
Spinelle bleu : la pierre que l'on a prise pour un saphir pendant des siècles
Pendant des centaines d'années, on a confondu le spinelle bleu avec le saphir. Les deux pierres reposaient côte à côte dans les mêmes gisements, brûlaient pareillement à la lumière des bougies, et tant que les instruments n'existaient pas, seul l'œil d'un lapidaire chevronné savait les distinguer. Il a fallu le XXe siècle et la spectroscopie pour les séparer en moins d'une minute. Aujourd'hui l'essentiel est acquis : le spinelle bleu est un minéral à part entière, avec sa propre chimie, son propre réseau cristallin et une rare couleur bleue née du cobalt. Et il reste nettement plus abordable que le saphir tout en lui ressemblant de très près.
À partir d'ici, rien que des faits. De quoi le spinelle est fait, comment il se forme dans la terre, où on l'extrait, comment le distinguer des pierres voisines et des contrefaçons, et comment en prendre soin. Sans ésotérisme ni promesses.
Chimie et physique : de quoi est fait le spinelle bleu
Le spinelle est un oxyde de magnésium et d'aluminium. La formule est simple : MgAl₂O₄. Le minéral a donné son nom à tout un groupe de spinelles (la magnétite et la chromite lui appartiennent par leur structure), mais la pierre de qualité gemme est justement cette variété d'aluminium et de magnésium.
La différence essentielle avec le saphir apparaît dès la composition. Le saphir est du corindon, oxyde d'aluminium Al₂O₃, et il n'y a pas de magnésium dans son réseau. Dans le spinelle, le magnésium est intégré à la structure même du cristal. De là viennent la densité différente, la taille différente et le comportement différent de la lumière.
Structure cristalline
Le spinelle cristallise dans le système cubique (isométrique). C'est le fait central pour comprendre la pierre. Un réseau cubique signifie que le spinelle est optiquement isotrope : la lumière le traverse de la même façon dans toutes les directions. Le saphir a un réseau trigonal, il est anisotrope et présente du pléochroïsme, sa teinte change selon l'angle d'observation. Le spinelle n'a aucun pléochroïsme. Une seule couleur, de tous les côtés.
La symétrie cubique dicte aussi la forme des cristaux naturels. Le spinelle pousse souvent en octaèdres bien nets, des formes à huit faces qui rappellent deux petites pyramides accolées par la base. Ces cristaux paraissent si soignés qu'on les prend parfois pour des pierres taillées de main d'homme.
Dureté, densité, optique
Sur l'échelle de Mohs, le spinelle atteint 8. C'est une pierre dure : au niveau de la topaze et nettement plus dure que le quartz (7). Seuls le corindon (saphir et rubis, dureté 9) et le diamant (10) peuvent la rayer. Pour un bijou de tous les jours, une dureté de 8 suffit largement.
La densité du spinelle avoisine 3,6 g/cm³, un peu plus légère que le corindon (autour de 4,0). Son indice de réfraction se situe entre 1,71 et 1,72, uniforme dans toute la pierre (de nouveau à cause de la structure cubique, il n'y a pas de biréfringence). La dispersion, cette décomposition de la lumière en couleurs spectrales, est modérée chez le spinelle, autour de 0,020 : plus faible que chez le diamant, mais suffisante pour qu'une pierre bien taillée joue avec vivacité.
L'éclat est vitreux. Le spinelle est transparent, souvent d'une grande pureté, et il tient bien le poli.
D'où vient le bleu
Le spinelle pur est incolore. La couleur vient des impuretés. Le spinelle rouge et rose est coloré par le chrome, parfois par le fer. Le bleu, lui, dépend surtout de deux éléments : le fer et le cobalt.
La plupart des spinelles bleus sont colorés par le fer, ce qui donne un bleu grisâtre, encré, parfois terne. En revanche, les pierres bleues les plus vives, les plus saturées, presque fluo, doivent leur couleur au cobalt. Le spinelle au cobalt est rare : le cobalt est peu présent dans la croûte terrestre, et il n'entre dans le cristal à la bonne concentration que rarement. Les exemplaires au cobalt sont les plus prisés de tous.
Le cobalt a un autre effet. Sous ultraviolet à courte longueur d'onde, une partie des spinelles bleus brille faiblement en rouge, un effet lié à des traces de chrome. Ce n'est pas un trait constant, mais il aide les gemmologues au diagnostic.
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Géologie : comment et où se forme le spinelle
Comment la pierre naît dans la terre
Le spinelle est un minéral d'origine métamorphique et magmatique. Le plus souvent, les cristaux gemmes apparaissent dans des marbres : quand des calcaires renfermant un peu d'alumine et de magnésium se retrouvent sous haute pression et température dans les zones de collision des continents, la roche carbonatée se recristallise et le spinelle y pousse, avec le corindon (saphir et rubis) tout près. Voilà pourquoi le spinelle et le saphir reposent si souvent dans les mêmes gisements : ils partagent la même cuisine géologique.
Les cristaux sont arrachés à la roche mère et s'accumulent dans des placers, des dépôts fluviaux et alluviaux où on les trouve avec d'autres gemmes lourdes. La majeure partie du spinelle de qualité gemme s'extrait justement de ces placers, en lavant le gravier.
Les principaux gisements
Le berceau historique du meilleur spinelle est la région du Badakhchan, à la frontière du Tadjikistan et de l'Afghanistan actuels. Les mines locales de la vallée du Pandj fournissaient déjà au Moyen Âge de gros spinelles rouges et roses ; c'est de là que viennent les fameuses pierres historiques que l'on a longtemps appelées « rubis balais » (balas ruby, déformation de « Balakhchan »).
Aujourd'hui, les principales sources de spinelle de qualité gemme sont :
- Myanmar (Birmanie), le district de Mogok, l'un des gisements de pierres de couleur les plus riches au monde. Il donne du spinelle d'un large éventail, dont de précieux cristaux bleus et d'un rouge profond.
- Sri Lanka (l'ancienne Ceylan), le district de Ratnapura, une ville dont le nom signifie « cité des gemmes ». Les placers donnent des saphirs, des rubis et du spinelle de toutes les teintes imaginables, le bleu compris.
- Tadjikistan et Afghanistan, le vieux Badakhchan, toujours en activité.
- Tanzanie (la zone de Mahenge), source des vives pierres d'un rouge rosé qui ont fait la réputation du spinelle ces dernières décennies.
- Vietnam, les gisements de la région de Luc Yen, qui donnent entre autres les rares spinelles au cobalt d'un bleu vif.
Les pierres bleues au cobalt de haut de gamme restent une rareté sur chacun de ces sites : pour un lot de cristaux rouges et roses, on ne compte qu'une poignée de bleus vraiment intenses.
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Histoire : la pierre dans les couronnes et les trésors
L'histoire du spinelle est en grande partie celle d'un grand malentendu. Avant que la minéralogie n'apprenne à distinguer les pierres, toute grosse gemme rouge était appelée rubis, et toute bleue, saphir. Ainsi, pendant des siècles, le spinelle s'est « caché » sous des noms d'emprunt dans les trésors les plus célèbres.
Rubis balais : le spinelle masqué en rubis
Les « rubis » historiques les plus célèbres du monde se sont révélés être des spinelles. La pierre des joyaux du couronnement britannique, connue sous le nom de « Rubis du Prince Noir », est un gros spinelle rouge des mines d'Asie ; pendant des siècles on l'a tenu pour un rubis. Bien des pierres parvenues aux trésors européens par le commerce avec l'Orient ont une histoire semblable : un beau cristal rouge était acheté comme rubis, et personne n'avait moyen de prouver le contraire.
L'origine du mot le confirme. L'ancien nom commercial du spinelle rouge, « rubis balais », vient du nom arabo-persan de la région de Balakhchan (Badakhchan), d'où venaient les pierres. Le nom lui-même signifiait « rubis de Balakhchan », et sous ce nom le spinelle a circulé pendant des siècles sur les marchés comme une sorte de rubis.
L'Orient : les Moghols et les trésors persans
En Orient, le gros spinelle jouissait d'une estime particulière. Les souverains de Perse et de l'Empire moghol collectionnaient les grosses pierres rouges, souvent polies en cabochon plutôt que taillées, et y faisaient graver les noms et les titres de leurs propriétaires. Ces pierres gravées forment une part notable des collections historiques et prouvent que le spinelle occupait une place parmi les gemmes les plus prestigieuses bien avant qu'on n'apprenne à le distinguer du rubis.
Quand les pierres furent enfin séparées
La différence entre le spinelle et le corindon réside dans la physique : densité différente, réfraction différente, le corindon a la biréfringence et le pléochroïsme alors que le spinelle n'a ni l'un ni l'autre. À mesure que la minéralogie progressait aux XVIIIe et XIXe siècles, lapidaires et savants ont accumulé ces signes, et au XXe siècle les instruments optiques et la spectroscopie ont rendu l'identification fiable et rapide. C'est alors qu'on a découvert combien de fameux « rubis » et « saphirs » étaient en réalité des spinelles.
Curieusement, la réputation de la pierre y a plutôt gagné. Quand le spinelle a cessé d'être traité comme une « erreur » et fut reconnu comme minéral à part entière, l'intérêt des collectionneurs et des joailliers est revenu. Ces dernières décennies, le spinelle s'est solidement installé sur la liste des pierres de couleur appréciées, et ses variétés bleue et rouge ne cessent de gagner en demande.
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Types et nuances du spinelle bleu
Le spinelle bleu n'est pas uniforme. La teinte dépend de l'élément qui le colore et de sa concentration.
Bleu cobalt
La variété la plus convoitée. Le cobalt donne un bleu pur, saturé, presque électrique, sans voile gris par-dessus. Ces pierres sont rares dans la nature, et les plus belles viennent du Luc Yen vietnamien et du Sri Lanka. Leur éclat et la pureté de leur couleur sont précisément ce qui vaut au spinelle bleu d'être comparé aux meilleurs saphirs.
Bleu de fer
La plupart des spinelles bleus sont colorés par le fer. La couleur ressort plus sombre, grisâtre ou encrée, dérivant parfois vers un bleu presque gris. Ces pierres sont plus abordables et plus fréquentes. Bien taillé, le spinelle bleu de fer est lui aussi beau ; il lui manque seulement cette étincelle intérieure fluo qu'apporte le cobalt.
Bleu violacé et gris bleuté
Entre le bleu et le violet s'étend une large zone de transition. Les pierres au reflet violet marqué sont parfois appelées bleu lavande. La même plage englobe les tons gris bleuté, fumés. C'est une question de proportion d'impuretés, et ces nuances offrent une gamme douce et agréable à qui trouve le bleu pur trop tranché.
Changement de couleur selon la lumière
Beaucoup de spinelles bleus changent légèrement de teinte quand la lumière change : à la lumière du jour la pierre est plus froide et plus bleue, sous la lumière chaude d'une lampe ou d'une bougie elle dérive vers le violet. C'est une propriété normale, liée à la façon dont les impuretés absorbent les différentes longueurs d'onde. Un jeu de lumière comparable fait l'un des charmes du zircon bleu, qui change lui aussi d'humeur selon l'éclairage.
Pour situer le spinelle bleu parmi les autres pierres bleues, il est commode de le placer à côté de ses voisines en vitrine. Dureté, teinte, rareté et segment de prix composent une image simple : le spinelle offre la profondeur du saphir à un prix nettement plus modeste.
Comment distinguer le spinelle bleu des pierres voisines et des contrefaçons
Beaucoup de confusion s'est accumulée autour du spinelle. Écartons d'abord les idées fausses fréquentes, puis voyons comment la pierre est réellement falsifiée.
Spinelle et saphir
La paire que l'on confond le plus. Les différences existent, et elles sont physiques :
- Optique. Le saphir est anisotrope : il a la biréfringence et le pléochroïsme, la teinte change un peu quand on tourne la pierre. Le spinelle est isotrope, sans aucun pléochroïsme. Au dichroscope, cela se voit aussitôt.
- Densité. Le saphir est plus lourd (environ 4,0 contre 3,6 pour le spinelle). Une pierre de même taille pèse sensiblement différemment dans la main.
- Dureté. Le saphir est plus dur (9 contre 8).
- Inclusions. Le spinelle renferme souvent de minuscules cristaux octaédriques, une image caractéristique sous la loupe.
La réponse exacte vient d'un laboratoire gemmologique, mais même ces signes aident à s'orienter.
Spinelle synthétique
On sait faire pousser le spinelle en laboratoire depuis le début du XXe siècle, surtout par le procédé Verneuil (on fond une poudre dans une flamme et le cristal se forme goutte à goutte). Le spinelle synthétique est chimiquement identique au naturel. C'est un matériau légitime qui a longtemps servi à la joaillerie bon marché et aux imitations d'autres pierres.
On le reconnaît à ses inclusions. Le spinelle naturel montre sous la loupe de petits cristaux, parfois des fissures cicatrisées, les traces de sa croissance dans la terre. Le synthétique est trop pur, et celui de type Verneuil présente souvent des bulles de gaz arrondies et des lignes de croissance courbes que la nature ne produit pas. En achetant du synthétique, il faut comprendre qu'on paie précisément pour lui, et non pour une pierre naturelle.
Verre
L'imitation la plus grossière, du verre coloré. Il est tendre (dureté 5 à 6), se raye facilement et, à contre-jour, laisse souvent voir à l'intérieur des bulles d'air rondes et parfois les volutes de la masse mal fondue. Le verre se réchauffe plus vite dans la main et est nettement plus « mort » dans son jeu de lumière. Un prix très bas pour une grosse « pierre » signifie presque toujours du verre.
Doublets et fonds
On glisse parfois une feuille miroir ou colorée sous une pierre dans un chaton fermé pour ajouter de l'éclat et de la couleur. Ou l'on monte un doublet, deux parties collées. L'indice de ce procédé est un chaton fermé et aveugle qui empêche de regarder la pierre à contre-jour, avec un rayonnement anormalement uniforme. Un spinelle honnête n'a pas besoin de fond.
Traitement
À la différence du saphir, le spinelle bleu n'est généralement pas chauffé ; il est déjà beau tel qu'il sort de la nature, et c'est l'un de ses mérites. Si un vendeur assure qu'une pierre a été « rehaussée pour la couleur », mieux vaut demander des précisions : pour le spinelle, ce n'est pas habituel.
Comment choisir un spinelle bleu : à quoi regarder
Le spinelle s'évalue selon les quatre mêmes critères que toute pierre de couleur : couleur, pureté, taille, poids. Mais l'ordre d'importance lui est propre, et il y a des subtilités faciles à manquer.
La couleur décide presque tout. Dans le spinelle bleu, on apprécie la saturation et la pureté du ton. L'idéal est un bleu profond avec un léger reflet bleu clair ou un soupçon de violet, sans trouble gris. Le voile grisâtre que donne souvent le fer fait chuter le prix plus que tout autre défaut. Tournez la pierre : un bon spinelle garde son bleu uniforme dans tout son volume, au lieu de ne luire de couleur qu'au centre.
La fenêtre. Approchez la pierre d'un texte ou d'un motif. Si l'on voit le fond à travers le centre, la taille est trop plate et la lumière passe au travers sans se réfléchir vers l'œil. Cette « fenêtre » éteint la couleur et l'éclat. Un spinelle bien taillé réfléchit la lumière depuis sa table et semble empli de lumière de l'intérieur.
Pureté. Le spinelle est souvent pur à l'œil nu, et c'est l'un de ses atouts. De petites inclusions sous la loupe sont admises et servent même de preuve d'origine naturelle, mais les fissures visibles à l'œil nu et les points sombres au centre de la table réduisent à la fois la beauté et la solidité. Les inclusions près du bord, sous le chaton, comptent moins.
Taille et proportions. En raison de sa structure cubique, le spinelle n'est pas pléochroïque, si bien que le lapidaire n'a pas à aligner un axe sur la couleur comme avec le saphir. Cela simplifie la taille, et les bonnes proportions sont plus fréquentes chez le spinelle. Un facettage symétrique et sans travers donne un jeu de lumière régulier.
Taille en carats. Les spinelles bleus purs au-delà de deux ou trois carats sont rares, ceux au cobalt surtout. Le prix au carat grimpe avec le poids non pas en douceur, mais par paliers : une pierre de trois carats coûte au carat nettement plus qu'une autre de même qualité d'un carat, tout simplement parce que les gros cristaux se rencontrent moins.
Ce qui détermine la valeur du spinelle bleu
Le prix du spinelle bleu se compose de plusieurs facteurs, et les comprendre aide à ne pas trop payer et à ne pas laisser filer une belle pierre.
Cobalt contre fer. C'est la grande ligne de partage. Un spinelle au cobalt d'un bleu fluo vif coûte plusieurs fois plus qu'un gris bleuté au fer de même taille. La différence de couleur est évidente à l'œil, et le laboratoire confirme le cobalt par spectroscopie.
Origine avec certificat. Pour les pierres rares, un laboratoire peut indiquer le pays d'extraction. Le Luc Yen vietnamien comme source de bleu cobalt vif se cote à part. Un certificat d'un laboratoire gemmologique réputé sur une grosse pierre s'amortit : il confirme à la fois l'origine naturelle et l'absence de traitement.
Naturalité et absence de rehaussement. Comme le spinelle bleu n'est généralement pas chauffé, un document « sans traitement » est la norme pour lui, et non une rareté. Mais c'est justement pourquoi toute pierre « rehaussée » mérite la méfiance : cela en abaisse la valeur.
En quoi le spinelle l'emporte sur le saphir côté prix. Le saphir passe presque toujours par un traitement thermique pour améliorer la couleur, et un saphir naturel non traité coûte cher. Un spinelle du même bleu profond l'est naturellement dès le départ, et pourtant moins cher. L'acheteur obtient une rareté sans traitement pour une somme plus modeste. La même logique du choix avisé fonctionne avec la tanzanite et avec les zircons bleus.
Spinelle étoilé et effet œil-de-chat
De temps à autre, le spinelle montre des effets optiques nés des inclusions. Si de très fines aiguilles (généralement du rutile) s'alignent à l'intérieur de la pierre en rangs parallèles, la lumière réfléchie sur elles se concentre en une bande. Un seul jeu d'aiguilles donne un « œil-de-chat » (chatoyance), une ligne de lumière qui glisse sur le cabochon. Plusieurs systèmes croisés donnent une étoile de rayons, comme chez les saphirs étoilés.
Ces pierres ne se taillent pas à facettes mais en cabochon, un dôme lisse, sinon l'effet n'apparaît pas. Le spinelle bleu étoilé est une grande rareté que l'on trouve surtout chez les collectionneurs. Dans le commerce courant il n'apparaît presque jamais, mais il est utile de connaître le phénomène : un cabochon bleu lisse traversé d'une étoile ou d'une bande de lumière n'est ni un défaut ni une contrefaçon, mais un précieux jeu naturel.
Entretien du spinelle bleu
Une dureté de 8 fait du spinelle une pierre commode pour le port quotidien. Il est plus résistant que la plupart des gemmes de couleur et ne craint pas les contacts du quotidien. Quelques règles prolongeront toutefois la vie du bijou.
Nettoyage
Le moyen le plus sûr : de l'eau tiède avec une goutte de savon doux et une brosse souple (une brosse à dents à poils souples convient). Nettoyer doucement, rincer à l'eau claire, sécher avec un chiffon doux. Cela suffit pour toute salissure domestique.
Le nettoyage par ultrasons et par vapeur est à éviter, surtout si la pierre a des inclusions ou de fines fissures : la vibration et un changement brusque de température peuvent les ouvrir. La pierre n'a pas besoin de produits chimiques agressifs.
Rangement
Le spinelle est dur et peut lui-même rayer les pierres plus tendres posées à côté : perle, opale, turquoise. Et inversement, le saphir ou le diamant le rayeront. Mieux vaut donc ranger le bijou à part : dans une pochette douce ou un compartiment dédié d'un écrin. À l'écart du soleil direct et des sources de forte chaleur.
Confort de port
Au quotidien, une bague à spinelle supporte presque tout, mais un choc direct contre une surface dure ne plaît à aucune pierre facettée : un coup sec peut ébrécher l'arête d'une facette. Avant le sport, les gros travaux manuels ou le ménage avec des abrasifs, il est raisonnable de retirer le bijou. La forte chaleur (flamme nue, soudure à proximité) est aussi à éviter.
Symbolique : ce que disent les traditions
Ici, brièvement et honnêtement. Le spinelle, comme bien des pierres bleues, traîne un sillage de croyances : dans différentes traditions, on l'a associé à la clarté de pensée, au calme, à la communication. La pierre n'a aucune action physique ou curative prouvée ; aucune étude sérieuse ne confirme rien de tel. Le spinelle mérite d'être porté parce qu'il est beau et agréable, non pour un effet qui n'existe pas.
Le rôle historique de la pierre est plus prosaïque que tout ésotérisme et, pour autant, plus intéressant : le spinelle a été un symbole de statut pendant des siècles simplement parce qu'une grosse gemme pure coûtait cher et ornait les couronnes. C'est là sa véritable « signification ».
Avec quoi porter le spinelle bleu
Le spinelle bleu est commode parce que le bleu s'entend avec presque toute la garde-robe. La même pierre se lit pourtant différemment selon l'endroit où l'on va et ce que l'on porte.
Au quotidien, choisissez un petit spinelle en puces d'oreilles ou en bague fine. Il fonctionne avec une chemise blanche, un pull gris, un jean. La pierre accroche la lumière quand on tourne la tête, et cela suffit : la tenue reste posée sans être vide. Plus le tissu voisin est clair, plus le bleu ressort, c'est pourquoi le spinelle est particulièrement beau sur le blanc, le crème, le gris clair.
Au bureau, le spinelle bleu convient presque à la perfection. Il est sobre sans être terne. Un pendentif sur une chaîne de longueur moyenne se pose à l'encolure d'un chemisier, et une bague à pierre unique a l'air soigné en réunion d'affaires. Les tons froids des vêtements (bleu, gris, anthracite) soutiennent la pierre, le beige chaud adoucit le contraste.
Pour une sortie en soirée, le spinelle bleu mérite un rôle plus en vue. Un décolleté profond, une robe sombre (noire, lie-de-vin, émeraude) et un pendentif à grosse pierre au creux des clavicules créent le cas où le bijou devient le centre de la tenue. À la lumière des bougies et sous les lustres, le spinelle dérive vers un reflet violet, et cela joue en votre faveur : la pierre semble changer d'humeur avec la soirée. Des boucles pendantes ajoutent du mouvement.
Pour les accords avec le métal, tenez-vous-en à la gamme froide : l'or blanc, l'argent, le platine font ressortir le bleu. L'or jaune donne un effet plus chaud, d'esprit ancien, et c'est affaire de goût. La perle à côté adoucit la tenue, les pierres incolores ajoutent de l'éclat. Des chaînes fines superposées conviennent tant que le spinelle reste le premier rôle et que le reste se tait. Le spinelle bleu va à qui aime une profondeur sobre plutôt qu'un éclat tapageur. Par la même logique de la beauté choisie sans payer trop cher, le zircon incolore fonctionne aussi, tout comme la rare tanzanite.
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Questions fréquentes sur le spinelle bleu
En quoi le spinelle bleu diffère-t-il du saphir bleu ?
Ce sont des minéraux différents. Le saphir est du corindon (Al₂O₃), tandis que le spinelle est un oxyde de magnésium et d'aluminium (MgAl₂O₄). Le saphir a un réseau trigonal, la biréfringence et le pléochroïsme ; le spinelle a un réseau cubique et une absence totale de pléochroïsme. Le saphir est plus dur (9 contre 8) et plus lourd (densité autour de 4,0 contre 3,6). À beauté comparable, le spinelle est d'ordinaire plus abordable que le saphir.
Peut-on porter le spinelle tous les jours ?
Oui. Une dureté de 8 sur l'échelle de Mohs le rend adapté aux bijoux du quotidien, bagues comprises. Il suffit d'éviter les chocs directs et les abrasifs.
Qu'est-ce qui colore le spinelle bleu ?
Deux éléments. Le fer donne un bleu plus sombre et grisâtre, et ces pierres sont plus fréquentes. Le cobalt donne un bleu vif, pur, presque fluo. C'est la variété rare et la plus précieuse.
D'où vient le meilleur spinelle ?
Historiquement du Badakhchan, à la frontière du Tadjikistan et de l'Afghanistan. Aujourd'hui, le spinelle de qualité gemme s'extrait aussi au Myanmar (Mogok), au Sri Lanka (Ratnapura), en Tanzanie (Mahenge) et au Vietnam (Luc Yen).
Est-il vrai que les fameux « rubis » des couronnes se sont révélés être des spinelles ?
Oui. Plusieurs « rubis » historiques célèbres se sont avérés, par leur composition, être du spinelle rouge. Avant l'arrivée des instruments, une grosse pierre rouge était simplement appelée rubis, et l'ancien nom commercial du spinelle, « rubis balais », venait du nom de la région de Balakhchan.
Le spinelle synthétique existe-t-il ?
Oui, on le cultive depuis le début du XXe siècle, le plus souvent par le procédé Verneuil. Par sa composition, il est identique au naturel. On le distingue aux inclusions : le synthétique peut présenter des bulles de gaz arrondies et des lignes de croissance courbes, alors que le naturel renferme de minuscules cristaux caractéristiques.
Le spinelle est-il chauffé ?
En général, non. À la différence de la plupart des saphirs, le spinelle bleu se vend plus souvent sans rehaussement de couleur. C'est l'un de ses mérites.
Comment nettoyer le spinelle à la maison ?
De l'eau tiède, une goutte de savon doux, une brosse souple. Rincer et sécher avec un chiffon. Les ultrasons et la vapeur sont à éviter, surtout si la pierre a des inclusions.
Le spinelle se décolore-t-il au soleil ?
Non, la couleur du spinelle est stable à la lumière. Le ranger à l'abri du soleil relève de la bonne pratique générale, non d'un risque de décoloration.
Le spinelle convient-il pour une bague de fiançailles ?
Oui. Une dureté de 8 et une bonne solidité en font un choix raisonnable pour une bague portée en permanence. Un chaton en or blanc, platine ou argent fera ressortir le bleu.
Bagues, boucles d'oreilles et pendentifs à pierres bleues en argent 925 et en or, avec gravure possible.
À propos de Zevira
Le spinelle bleu est une pierre honnête. On l'a pris pour un saphir pendant des siècles non par tromperie, mais parce qu'il est réellement beau : un bleu profond, un éclat net, une dureté qui tient au port quotidien. Aujourd'hui, il n'a besoin de se faire passer pour personne.
Le catalogue Zevira propose des bijoux à pierres bleues en argent 925 et en or. Le métal froid fait ressortir le bleu, et la forme du chaton est pensée pour que la pierre soit protégée tout en révélant sa couleur. Si l'on veut un bleu profond sans payer trop cher, le spinelle, c'est exactement cela.


















