'apparat. Le griffon perse est un signe de puissance impériale, de la force qui tient un empire immense. À travers l'art perse, l'image se répand ensuite vers l'est, en Asie centrale, et vers l'ouest, jusqu'aux Grecs.

L'or scythe

Applique d'ornement vestimentaire en or de facture scythe du Ve siècle avant notre ère, à figure de griffon
Applique d'ornement vestimentaire en or, facture scythe, vers le Ve siècle avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)Ornement vestimentaire, vers le Ve siècle avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Le chapitre le plus saisissant de cette histoire est celui des Scythes. Ces nomades des steppes de la mer Noire et de la mer d'Azov ont fait du griffon l'une des figures maîtresses de leur style animalier. Plaques d'or, frontaux de chevaux, peignes, pectoraux, fourreaux, tout est couvert de figures de bêtes, et le griffon y occupe une place à part.

Le griffon scythe déchire le plus souvent sa proie, un cerf ou un cheval, le bec et les serres plantés dans la chair. C'est l'image de la force prédatrice de la steppe, du pouvoir de la vie sur la mort, et en même temps de la garde du trésor. On déposait des griffons dans les tumulus avec l'or et les armes des guerriers de haut rang. Les Grecs, qui commerçaient avec les Scythes par les colonies de la mer Noire, ont repris l'image et la légende du gardien de l'or qui l'accompagne. Ainsi le griffon de la steppe a rencontré le mythe grec.

La Grèce : le gardien de l'or au bout du monde

Rosette en or à tête de griffon, travail grec d'environ 630 avant notre ère
Rosette en or à tête de griffon, travail grec (rhodien), vers 630 à 620 avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)Rosette en or à tête de griffon, vers 630 à 620 avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Les Grecs ont aimé le griffon et lui ont donné sa légende la plus célèbre. Selon leurs récits, quelque part au lointain nord-est, chez les Hyperboréens, des gisements d'or innombrables reposent dans les montagnes. Les griffons veillent sur cet or. Le peuple borgne des Arimaspes tente de s'en emparer, et une guerre éternelle oppose les griffons aux Arimaspes pour le trésor. Le poète Aristée et l'historien Hérodote en ont parlé, rapportant ce qu'ils tenaient des Scythes.

Chez les Grecs, le griffon est lié à Apollon, dieu du soleil et de la lumière. Il tire son char ou l'accompagne, et dans ce rôle il devient un être solaire, lumineux, ennemi de toute ténèbre et de toute malhonnêteté. Il est en même temps le compagnon de Némésis, déesse de la vengeance : le griffon veille sur la roue du destin et châtie ceux qui ont franchi la ligne, fait preuve d'avidité ou d'orgueil. Dans l'art grec, on sculptait des griffons sur les trésors des temples, on les gravait sur les monnaies, on les frappait sur la vaisselle et, bien sûr, on les taillait sur les chevalières qui scellaient les biens. Un sceau au griffon est une déclaration directe : ce qui se trouve sous ce sceau est gardé.

Rome et le premier christianisme

Rome a hérité le griffon des Grecs et en a fait un ornement d'autels, de mobilier, d'armes et d'armures. Le griffon accompagnait le culte d'Apollon et de la déesse Némésis, restant le signe du juste châtiment et de la protection. Les riches Romains plaçaient des griffons jumeaux aux pieds des tables et aux accoudoirs des fauteuils, faisant de la bête un gardien domestique des biens.

Le premier christianisme a accueilli le griffon avec ambivalence. Une partie des théologiens y voyait une dangereuse image païenne. Mais avec le temps s'est imposée une belle interprétation. Puisque le griffon réunit le roi des animaux et le roi des oiseaux, la terre et le ciel, on a fini par le lire comme symbole de la double nature du Christ, humaine et divine. À ce titre, le griffon se pose sur les sculptures d'églises, sur les chapiteaux des colonnes des cathédrales, sur les reliures des livres. L'exemple littéraire le plus célèbre est le griffon de Dante dans la « Divine Comédie » : il tire le char de l'Église et s'interprète directement comme l'image du Christ en ses deux natures.

L'héraldique médiévale

Au Moyen Âge, le griffon migre vers les armoiries, et là commence sa seconde grande vie. Le chevalier qui prenait un griffon sur son écu déclarait tout de lui-même d'un coup : le courage du lion, la vigilance et la hauteur de l'aigle, la fidélité à protéger les siens. Le griffon passait pour l'ennemi du mensonge et de la lâcheté, le défenseur des trésors et des secrets ; c'est pourquoi les lignées fières de leur vaillance et de leur loyauté l'affectionnaient particulièrement.

Une distinction héraldique importante s'est établie. Le griffon ordinaire, ailé et doté de serres d'aigle aux pattes avant, est le griffon « mâle » au sens commun. La créature au corps léonin, sans ailes, hérissée de rayons et de pointes jaillissant du corps, portait un autre nom et formait une figure distincte. L'essentiel est que le griffon, sur un blason, se lisait toujours comme un gardien et un combattant, jamais comme une bête paisible.

Le griffon en Europe et au-delà

Dans bien des cultures, le griffon apparaît tôt et s'installe durablement. Par l'héritage scythe, par Byzance, par l'héraldique européenne, il entre dans l'usage princier et royal. On rencontre des griffons sur les anciens bijoux, sur les sculptures de pierre des temples médiévaux, où les bêtes ailées voisinent avec des lions et des oiseaux.

Plus tard, le griffon s'ancre dans l'héraldique de nombreux pays. Il s'est posé sur des armoiries familiales et, dans les empires, le griffon doré est devenu une figure de blason de grandes dynasties : un griffon sombre sur fond d'or, tenant épée et écu. Aujourd'hui encore, des griffons gardent l'entrée de grands édifices des vieilles capitales, soutiennent des lanternes sur les ponts, observent depuis les façades. Pour l'œil européen, le griffon, c'est à la fois l'or des steppes, la sculpture des temples et la symbolique d'apparat des cours.

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Signification du griffon : gardien, force et pouvoir

Gardien et protecteur

La signification première du griffon n'a pas changé au fil des millénaires : c'est un gardien. Il protège le trésor, le seuil, le trône, le secret, l'être humain. Dans un bijou, le griffon agit comme un protecteur personnel, signe que son porteur est sous garde et sait lui-même défendre ce qui est sien. C'est un symbole pour ceux qui veillent sur leur famille, leur œuvre, leurs frontières, leur nom.

Le lien avec la garde fait du griffon une amulette naturelle. On l'offre comme un vœu de protection, on le pose sur les sceaux et les serrures au sens figuré comme au sens propre, on le porte en pendentif pour se « fermer » à toute intrusion étrangère. Si le thème des signes protecteurs vous parle, voyez le guide général des amulettes, protections et talismans : le griffon prend place parmi eux, mais avec son caractère propre, fier et combatif.

La force alliée à la vigilance

Le griffon réunit deux types de force différents. La force du lion, c'est la puissance, l'élan, la capacité d'enfoncer. La force de l'aigle, c'est la hauteur, la vue d'ensemble, la précision. Ensemble, on obtient une combinaison rare : celui qui frappe fort et voit loin. Au sens humain, c'est le symbole d'un pouvoir mûr, qui s'appuie à la fois sur la force brute et sur l'intelligence, le calcul, la clairvoyance.

C'est pourquoi le griffon est proche des gens à qui importe précisément cette alliance. Le dirigeant qui mène une équipe et doit à la fois imposer ses décisions et anticiper. Le protecteur qui est fort tout en restant attentif. Celui qui apprend à ne pas écraser par la force, mais à voir plus haut et plus loin que les autres.

Pouvoir et dignité

Depuis les temps les plus reculés, le griffon se tenait auprès des trônes et sur les palais. Il est le signe d'un pouvoir légitime et gardé, non d'un pouvoir d'usurpateur. C'est là sa différence avec les symboles purement prédateurs. Le griffon n'est pas un destructeur, c'est un dépositaire. Il veille sur ce qui est tenu pour précieux et juste, et châtie celui qui y porte atteinte.

Dans un bijou, cela se lit comme une dignité. Un griffon sur une bague ou un pendentif est une affirmation d'appui intérieur, le signe que la personne connaît sa valeur et tient sa ligne. Non pas de l'agressivité, mais une force assurée qui n'a pas besoin de preuves.

La garde des trésors et des secrets

La légende du gardien de l'or a donné au griffon une couche supplémentaire : le gardien du caché et du précieux. Il ne s'agit pas seulement d'argent. Il s'agit de tout ce qu'une personne dissimule et préserve, le secret, le projet, ce qui n'est pas fait pour les yeux étrangers. Le griffon sur un sceau scellait les biens, le griffon sur un coffret en gardait le contenu, le griffon sur un blason défendait l'honneur d'une lignée.

Le griffon convient donc comme signe de celui qui sait garder. Garder sa parole, garder le secret d'autrui, garder la mémoire familiale. Dans un monde où tout s'étale, le symbole du silence maîtrisé et de la garde prend une force inattendue.

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Le griffon en héraldique

Ce que signifie le griffon sur un blason

En héraldique, le griffon est l'une des figures les plus respectées. Son sens se compose des deux moitiés du blason. Du lion viennent le courage, la noblesse, la force. De l'aigle viennent la vigilance, la rapidité, l'élévation de l'esprit. Ensemble, le griffon se lit comme un gardien, un défenseur, un combattant infatigable de la juste cause, ennemi de la lâcheté et de la tromperie. La lignée qui prenait un griffon proclamait sa vaillance et sa volonté de protéger les siens jusqu'au bout.

Le griffon s'est posé sur les armoiries de villes, de régions et de pays entiers, et non des seules familles. On le trouve sur les blasons de terres baltes et nordiques, sur les armoiries de plusieurs régions européennes, sur les emblèmes d'universités et de vieilles compagnies marchandes. Partout, le sens est unique : nous sommes vigilants, forts, et nous gardons ce qui nous est confié.

Les poses du griffon en héraldique

L'héraldique décrit la pose de la bête par des termes stricts, et le griffon n'y échappe pas. La pose la plus fréquente est « rampant » : le griffon se dresse sur ses pattes arrière, lève les pattes avant et déploie ses ailes, prêt au combat. Il y a aussi le griffon « assis aux aguets », le griffon « passant » la patte levée, le griffon « contourné » qui regarde en arrière. Les ailes déployées signifient presque toujours une défense active et la promptitude à s'envoler ou à frapper.

La couleur du blason porte elle aussi un sens. Le griffon d'or signe la noblesse et la haute valeur, le rouge le courage et l'ardeur guerrière, le noir la fermeté et la constance, l'argent et le blanc la pureté des intentions. L'alliance d'un griffon sombre sur champ d'or se lit comme l'union de la fermeté et de la dignité suprême.

Le griffon aux côtés de l'écu, de l'épée et de la couronne

Sur les blasons, on associe souvent le griffon à d'autres signes de garde. Il tient un bouclier, serre une épée entre ses serres, porte une couronne sur la tête en signe de pouvoir. Ces associations sont passées dans les bijoux. Un pendentif au griffon tenant un bouclier se lit comme une double protection. Un griffon à l'épée, c'est une garde active, combative. Un griffon couronné, c'est un pouvoir protégé et légitime. Qui connaît la langue de l'héraldique peut composer un bijou qui dit une phrase précise, au lieu de rester une « belle bête » sans sens.

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Matériaux : de quoi fait-on le griffon

L'argent

L'argent est le matériau le plus répandu pour le griffon, et c'est logique. L'éclat froid du métal convient à cette image fière et prédatrice, et la malléabilité de l'argent permet de travailler les plumes, les serres et la texture de la crinière. L'argent 925 est le standard de l'argent de joaillerie, solide grâce à un léger ajout de cuivre et sans danger pour la peau chez la plupart des gens. Le griffon en argent convient aussi bien sur une bague masculine que sur un grand pendentif ou une chevalière.

L'argent reçoit bien le noircissement. Les creux sombres entre les plumes et dans les plis du corps léonin rendent le relief profond, la bête gagne en volume et prend un air un peu menaçant. Le griffon noirci est l'une des variantes les plus expressives : les parties claires en saillie et les creux sombres donnent un graphisme qui se lit même de loin.

L'or

Le griffon en or renvoie directement à la légende du gardien de l'or et à la tradition héraldique, où le griffon doré signe la plus haute noblesse. L'or jaune donne une image chaude, « solaire », en écho au rôle du griffon auprès d'Apollon. L'or blanc donne un aspect sobre et froid, proche de l'argent, mais plus durable et plus coûteux. L'or rouge ajoute du caractère et fait belle figure sur les pièces masculines massives.

Le griffon en or est une pièce de statut, faite pour une chevalière, une bague de famille, un grand pendentif. Il convient là où l'on veut exprimer l'image du pouvoir et de la garde en pleine force, sans modestie.

L'acier et les autres métaux

Spirale en bronze doré à terminaison en tête de griffon, travail chypriote vers 400 avant notre ère
Spirale en bronze doré à terminaison en tête de griffon, travail chypriote, vers 400 à 350 avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)Spirale en bronze doré à terminaison de griffon, vers 400 à 350 avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

L'acier inoxydable de joaillerie 316L donne un griffon solide et sans souci pour le port quotidien. L'acier ne ternit pas, ne craint ni l'eau ni la transpiration, ne laisse pas de traces sur la peau. C'est le choix de ceux qui veulent une image brute et fonctionnelle de la bête, sans entretien. Le griffon en acier fait belle figure en grand format, sur une chaîne au maillage serré.

On rencontre aussi le griffon dans d'autres métaux : le laiton et le bronze donnent une teinte chaude et vintage avec une patine qui se forme au fil du temps, le titane offre légèreté et un gris sobre. Pour les pièces héraldiques et « historiques », le bronze est particulièrement réussi : il rappelle les anciennes figures coulées et la vieille vaisselle des temples. Avec le temps, le griffon de bronze fonce dans les creux et s'éclaircit sur les saillies, et la bête semble vivre sa petite histoire sur la main de son porteur.

Les revêtements forment un sujet à part. Un griffon d'acier ou d'argent peut être assombri par dépôt sous vide, prenant un ton graphite, noir ou fumé qui tient des années sans se décolorer. Le griffon noir se lit avec une sévérité particulière et s'accorde bien à une image brute. Un dépôt or rose ou jaune sur l'acier donne l'aspect de l'or à prix raisonnable, une option sensée pour une pièce grande et visible que l'on porte sans crainte tous les jours.

Les pierres et l'émail

On accentue souvent l'œil du griffon : une pierre sombre, rouge ou noire, anime le museau et donne du tranchant au regard. Sur les grandes pièces, on ajoute des incrustations le long des ailes ou sur le bouclier que tient la bête. L'émail permet d'introduire les couleurs héraldiques : champ rouge, plumes noires, contour doré. Le griffon coloré se rapproche de la tradition du blason, le griffon monochrome de la sculpture.

Le choix de la pierre peut renforcer le sens. L'onyx sombre souligne le versant protecteur et nocturne de l'image. Le grenat rouge ou l'émail rouge ajoutent l'ardeur guerrière. Une pierre claire et transparente dans l'œil rend le regard particulièrement perçant et « vivant ».

Le griffon en bijouterie au fil des époques

L'Antiquité : sceau, boucle d'oreille, terminaison

Les premiers griffons en bijouterie ne sont pas des pendentifs, mais des objets de pouvoir et de garde. Dans le monde grec et scythe, on gravait la bête sur les chevalières, on la coulait en terminaison de sceptres et de spirales, on faisait de sa tête le bout des boucles d'oreilles et des bracelets. Le griffon n'y est pas seulement beau, il est fonctionnel : le sceau au griffon scellait les biens, la boucle à tête de griffon montrait le statut de celle qui la portait, la terminaison transformait un bâton en signe de dignité. La plastique antique aimait la tête de griffon isolée, sans corps : le bec recourbé et l'œil perçant se lisaient instantanément et s'inscrivaient bien dans le métal. Les maîtres antiques savaient inscrire la bête entière dans la minuscule surface d'une chevalière sans perdre ni le bec ni l'aile, un art que l'on retrouve dans la sculpture antique reprise par le bijou.

Le Moyen Âge : le blason sur le métal

Au Moyen Âge, le griffon en bijouterie, c'est avant tout l'héraldique reportée sur le corps. Chevalières au griffon familial, broches et fermoirs de manteaux, garnitures de ceintures et d'armes. La bête devient plus sévère et plus plate, soumise aux règles du blason : silhouette nette, pose reconnaissable, aucun naturalisme superflu. La couleur s'introduit par l'émail, reprenant les teintes du blason de la lignée. Le griffon sur une pièce médiévale est d'abord un signe d'appartenance : à une famille, à un ordre, à une ville. Le porter, c'était proclamer de qui l'on était et ce que l'on était prêt à défendre.

Renaissance et baroque : la bête dans toute sa splendeur

Avec le regain d'intérêt pour l'Antiquité, le griffon revient déjà comme ornement par goût de la beauté et de l'érudition, et non plus comme simple figure de blason. Les graveurs sur pierre ressuscitent la glyptique antique et taillent des griffons sur les chevalières et les pendentifs-camées. Au baroque, la bête devient fastueuse : ailes déployées, corps qui se cambre, on l'entrelace dans un ornement de volutes, de feuilles et de coquilles. Le griffon orne les montures des grandes pierres, tient un pendentif entre ses pattes, forme des anses et des couronnements. C'est l'époque du griffon riche, du griffon théâtral, où compte non plus la rigueur du blason, mais l'ampleur et le jeu des formes.

Le XIXe siècle et l'historicisme : la nostalgie chevaleresque

Le XIXe siècle et son goût de l'ancien remettent le griffon en avant. La mode du gothique et de la chevalerie ramène les bêtes héraldiques dans les bijoux : broches, boutons de manchette, chevalières, pendentifs au griffon, renvoyant à l'honneur et à la vaillance de la lignée. Le regain d'intérêt pour l'or scythe et les trouvailles antiques donne une autre vague : on copie les griffons sur les modèles de musée, en répétant les formes anciennes. Le griffon de cette époque est un bijou chargé de l'esprit de la lignée et de l'histoire, signe de respect pour ses racines, motif fréquent sur les chevalières et les bagues de famille.

Aujourd'hui : du caractère sur une chaîne

Le griffon contemporain s'est affranchi de l'héraldique obligatoire et est devenu un signe de caractère. Le portent ceux à qui parle le thème de la force et de la garde, indépendamment de tout blason ou de toute lignée. Les techniques ont élargi le choix : on imprime le griffon par modèle à la cire perdue avec un rendu très fin de la plume, on le fait en acier à dépôt noir, on le coule en argent et en or. L'image se lit aussi bien sur un grand pendentif brut que sur une chevalière sobre ou en fine silhouette sur une boucle d'oreille. Le griffon d'aujourd'hui est une affirmation personnelle du rôle de protecteur, et non un certificat d'origine ; en cela, il est plus proche de l'antique amulette que du blason médiéval.

Comment et avec quoi porter le griffon

À qui convient le griffon

Le griffon se lit avec assurance comme une image masculine ou unisexe, même s'il n'a pas d'attache stricte au genre. Le choisissent ceux à qui parle le thème de la force alliée à l'intelligence, de la protection, de la dignité, de la garde des siens. C'est un symbole pour les gens dotés d'une colonne vertébrale intérieure, pour ceux qui répondent des autres, qui valorisent la loyauté et n'aiment pas la frime.

Le griffon est beau comme signe de protection pour soi et comme cadeau, avec un vœu de garde, à un proche. On l'offre à celui qui se lance dans une œuvre importante, qui prend une responsabilité, qui s'est forgé une réputation de fiabilité. À la différence des symboles doux, le griffon parle de la force du caractère ; il convient donc aux gens à la manière ferme et directe.

Le pendentif et la chaîne

Le pendentif est le format le plus courant pour le griffon. Une grande figure de la bête sur une chaîne épaisse, voilà l'image masculine classique : chaque détail se voit, la force se lit. Une longueur de chaîne de 55 à 60 cm amène le pendentif sur la poitrine, où il fait belle et solide figure. Pour un port plus discret, on prend plus long, pour que la bête glisse sous la chemise.

Le matériau du pendentif donne le ton. L'argent noirci offre un aspect graphique et un peu sévère. L'or ajoute du statut. L'acier rend l'image brute et sans souci. Un seul griffon sur une chaîne nue est toujours plus fort qu'un griffon serré entre d'autres pendentifs : laissez de la place à la bête.

La bague et la chevalière

Le griffon sur une chevalière est un renvoi direct à l'antique tradition du scellement. La figure gravée de la bête sur le plateau plat de la bague ressemble à un signe de lignée, à un sceau personnel. On porte une telle bague à l'auriculaire ou à l'annulaire de la main directrice. Elle convient à une image sobre et classique et s'accorde bien avec une montre et des boutons de manchette.

La bague au griffon en relief, qui enlace le doigt de son corps et de ses ailes, est déjà une pièce sculpturale et remarquée. On la porte comme une affirmation. L'important est de ne pas surcharger la main : une seule bague forte au griffon se suffit à elle-même.

Boucles d'oreilles, bracelet et associations

Boucle d'oreille en or à terminaison en tête de lion-griffon, IVe au IIIe siècle avant notre ère
Boucle d'oreille en or à terminaison en tête de lion-griffon, IVe au IIIe siècle avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)Boucle d'oreille à terminaison en tête de lion-griffon, IVe au IIIe siècle avant notre ère. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

On peut porter le griffon plus finement : une boucle d'oreille unique à la silhouette de la bête, un charm sur un bracelet, une gravure sur une plaque de bracelet. Sur un bracelet masculin, le griffon convient en applique sur un bracelet de cuir ou d'acier. Le griffon s'accorde bien avec d'autres signes héraldiques et protecteurs : le bouclier, l'épée, la couronne. Un ensemble composé de ces symboles se lit comme un blason personnel.

Ce qu'il faut éviter, c'est de mêler le griffon à des motifs trop doux et romantiques dans une même tenue : fleurs, petits cœurs, papillons délicats jurent avec sa nature sévère. Le griffon aime le voisinage des pièces sobres, viriles ou neutres.

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Le griffon dans l'art et la mythologie des cultures

Le griffon dans l'art antique et médiéval

Les maîtres antiques sculptaient des griffons sur tout ce qu'ils voulaient protéger ou exalter : sur les trésors des temples, sur les autels, sur la vaisselle d'apparat, sur les armes et les armures. Le griffon sur un casque ou une cuirasse rendait le guerrier semblable à un être gardé d'en haut. À Pompéi, on a trouvé des fresques et du mobilier au griffon ; dans les sanctuaires grecs, des têtes de griffon en bronze ornaient de grands chaudrons rituels, écartant le mal des offrandes.

Au Moyen Âge, le griffon est passé sur la sculpture d'église et l'enluminure. Les cathédrales romanes sont couvertes de griffons de pierre sur les chapiteaux et les portails. Dans le gothique, la bête devient plus fine et plus mobile. Sur les pages des bestiaires manuscrits, on dessinait le griffon parmi les animaux réels et imaginaires, le décrivant comme gardien de l'or et ennemi des chevaux, qu'il détesterait particulièrement. C'est cette tradition livresque médiévale qui a fixé l'aspect du griffon tel que nous le connaissons.

Le griffon en Orient et en Asie centrale

L'Orient a donné ses versions du prédateur ailé. En Perse et en Asie centrale, griffons et lions ailés ornaient les étoffes de palais, les plats d'argent, la céramique. Le griffon iranien, le simorgh et d'autres créatures ailées s'entrelaçaient en une riche image de gardien céleste. Par la Route de la soie, ces motifs voyageaient dans les deux sens, influençant l'art chinois comme l'art européen.

Dans l'art décoratif islamique, qui évitait la représentation des hommes, les bêtes fantastiques comme le griffon restaient un motif admis et apprécié. On les tissait sur des étoffes précieuses, on les ciselait sur le métal, on les gravait sur l'os. Le griffon sur une étoffe orientale se lisait comme un signe de force et de majesté, digne des vêtements de la noblesse.

Le griffon comme image vivante d'aujourd'hui

Le griffon n'est pas resté dans le passé. Il regarde depuis les blasons de villes et de pays contemporains, depuis les emblèmes d'universités, de banques, de clubs sportifs, de maisons d'édition. Sa silhouette annonce aussitôt « nous gardons, nous sommes forts, on peut nous faire confiance », d'où l'amour que lui portent les organisations qui vendent de la fiabilité.

En littérature et en fantasy, le griffon est devenu une noble monture ailée et un fidèle allié des héros, à la différence du dragon, plus souvent rangé du côté de l'adversaire. L'image du gardien bon et fier s'est fixée au point que le lecteur d'aujourd'hui range presque automatiquement le griffon parmi les créatures « du côté du bien ». Cette réputation fait du griffon un symbole agréable pour un bijou : il est fort sans être méchant, redoutable mais juste.

Cette double réputation, ancienne et moderne, est le secret de la longévité du griffon. Une bête imaginée il y a cinq mille ans fonctionne encore comme un signe clair : elle n'a pas besoin d'explication, on la lit au premier regard. Quand le griffon observe depuis la façade d'une vieille banque, depuis la page d'un livre ou depuis un pendentif sur une poitrine, il dit la même chose dans toutes les langues et à toutes les époques. Gardien fort, vigilant, fidèle. Peu de symboles savent porter un message aussi clair à travers les millénaires sans rien perdre.

La psychologie du choix du griffon

Pourquoi l'image du gardien attire

Le griffon n'attire pas n'importe qui. Le choisissent le plus souvent ceux qui jouent dans la vie le rôle de protecteur : pour leur famille, leur équipe, leur œuvre. Sur le plan psychologique, l'image d'un gardien fort fait office d'appui. Celui qui porte un signe de protection ressasse moins de scénarios anxieux, car une part de son attention est en quelque sorte confiée au symbole. Cela ressemble à la tranquillité que donne une sauvegarde de fichiers importants : la probabilité réelle d'un malheur ne change pas, mais le bruit de fond de l'anxiété baisse. Le griffon est ici particulièrement commode, car il réunit deux qualités compréhensibles par tous, la force et la vigilance, et son porteur les essaie en quelque sorte sur lui-même.

Il y a aussi le versant de l'identité. Un bijou porteur de sens agit comme une affirmation tranquille de qui vous êtes. Le griffon annonce « je garde ce qui est mien et je sais me défendre », d'abord à son propre porteur, ensuite à l'entourage. Les ancres d'identité renforcent la résistance au stress ; c'est pourquoi les armées ont besoin d'insignes de régiment, et une personne investie de responsabilités a parfois besoin d'une bête gardienne sur une chaîne. Chaque regard posé sur le griffon rappelle brièvement le rôle choisi et aide à le tenir.

Le griffon en cadeau et son effet

Un symbole de protection offert agit plus fort que celui qu'on s'achète à soi-même, et ce n'est pas qu'une croyance populaire. Les études sur la psychologie du don montrent qu'un objet remis avec une intention claire et bienveillante influence le destinataire plus nettement qu'un achat identique fait par soi-même : à l'objet s'attache la mémoire de celui qui l'a offert. Le griffon, avec son sens de garde, est un cadeau de ce genre idéal. En l'offrant, vous offrez non une bête de métal, mais un vœu de force et de protection, et chaque contact avec le pendentif ravivera ce vœu.

À qui le griffon ira-t-il particulièrement bien : à celui qui se lance dans une grande œuvre, à celui qui prend la responsabilité d'autrui, à celui qui s'est forgé une réputation de fiabilité. C'est un cadeau de caractère, et il exige de toucher juste le caractère du destinataire. À une personne douce et romantique, le griffon peut sembler étranger. Mais à une personne droite, ferme, dotée d'une colonne vertébrale intérieure, il dira exactement ce qu'il faut, sans un seul mot.

Griffon, dragon, lion et aigle comparés
SymboleNatureSens principalPour quiÉnergie de gardien
GriffonLion plus aigleGarder le trésor, force et vigilanceProtecteurs, chefs, les fermes
DragonReptile élémentairePuissance sauvage, feu, trésor cachéAudacieux, intenses, libres
LionRoi des animauxRoyauté terrestre, courage, soleilConfiants, fiers, braves
AigleRoi des oiseauxLiberté, hauteur, vue perçanteIndépendants, clairvoyants

Le griffon face au dragon, au lion et à l'aigle

Le griffon et le dragon

On range souvent le griffon et le dragon côte à côte comme deux grandes bêtes mythiques, et dans la tradition médiévale ils sont fréquemment ennemis. La différence est dans leur essence. Le dragon est plus proche de l'élément, du feu, de la force primitive de la terre et des entrailles, et dans la tradition occidentale on en fait plus souvent un adversaire qui garde l'or par avidité. Le griffon garde l'or lui aussi, mais par devoir, non par cupidité. Il est un gardien juste, le dragon un gardien dangereux.

Dans les bijoux, cela les sépare par l'atmosphère. Le dragon est l'image d'une puissance sauvage, parfois menaçante et chaotique. Le griffon est l'image d'une force ordonnée et noble, plus proche de la tradition chevaleresque. Qui sent en lui l'élément et l'élan choisit le dragon. Qui valorise le devoir, la garde et la dignité choisit le griffon.

Le griffon et le lion

Le lion est la moitié du griffon et son frère terrestre. Le lion seul est symbole de royauté, de courage, de force solaire sur la terre. Le griffon prend cette force léonine et y ajoute des ailes et la vigilance de l'aigle, élevant l'image plus haut, dans le ciel. Le lion est le pouvoir terrestre, le griffon le pouvoir qui voit d'en haut.

Celui à qui parle l'image pure du roi des animaux et du courage solaire reste avec le lion. Celui à qui importe en plus la hauteur, la vue d'ensemble, la clairvoyance, ajoute une aile et passe au griffon. Au fond, le griffon est un lion à qui l'on a donné le ciel.

Le griffon et l'aigle

L'aigle est la seconde moitié du griffon, son frère céleste. L'aigle est symbole de liberté, de hauteur, d'acuité du regard, de lien avec le soleil et avec le pouvoir suprême. Le griffon reprend cette hauteur de l'aigle et la pose au sol par un corps de lion, donnant à l'image le poids et la puissance qui manquent à l'oiseau seul. L'aigle est léger et rapide, le griffon lourd et inéluctable.

Dans les bijoux, l'aigle se lit comme signe de liberté et d'envol, le griffon comme signe de garde et de force. Si l'aigle parle de « voler plus haut », le griffon parle de « garder et tenir ». Parmi les images apparentées, le dragon, le lion, l'aigle, le pégase, le phénix, le griffon est le plus « défensif » : il n'est pas affaire d'élan, mais de protection sûre.

Le griffon et la chimère

Le griffon et la chimère ont en commun d'être tous deux assemblés à partir de morceaux, mais assemblés dans un but différent. La chimère, chez les Grecs, c'est un lion à l'avant, une chèvre au milieu et un serpent à l'arrière, monstre contre nature, dangereux, né de monstres. On la tuait comme une menace, et au sens figuré une « chimère » est une invention vaine et irréalisable. Le griffon, lui, est composé de deux prédateurs souverains, et composé avec harmonie : le lion et l'aigle se renforcent au lieu de se contredire. L'un est assemblé pour l'effroi, l'autre pour la force et l'ordre.

Dans les bijoux, cela les sépare entièrement. On choisit rarement la chimère, et d'ordinaire pour le thème de la complexité intérieure, de la lutte des principes opposés en l'homme. Le griffon, lui, est le signe d'une force entière et rassemblée. Là où la chimère parle de contradiction, le griffon parle d'accord entre deux natures dans un seul caractère. C'est pourquoi le griffon figure bien plus souvent sur les blasons et les amulettes, tandis que la chimère reste une image plutôt littéraire et inquiétante.

Le griffon et le sphinx

Le sphinx est plus proche du griffon qu'il n'y paraît : tous deux unissent le lion à quelque chose de supérieur. Mais le sphinx ajoute au lion une tête humaine, et le griffon une tête d'aigle. Et le sens diverge aussitôt. Le sphinx, c'est l'énigme, le savoir caché, l'épreuve par l'esprit, une créature qui garde l'entrée par une question, non par une serre. Le sphinx égyptien repose près des pyramides en gardien du repos des rois, le sphinx grec pose des énigmes mortelles. Le griffon ne garde pas par une énigme, mais par la force : il ne demande rien, il ne laisse pas passer.

Pour un bijou, cela veut dire ceci. Le sphinx convient à celui à qui parlent le thème de l'intelligence, du secret, du savoir caché, de la sagesse immobile et calme. Le griffon convient à celui qui penche pour la défense active et la vigilance combative. Le sphinx pense, le griffon agit. Tous deux sont royaux, mais l'un règne par l'énigme, l'autre par la serre et l'aile.

Le griffon et la manticore

La manticore est le voisin le plus prédateur du griffon. Elle a un corps de lion, un visage humain à trois rangées de dents, une queue de scorpion ou de porc-épic aux pointes venimeuses qu'elle lancerait comme des flèches. La manticore est anthropophage, image de pure menace ; dans les bestiaires médiévaux, on la dessinait près du griffon, mais leur sens est opposé. Le griffon protège, la manticore dévore. L'un est gardien du trésor, l'autre dévoreur de voyageurs.

Dans les bijoux, la manticore ne se rencontre presque jamais, précisément à cause de sa réputation prédatrice et mauvaise : peu de gens veulent porter une dévoreuse d'hommes sur la poitrine. Le griffon, malgré toute sa férocité, se lit comme « des nôtres », comme un protecteur. Ce couple montre bien ce qui distingue le griffon d'une simple bête effrayante : la férocité sans la méchanceté, la force du côté du porteur et non contre l'homme. Le griffon effraie les étrangers mais préserve les siens, et toute la différence est là.

Le griffon et la licorne : deux bêtes nobles

Le griffon et la licorne sont souvent placés côte à côte comme les deux créatures mythiques les plus nobles, mais ils incarnent des facettes différentes de la noblesse. La licorne, c'est la pureté, la douceur, l'inaccessible, une créature qui ne se donne qu'au cœur pur et meurt de la tromperie. Le griffon, c'est la force, la garde, la vigilance combative. L'un est noble par la douceur, l'autre par la vaillance. Ce n'est pas un hasard si, dans la vieille héraldique, on les plaçait parfois de part et d'autre d'un même écu : la licorne à gauche comme tendre pureté, le griffon à droite comme défense ferme.

Pour un bijou, le choix entre eux est un choix d'intonation. La licorne parle de finesse, d'idéal, de fidélité à soi. Le griffon parle de protection et de dignité. À qui cherche un symbole doux et lumineux, la licorne ira mieux. À qui veut un gardien de caractère, le griffon ira mieux. Ensemble, ils décrivent bien les deux moitiés d'une nature noble : la capacité de préserver la pureté et celle de la défendre.

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Des faits qui surprennent

Le griffon a accumulé des bizarreries pendant des millénaires, et certaines restent peu évidentes aujourd'hui.

Les Grecs tenaient les griffons pour responsables des fossiles. L'historienne Adrienne Mayor a avancé que la légende du gardien de l'or était née de découvertes. Dans les déserts d'Asie centrale, que parcouraient les caravanes en quête d'or, gisent en surface des squelettes de protocératops, un animal quadrupède de la taille d'un lion, à bec et à collerette osseuse. Les Anciens voyaient un crâne à bec près des gisements d'or et en concluaient : ici vit une bête à bec qui garde l'or. Ainsi la paléontologie a pu engendrer le mythe.

Le griffon est l'ennemi des chevaux. Les bestiaires médiévaux assuraient que le griffon haïssait particulièrement les chevaux et les chassait. De là vient la vieille expression sur le croisement impossible du griffon et du cheval, qui aurait donné, selon la légende, l'hippogriffe, une autre créature ailée.

On vendait la serre de griffon comme remède. Au Moyen Âge, on faisait passer pour « serres de griffon » des cornes d'antilope et des défenses, montées dans l'or et l'argent. On croyait qu'une coupe en serre de griffon fonçait au contact du poison. Ces « serres » étaient conservées dans les trésors d'églises comme des reliques.

Le griffon de Dante tire le char de l'Église. Dans le « Purgatoire », le griffon traîne le char et s'interprète comme l'image du Christ : le corps de lion, c'est la nature humaine, la tête d'aigle la nature divine. C'est le sens le plus élevé qu'on ait jamais prêté à la bête.

Le griffon a servi d'armes à de grandes dynasties. Plus d'un blason régnant a inclus un griffon doré ou sombre, tenant épée et écu. Ainsi la bête des steppes scythes a fini par atteindre le sommet du pouvoir.

Des griffons gardent les ponts et les édifices des vieilles capitales. Dans plus d'une ville, des griffons soutiennent des chaînes de ponts, gardent les entrées de banques et de palais. Le choix n'est pas fortuit : une bête gardienne de l'or sur un bâtiment où l'on garde de l'argent est un renvoi direct à la légende.

Le mot « griffe » et la racine du griffon sont parents. La racine liée à quelque chose de recourbé et d'agrippant a donné toute une famille de mots. Il n'y a pas de parenté directe avec la bête mythique, mais l'idée commune du « crochu, qui saisit » est la même.

Les œufs de griffon valaient plus que l'or. Dans les inventaires médiévaux de trésors, des « œufs de griffon » figuraient parmi les reliques. En réalité, c'étaient des œufs d'autruche que les voyageurs rapportaient du sud et faisaient passer pour une prise au nid de la bête légendaire. On les montait dans le métal précieux et on les suspendait dans les temples, les tenant pour des merveilles.

Le griffon savait reconnaître l'innocence. Selon une croyance médiévale, le griffon ne touchait pas l'homme honnête et se jetait sur le menteur et le voleur. De cette croyance est née sa réputation d'ennemi de la lâcheté et de la tromperie, que l'héraldique a ensuite reprise. La bête est devenue non un simple gardien de l'or, mais un juge des intentions.

Le griffon a figuré sur les plus anciennes cartes du monde. Sur les cartes médiévales, les terres où vivaient les griffons, selon les légendes, étaient dessinées au lointain nord-est, près des gisements d'or et du peuple borgne. Les cartographes plaçaient la bête comme un véritable habitant du bout du monde, et ainsi le mythe du gardien de l'or se muait en fait géographique pour les gens de cette époque.

Mythes sur le griffon
Le griffon n'est qu'une sorte de dragon
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Le griffon est un symbole purement ouest-européen
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Les griffons gardent l'or par avidité
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Seuls les hommes peuvent porter un griffon
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La légende du griffon gardien de l'or vient peut-être de fossiles
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Questions fréquentes

Que symbolise le griffon en bijouterie ?

Le griffon symbolise la protection, la force alliée à la vigilance, la dignité et la garde du précieux. Il réunit le lion, roi des animaux, et l'aigle, roi des oiseaux ; il signifie donc un double pouvoir, sur la terre et sur le ciel. Dans un bijou, il agit comme un gardien personnel et le signe que son porteur préserve ce qui est sien et sait se défendre.

Le griffon est-il un symbole masculin ou féminin ?

Il n'y a pas d'attache stricte au genre, mais on perçoit plus souvent le griffon comme une image masculine ou unisexe, à cause de sa nature combative et protectrice. Le choisissent des gens de caractère ferme, quel que soit leur sexe. Le griffon ira à une femme si l'idée de force, de protection et de dignité lui parle, plutôt que celle de douceur et de romantisme.

Peut-on porter le griffon comme amulette ?

Oui. Depuis l'Orient antique, le griffon était gardien du seuil, du trône et du trésor ; il est donc naturel de le porter comme signe protecteur. Le griffon met l'accent sur la défense active des siens, à la différence des amulettes passives qui se contentent de renvoyer le négatif d'autrui. Si le thème de la protection vous parle, on peut l'associer à d'autres amulettes et talismans.

En quoi le griffon se distingue-t-il du dragon ?

Tous deux gardent l'or, mais pour des motifs différents. Le dragon, dans la tradition occidentale, est un gardien dangereux et souvent avide, image de l'élément sauvage et du feu. Le griffon est un gardien juste, noble, plus proche de l'honneur chevaleresque. Le griffon mêle lion et aigle, le dragon est un élément reptilien autonome. Plus de détails dans l'article sur le dragon en bijouterie.

Pourquoi le griffon figure-t-il si souvent sur les blasons ?

Parce qu'il transmet parfaitement les qualités voulues par une lignée ou une ville : le courage du lion, la vigilance et la hauteur de l'aigle, la fidélité à garder les siens. Le griffon passait pour l'ennemi du mensonge et de la lâcheté, le défenseur des trésors et des secrets. Prendre un griffon sur son blason, c'était proclamer sa vaillance et sa volonté de protéger l'honneur, la terre, les biens.

Quel métal choisir pour un griffon ?

L'argent 925 est le choix universel : il tient bien les détails, se noircit bien, ne présente pas de danger pour la peau. L'or souligne le statut et renvoie à la légende du gardien de l'or. L'acier 316L donne une image brute et sans souci pour le port quotidien. Le choix dépend du griffon que vous voulez : de statut, graphique ou fonctionnel.

À qui offrir un griffon ?

À celui qui répond des autres et valorise la fiabilité : un dirigeant, un protecteur, une personne de parole. Le griffon convient comme vœu de force et de garde à celui qui se lance dans une grande œuvre ou prend une responsabilité. C'est un cadeau de caractère, pour les gens droits et forts, et non pour les amateurs de symbolique douce.

Le griffon porte-t-il chance ?

Comme talisman « d'argent » au sens direct, le griffon ne fonctionne pas ; sa force est ailleurs, dans la protection et la garde. Mais comme gardien du trésor, il est lié à l'idée de préserver et de faire fructifier ce que l'on a. Sur le plan psychologique, un signe de protection abaisse l'anxiété et donne de l'assurance, et une personne sûre d'elle prend plus souvent de bonnes décisions. Indirectement, le griffon aide donc plutôt qu'il ne nuit.

Conclusion

Le griffon est l'un des symboles les plus anciens et les plus tenaces de l'histoire du bijou. Lion plus aigle, terre plus ciel, force plus vigilance, tout cela tient dans une seule image depuis cinq mille ans, des temples de l'Orient antique aux ponts des vieilles capitales et au pendentif d'aujourd'hui. Il a traversé l'or scythe, le mythe grec du gardien des trésors, les autels romains, la sculpture d'église et les blasons chevaleresques, sans jamais perdre son essence. Le griffon est un gardien : de ce qui est précieux, de ce qui est secret, de ce qu'une personne tient pour sien.

En choisissant le griffon, vous prenez un signe au caractère clair, et non un bijou pour la seule beauté. Il parle de protection, de dignité et d'une force qui s'appuie sur l'intelligence. En argent noirci, en or sur une chevalière, en acier sur une chaîne épaisse, sous toutes ses formes le griffon reste lui-même, gardien fier et vigilant.

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Argent, or, symbolique, amulettes, bagues et pendentifs de caractère.

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Zevira, ce sont des bijoux porteurs de sens : symboles, amulettes, classiques de l'argent et de l'or. Nous réunissons des pièces qui ont du caractère et une histoire, des signes protecteurs à l'héraldique sobre. Le griffon, dans notre vision, est un bijou pour ceux qui valorisent la force, la garde et la dignité, et veulent le porter sur eux chaque jour.

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