
Perle noire de Tahiti : ce qu'est cette gemme, comment elle se forme et comment la choisir
Une perle noire n'est presque jamais vraiment noire. Approchez-la d'une fenêtre et regardez s'allumer, au fond de sa surface sombre, des éclats verts, violets ou dorés. Ce n'est ni une teinture ni un tour d'optique, mais le travail d'une huître précise à la nacre sombre. La perle de Tahiti compte parmi les rares gemmes organiques naturellement sombres de la planète, et derrière sa couleur se cache une chimie limpide, pas un mystère.
Allons à l'essentiel : de quoi elle est faite, comment elle naît dans un lagon, d'où elle vient, comment distinguer une vraie d'une teinte, et comment l'entretenir pour qu'elle dure des décennies.
Ce qu'est la perle noire de Tahiti
La perle de Tahiti est une perle cultivée par l'huître à lèvres noires Pinctada margaritifera dans les lagons de la Polynésie française. Le nom de Tahiti ne désigne pas l'île de Tahiti, où l'on ne cultive presque pas de perles, mais la région dans son ensemble : Tahiti est le centre commercial d'où les perles partent vers le monde.
À la différence de la perle marine blanche, cette huître a la face interne de la coquille, la nacre elle-même, sombre, du gris acier au charbon, avec des reflets colorés. La perle que l'huître bâtit couche après couche en ressort donc sombre par nature, de part en part, et pas seulement en surface. C'est là le point essentiel qui la sépare d'une perle blanche teinte.
L'écrasante majorité des perles de Tahiti du marché sont de culture. Une perle noire naturelle, trouvée dans une huître sauvage sans intervention humaine, est extrêmement rare et n'arrive presque jamais en boutique.
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Chimie et physique : de quoi une perle est faite
Composition et structure
Une perle n'est pas un minéral au sens strict, mais un composite biominéral. Elle se compose de trois éléments :
- L'aragonite, une forme cristalline du carbonate de calcium (CaCO3). C'est le gros de la perle, environ 82 à 86 pour cent.
- La conchyoline, une protéine organique liante qui colle entre eux les cristaux d'aragonite (environ 10 à 14 pour cent).
- L'eau, environ 2 à 4 pour cent, enfermée dans la structure.
La nacre s'organise comme un mur de briques : de fines lamelles d'aragonite d'une fraction de micron d'épaisseur s'empilent en couches, intercalées de feuillets de conchyoline. C'est précisément cette structure en couches qui donne à la perle sa lueur intérieure.
La couleur sombre de la perle de Tahiti vient de pigments organiques, surtout des porphyrines et des composés polyènes présents dans la conchyoline et dans la nacre elle-même. Leur concentration et leur combinaison dans une huître donnée décident si la perle sortira noir charbon, grise, verdâtre ou parée d'un fond doré.
Dureté et densité
Sur l'échelle de Mohs, la perle est tendre, autour de 2,5 à 4,5. À titre de comparaison : un ongle raye une surface vers 2,5, le verre ordinaire se situe à 5,5, et le quartz (le sable, la poussière) vers 7. La conclusion est nette : le sable et la poussière rayent facilement la perle, ce qui en fait l'un des matériaux les plus fragiles de la joaillerie. La perle de Tahiti se place en haut de cette fourchette grâce à sa couche de nacre plus épaisse, mais elle réclame tout de même un soin délicat.
La densité de la perle avoisine 2,6 à 2,8 grammes par centimètre cube, proche de celle de l'aragonite. Une bonne perle de Tahiti à nacre épaisse se sent nettement lourde pour sa taille ; la légèreté trahit souvent une couche de nacre fine ou une imitation.
Optique : d'où viennent l'éclat et les reflets
La perle possède deux traits optiques qui travaillent de concert.
Le lustre (l'éclat) est la lueur profonde qui semble monter de l'intérieur. La lumière traverse les couches translucides d'aragonite, se reflète en partie sur chacune et revient à l'œil. Plus les lamelles sont fines et régulières, plus le lustre est pur et vif. La perle de Tahiti a des couches de nacre plus épaisses qu'une petite perle blanche, son éclat est donc plus doux et plus profond, sans réverbération de miroir agressive.
L'orient (le reflet) est le jeu irisé de la couleur en surface. C'est l'interférence et la diffraction de la lumière sur les couches d'aragonite, la même physique qui colore un film de savon ou l'aile d'un papillon. Sur une perle sombre, cet orient ressort tout particulièrement : sur fond charbon, les éclats verts et violets se lisent avec un vrai contraste.
La perle ne se taille pas, l'indice de réfraction et la dispersion n'agissent donc pas comme pour les gemmes transparentes. L'aragonite de la perle a un indice de réfraction d'environ 1,53 à 1,69, mais à l'œil nous voyons un reflet sur les couches, pas une réfraction dans des facettes.
Comment une perle se forme dans la nature et à la ferme
La perle est la réaction de défense du mollusque. Quand un corps étranger se loge dans la coquille, dans le manteau de l'huître, le tissu du manteau se met à l'envelopper de nacre, le même matériau qui tapisse l'intérieur de la coquille. Couche après couche se forme un sac perlier, et avec le temps naît une perle.
Un mythe répandu veut que la cause soit toujours un grain de sable. En réalité, dans la nature le corps étranger est plus souvent un parasite ou un fragment de tissu. Chez l'huître sauvage cela se produit par hasard et rarement, et c'est pourquoi la perle sauvage est si rare.
En culture, on dirige le processus. Un technicien ouvre l'huître avec soin et introduit dans son manteau deux choses : un noyau rond (le plus souvent une bille de coquille pressée d'un mollusque d'eau douce) et un petit morceau de tissu de manteau d'une huître donneuse. Le tissu donneur forme le sac perlier, qui se met alors à déposer de la nacre autour du noyau.
On rend ensuite l'huître au lagon, dans des paniers suspendus en profondeur, pour 18 à 36 mois. Chaque jour, le mollusque ajoute une couche microscopique de nacre. Plus l'attente est longue, plus la couche est épaisse, la couleur profonde et le lustre fort, mais plus le risque grandit que l'huître tombe malade ou meure. Pour la perle de Tahiti, une épaisseur minimale de nacre est réglementée (autour de 0,8 mm), ce qui la sépare des perles bon marché à fin revêtement.
La récolte est en général fatale à l'huître, mais on réutilise les plus productives : on introduit dans le sac vide un nouveau noyau, plus gros, et l'huître forme une deuxième perle, plus grande encore.
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Géologie et géographie : d'où elle vient
L'huître et son aire
Pinctada margaritifera vit dans les eaux chaudes des océans Pacifique et Indien. Il lui faut une eau de mer propre et bien renouvelée, à température stable d'environ 25 à 28 degrés, et un plancton sain pour se nourrir. Les lagons isolés des atolls lui conviennent presque parfaitement : les courants apportent la nourriture, et l'enclos tient à distance les grands prédateurs.
Les zones principales
L'archipel des Tuamotu est le centre de production par excellence. Ce sont plusieurs dizaines d'atolls dans l'est de la Polynésie française, et c'est là qu'on cultive l'essentiel de la perle de Tahiti.
- Manihi, l'atoll où la culture de la perle noire a démarré dans les années 1960 et 1970. Ses fermes sont anciennes et bien rodées ; ses perles sont prisées pour leur couleur profonde et leur éclat fort.
- Fakarava, à l'eau propre et profonde, propice aux perles de grande taille.
Les îles de la Société (y compris Tahiti elle-même) fournissent une part moindre, mais l'eau y est un peu plus chaude et plus riche, ce qui donne parfois des reflets chauds plus rares.
Une perle sombre semblable, de la même huître, se cultive aux îles Cook, aux Philippines et en Indonésie. Techniquement, elle n'est pas de Tahiti, car elle ne vient pas de la Polynésie française, et son caractère diffère en général : la perle des eaux plus chaudes tend à être plus petite et de couleur moins stable.
Lier la valeur à une aire étroite apparente la perle de Tahiti à d'autres gemmes d'origine rare. De la même façon, la larimar s'extrait en un seul endroit sur Terre, et la rareté de la source fixe en grande partie son prix, comme pour les lagons polynésiens.
Histoire : de la cargaison en cale au trésor reconnu
Les Polynésiens connaissaient l'huître à lèvres noires bien avant l'arrivée des Européens. La coquille servait d'outil, de matière pour les parures et d'objet d'échange entre clans, et les rares perles sombres étaient prisées comme marque de rang. Dans la culture polynésienne, le noir évoquait la profondeur et l'eau, non le deuil.
Quand les marchands européens atteignirent les archipels au XIXe siècle, la perle sombre ne trouva d'abord pas de demande. Le goût européen de l'époque préférait la perle blanche et crème, et le public associait le noir au deuil. L'intérêt principal des marchands portait sur la nacre de la coquille, matière première pour boutons et incrustations ; les perles partaient souvent comme sous-produit.
La perle sombre était parfois parvenue aux cours européennes comme curiosité, et certaines grandes perles naturelles étaient très prisées précisément pour l'étrangeté de leur couleur. Mais il n'existait pas de marché organisé.
Le tournant survint dans la seconde moitié du XXe siècle avec deux mouvements à la fois. D'un côté, la mode vira vers une élégance sobre, où la perle sombre paraissait moderne. De l'autre, les lagons polynésiens maîtrisèrent la culture, et les premières fermes apparurent dans les années 1960 et 1970. Cela donna une offre stable, et en quelques décennies la perle noire passa de l'exotisme au trésor reconnu, doté de ses propres normes de qualité et de certificats d'origine.
Variétés et nuances
Malgré son nom, la palette de la perle de Tahiti dépasse le simple noir. Les professionnels décrivent la couleur par un ton de base (body colour) et un reflet superposé (overtone).
- Noir, le plus reconnaissable, un ton sombre et profond à reflet charbon ou acier. Un noir parfaitement uni n'existe presque pas ; il y a d'ordinaire de faibles lignes plus claires.
- Noir à reflet vert, où le vert affleure sur le fond sombre quand la perle bouge. L'un des types les plus caractéristiques de cette huître.
- Noir à reflet violet (paon, peacock), un mélange de vert et de violet, jugé particulièrement spectaculaire et très recherché.
- Noir à reflet doré, un rare éclat chaud par-dessus le ton sombre.
- Gris, un ton de base plus clair à éclat argenté, plus calme et plus polyvalent à porter.
- Chocolat, un ton brun chaud, peu fréquent.
Il arrive que la même huître donne une perle claire, presque blanche, affaire de génétique du mollusque. Cette perle est prisée pour sa rareté ; elle est plus grosse que d'ordinaire et se distingue nettement de la perle blanche des mers du Sud d'Australie et des Philippines.
Pour comparer les grands groupes de couleur par rareté et par caractère, mieux vaut les garder côte à côte dans un seul tableau.
Ce qui définit encore la qualité
Au-delà de la couleur, la perle s'évalue selon quatre paramètres.
Le lustre. Plus la lueur est profonde et nette, plus la catégorie est élevée. Une surface terne et mate signale une nacre fine ou de mauvaise qualité.
La forme. De la ronde parfaite à la baroque (irrégulière). Les perles rondes sont rares et chères ; une légère asymétrie est la norme pour un matériau naturel.
La propreté de la surface. Sur fond sombre, les piqûres, points et plis se voient bien. Une surface nette est davantage prisée, mais de petites marques sont presque toujours présentes et servent de signe d'authenticité.
La taille. La perle de Tahiti va d'ordinaire de 8 à 16 mm et plus. Les grandes perles régulières sont rares, et le prix monte de façon non linéaire avec la taille.
Comment lire la catégorie sur l'étiquette
En Polynésie française s'applique une norme d'exportation d'État : chaque perle est triée avant de sortir, et un produit sans nacre sombre propre à l'épaisseur exigée n'est tout simplement pas autorisé hors de la région. De ce fait, il n'y a presque pas de perle « de Tahiti » teinte d'origine polynésienne sur le marché légal ; les contrefaçons viennent d'ailleurs.
La catégorie se marque le plus souvent par des lettres de A à D, et la logique est l'inverse des notes d'école : A est la classe supérieure, D la plus basse.
- A (parfois écrit Top Gem ou AAA dans le commerce international) : surface presque parfaite, jusqu'à environ 10 pour cent de l'aire avec des marques à peine visibles, lustre fort.
- B : défauts légers sur une partie de la surface, éclat de bon à moyen. La classe la plus vendue pour la joaillerie de tous les jours, un équilibre sensé entre prix et allure.
- C : marques visibles sur une bonne part de la surface, éclat moyen.
- D : défauts sur l'essentiel de la surface ; cette perle va dans des pièces bon marché ou sert de matière première.
Un détail important que les acheteurs confondent : la lettre note la surface et le lustre, pas la taille, la forme ni la rareté du reflet. Une perle baroque à reflet paon peut coûter plus cher qu'une perle ronde parfaite de classe A sans jeu de couleur. Sur l'étiquette, on regarde donc non la seule lettre, mais l'ensemble forme, couleur et origine.
L'épaisseur de la nacre est réglementée à part. La norme polynésienne écarte la perle dont la nacre est plus fine que 0,8 mm, ne serait-ce que sur une partie de la surface. Cela ne se juge pas à l'œil, mais il existe un signe indirect : la nacre fine au-dessus du noyau donne parfois un effet de « clignotement » quand on l'incline sous une lampe, avec des zones plus claires et plus sombres dues au noyau qui transparaît. Une perle de qualité à nacre épaisse montre une couleur régulière sur toutes ses faces.
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Formes et variétés rares
La forme de la perle ne tient pas d'un caprice, mais de la mécanique de la croissance : comment le noyau s'est posé, si le manteau l'a enveloppé régulièrement de nacre, si le sac s'est déplacé dans le panier. La classification polynésienne répartit les formes en plusieurs groupes, et les connaître aide au choix.
- Ronde et presque ronde (round, semi-round). L'étalon et la version la plus chère, car l'huître dépose rarement une couche parfaitement régulière. Le test est simple : on fait rouler la perle sur un plan incliné ; la vraiment ronde file droit au lieu de zigzaguer.
- Ovale et en goutte (drop). La goutte met en valeur les pendentifs et les boucles, où la forme allongée sert l'allure et coûte moins cher que la ronde à poids égal.
- En bouton (button). Aplatie d'un côté, commode pour les puces et les bagues, où le dos plat se loge bien dans le serti.
- Annelée (circled). La surface porte des sillons concentriques, comme les anneaux d'une planète miniature. On y voyait un défaut, mais aujourd'hui la perle annelée à sillons réguliers et lustre fort se distingue en catégorie à part : sur fond sombre, les sillons soulignent le jeu de couleur.
- Baroque (baroque). Forme libre et irrégulière, chaque perle la sienne. Les collectionneurs choisissent souvent une baroque de Tahiti à reflet paon pour sa singularité, et non malgré elle.
À part se tient la keshi. C'est une perle sans noyau : elle se forme quand l'huître rejette la bille introduite, mais que le sac perlier est déjà constitué et continue de déposer de la nacre tout seul. La keshi est de la nacre de part en part, sans centre étranger, elle donne donc un éclat particulièrement fort et saturé et une couleur profonde. Sa forme est toujours fantasque et sa taille en général petite. La keshi n'est ni une imitation ni un rebut, mais un sous-produit prisé de la même ferme ; il ne faut pas la confondre avec une perle bon marché.
Comment distinguer la vraie de la fausse
Comme la perle sombre est chère, on l'imite souvent. Les principales substitutions et leurs indices.
Perle blanche teinte. La contrefaçon la plus courante : une perle claire ordinaire est recouverte d'une teinture sombre. L'indice principal apparaît dans le trou de perçage de la perle : sous la couche sombre, la teinte laisse voir une base claire, et la teinture s'accumule souvent au bord du trou. La vraie perle de Tahiti est sombre de part en part, et sa couleur chatoie légèrement de vert ou de violet. La teinte paraît plate, comme émaillée, sous toute lumière.
Imitation (verre ou plastique à revêtement nacré). Elle paraît suspectement parfaite et uniforme, sans les micro-irrégularités naturelles. Le vieux test de la dent : la vraie perle donne une légère sensation râpeuse, comme du sable, si on la passe doucement sur le bord des dents ; l'imitation glisse, lisse. Sur l'imitation, le revêtement s'écaille avec le temps et met la base à nu.
Perle d'une autre région vendue pour de la Tahiti. Des perles sombres de la même huître, des Philippines ou des îles Cook, passent pour polynésiennes. Ici, seul aide un certificat d'origine d'un laboratoire indépendant.
Le jeu de la lumière comme test. La vraie perle de Tahiti change d'aspect selon la lumière : à la lumière du jour, les reflets de couleur paraissent plus profonds, à la lumière chaude du soir surgit une douceur dorée, à la lumière froide artificielle elle paraît plus sévère et plus graphique. La teinte et l'imitation paraissent aussi plates sous n'importe quelle source.
La réponse définitive vient de l'analyse en laboratoire : les laboratoires gemmologiques spécialisés déterminent l'origine et le naturel de la couleur.
Entretien et conservation
La faible dureté et la nature organique font de la perle le matériau le plus exigeant de l'écrin. Quelques règles simples lui ajoutent des décennies de vie.
Mettez-la en dernier, retirez-la en premier. Le parfum, la laque, les crèmes et les cosmétiques contiennent de l'alcool et des acides qui rongent la nacre et tuent l'éclat. Le bijou se met après tous les soins et se retire avant de se laver.
Protégez-la de l'eau et des produits chimiques. Le chlore de la piscine et le sel de la mer oxydent la surface. Avant la douche, la baignade, le sauna et le ménage, on retire la perle. Si elle a tout de même touché la sueur ou l'eau salée, essuyez-la d'un linge doux humide et laissez-la sécher.
Nettoyez en douceur. Il suffit de passer un linge doux, au besoin à peine humecté d'eau avec une goutte de savon doux, puis de bien sécher. Jamais : brosses, abrasifs, produits chimiques agressifs ni nettoyeurs à ultrasons, qui détruisent la nacre.
Rangez-la à part et hors plastique. Les perles ne doivent frotter ni des pierres dures, ni du métal, ni les unes contre les autres. Le mieux est une pochette de tissu doux ou un compartiment matelassé de l'écrin. Les sachets plastique fermés ne conviennent pas : la nacre s'y dessèche et se fendille. L'humidité idéale tourne autour de 50 à 70 pour cent.
Refaites le fil. Le fil de soie ou de nylon du collier se détend et se dégrade avec le temps. Tous les quelques ans (et plus souvent en port intensif), on change le fil, sous peine de risquer d'éparpiller les perles.
Comment la dureté pèse sur le choix du bijou : boucles et pendentifs touchent à peine les objets et conviennent au port quotidien ; bagues et bracelets frottent les surfaces et perdent l'éclat plus vite, mieux vaut donc les porter à l'occasion et dans un serti protégé.
Symbolique : bref et sans mystique
Diverses traditions ont prêté à la perle des sens divers. La culture européenne la liait à la lune, à la pureté et à la féminité ; chez les Polynésiens, le noir signifiait la profondeur et le lien à la mer, non le chagrin. Au XIXe siècle, la perle s'est un temps chargée d'une association au deuil, parce que les veuves en portaient, mais c'est une superstition historique, non une propriété de la gemme.
La perle n'a aucun effet physique ou curatif prouvé : elle n'agit ni sur la tension, ni sur le sommeil, ni sur l'anxiété, ni sur le bien-être. Si une perle lisse et fraîche sous les doigts vous aide à vous rassembler avant une conversation importante, c'est l'effet de l'habitude et de l'attention, comme avec tout objet cher, non l'énergie d'une pierre. On porte la perle pour sa beauté et son histoire, et l'on prend la symbolique pour ce qu'elle est : un contexte culturel.
Avec quoi porter la perle noire
La perle noire a cette rare vertu de se poser avec autant de naturel dans une tenue de tous les jours que dans une tenue de gala. Il suffit de changer le format et le serti pour que la même gemme sonne tout autrement.
Au quotidien, allez au minimal : une paire de puces ou un pendentif fin au creux des clavicules. Ils s'entendent avec une chemise blanche, une maille grise, un jean et une robe de lin. Le noir profond est calme en lui-même, il ne se querelle donc même pas avec un imprimé vif, il ne fait que rassembler la tenue. Le bureau suit la même logique, plus un fil sobre à hauteur de clavicule sous une chemise ou une veste à col ouvert. Les métaux froids, l'or blanc ou le platine, ajoutent une tenue professionnelle.
Le soir, on peut se permettre de l'ampleur. Un grand pendentif au serti ajouré ou des boucles en goutte s'ouvrent sur une robe unie au décolleté dégagé. Le velours, la soie et le satin accompagnent l'éclat doux de la nacre, tandis qu'un décolleté bateau ou en V laisse à la gemme la place de respirer. Pour une grande occasion, choisissez une seule pièce maîtresse : soit un long fil, soit des boucles expressives, pour que la tenue ne se disperse pas.
Côté associations, la perle aime la compagnie des autres pierres de lune : la pierre de lune, la labradorite et la sélénite forment un ensemble en couches. Les superpositions conviennent aussi, deux ou trois colliers fins de longueurs différentes donnent du volume sans surcharge. On peut mêler les métaux, mais gardez une seule nuance : soit la gamme froide (argent, platine, or blanc), soit la chaude (or jaune, rose). Pour un peu de couleur, la perle dorée des Philippines va bien avec le noir.
Côté longueur : plus le décolleté est profond, plus le fil est long. Un ras-de-cou d'environ 40 cm se pose sur le cou sous un col ouvert ; la « princesse » de 45 à 50 cm atteint la clavicule et va presque avec tout ; la « matinée » de 50 à 60 cm convient à la tenue de travail ; l'« opéra » à partir de 70 cm crée un air de soir et se double.
À qui elle va surtout : la gemme préfère un sous-ton de peau froid et profond, ainsi que la peau mate, sur laquelle le noir se lit avec contraste. Si un noir chaud près du visage paraît lourd, choisissez un gris doux ou le noir avec un métal froid.
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Questions fréquentes
Comment entretenir une perle de Tahiti pour qu'elle ne se ternisse pas ?
Mettez le bijou en dernier, après le parfum et les cosmétiques, et retirez-le en premier. Il suffit de passer un linge doux sur les perles une fois par mois, à peine humide au besoin, et juste après tout contact avec la sueur ou l'eau salée. Pas de brosses, d'abrasifs, de produits chimiques agressifs ni d'ultrasons : ils détruisent la nacre.
Peut-on porter la perle noire sous la douche, à la piscine ou au sport ?
Mieux vaut la retirer. Le chlore de la piscine, le sel de la mer et la sueur oxydent la surface et tuent l'éclat, et l'eau additionnée de produits de douche est particulièrement néfaste. Boucles et pendentifs supportent le quotidien mieux que bagues et bracelets, mais au sport et dans l'eau, mieux vaut aussi les laisser à la maison.
Comment distinguer une vraie perle noire d'une teinte sans laboratoire ?
Regardez dans le trou de perçage de la perle : la teinte laisse voir une base claire sous la couche sombre, et la teinture s'accumule au bord. La vraie perle de Tahiti est sombre de part en part, chatoie de vert ou de violet et paraît différente à la lumière du jour, chaude et froide. La teinte reste plate sous toute source, et la réponse exacte ne vient que d'un certificat d'origine.
Quelle taille et quelle forme choisir ?
La perle de Tahiti va d'ordinaire de 8 à 16 mm. Pour des puces de tous les jours et des pendentifs fins, 9 à 11 mm sont confortables ; pour des boucles en goutte du soir et de grands pendentifs, on va plus grand. Les rondes parfaites sont les plus chères, mais la goutte met en valeur les pendentifs et la forme baroque est prisée pour sa singularité, alors fiez-vous au format du bijou, pas à la seule rondeur.
Peut-on porter la perle noire tous les jours ?
Sur l'échelle de Mohs, la perle n'est qu'à 2,5 à 4,5, un matériau tendre que le sable et la poussière rayent. Au quotidien, boucles et pendentifs sont pratiques : ils ne frottent presque pas les objets. Bagues et bracelets, mieux vaut les porter à l'occasion et dans un serti protégé, sinon l'éclat s'en va plus vite.
Cassons le mythe : la perle noire est-elle une gemme de deuil ?
C'est une superstition historique, non une propriété de la gemme. L'association au deuil a pris au XIXe siècle parce que les veuves portaient la perle sombre. Dans la culture polynésienne, le noir signifiait la profondeur et le lien à la mer, et aujourd'hui cette perle convient aussi bien à une tenue de tous les jours, de gala et même de mariée.
À propos de Zevira : une collection de bijoux à perles et pierres de lune
La collection Zevira comprend des bijoux à perles et autres pierres de lune. Nous choisissons une perle noire de Tahiti de haute qualité, l'associons à des métaux nobles, or blanc et jaune, platine et argent, et plaçons souvent à ses côtés de l'adulaire, de la sélénite ou de la labradorite pour composer un ensemble cohérent.
Chaque bijou est accompagné d'une information sur l'origine de la perle. Nous pensons qu'un beau bijou se doit d'être authentique.
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