
Collier plastron : le collier multirang massif qui couvre le buste en éventail
Le plus lourd des ornements de poitrine de l'Égypte ancienne pesait plus d'un kilogramme et se fixait avec un contrepoids dans le dos, sinon il tirait sa propriétaire vers l'avant. Trois mille cinq cents ans plus tard, le principe n'a pas changé : le collier plastron reste d'abord une affaire de poids et d'équilibre, et seulement ensuite de beauté. C'est un bijou qui ne complète pas une tenue, il la devient.
Le plastron, ou bib selon la tradition anglo-saxonne (du mot qui désigne le bavoir, à cause de sa forme d'éventail sur la poitrine), est un collier multirang massif qui descend du cou vers le décolleté et couvre le haut du buste d'une nappe pleine ou presque pleine. Pas une chaîne fine avec un pendentif, pas un rang de perles, mais une structure large qui tient sa forme et se lit à travers toute une pièce. On ne le porte pas tous les jours, et c'est en partie tout le sens de l'objet.
Cet article explique en quoi le plastron diffère du collier ras-de-cou, du collier chien et des sautoirs multirangs, d'où il vient (du oushebti pectoral égyptien ousekh jusqu'à l'Art déco et au renouveau ethnique), comment le porter pour qu'il soit le soliste plutôt qu'un poids, et à qui il va selon le cou et la silhouette. Et, à part, ce dont on ne parle presque jamais : le poids, le confort et la façon de ne pas emmêler les rangs au rangement.
Qu'est-ce qu'un collier plastron
D'où vient le mot bib et pourquoi on parle de plastron
Le mot anglais bib désigne dans la vie courante un bavoir d'enfant. Dans le vocabulaire de la joaillerie, le terme s'est imposé à cause de la forme : le bijou repose en éventail sur la poitrine exactement là où le tout-petit porte son bavoir, et couvre à peu près la même surface. En français, on parle de collier plastron, ou simplement de plastron, par analogie avec la pièce de tissu qui couvre le devant du buste. On entend parfois aussi collier pectoral ou collier éventail quand les rangs s'écartent vers le bas.
L'idée reste la même : le bijou occupe la zone qui va de la base du cou au début du décolleté et fonctionne comme une plaque entière ou comme une cascade dense, pas comme une ligne. Un collier ordinaire, on le porte. Un plastron, on l'endosse. La différence ne tient pas à la longueur, mais à la surface couverte et au fait que cette pièce dicte elle-même le reste de la tenue.
À quoi ressemble un plastron : éventail, surface, centre de gravité
La silhouette classique s'élargit vers le bas. Près du cou, les rangs ou les éléments sont resserrés, près du fermoir, puis s'écartent en éventail vers le centre de la poitrine, formant un triangle ou un demi-cercle pointe en haut. La partie la plus large et souvent la plus ornée tombe au centre du décolleté : c'est là que se concentrent les grosses pierres, les pendeloques, les franges ou le tissage le plus dense.
La particularité principale, celle qu'on ne voit pas tout de suite : le plastron a un centre de gravité marqué vers l'avant. Il repose sur la poitrine, il ne pend pas au cou comme un balancier. Un plastron bien conçu est donc toujours pensé en termes d'équilibre, pour ne pas remonter vers la gorge ni glisser de côté. Les modèles ethniques et historiques recouraient pour cela à un contrepoids dorsal, les modèles actuels répartissent le poids sur un arc et allègent l'envers.
En quoi le plastron diffère d'un collier ordinaire et d'un pendentif
Le pendentif est un accent sur un seul point : une pierre ou un symbole sur une chaîne, le reste du buste et du cou restant à découvert. Un collier de longueur moyenne dessine une ligne sur le décolleté. Le plastron, lui, remplit une surface. On ne voit pas le tissu de la robe à travers, dans la zone qu'il recouvre, et là réside tout l'effet.
À cause de cette surface, le plastron est presque toujours la pièce maîtresse de la tenue. Un pendentif peut entrer dans un jeu de superposition avec d'autres chaînes, le plastron ne le supporte pas : à côté de lui, tout autre bijou de cou devient superflu. C'est un bijou soliste, et il faut construire la tenue autour de lui, pas l'inverse.
Plastron, ras-de-cou, collier chien et perles : comment ne pas confondre
Le collier ras-de-cou (collar) : il entoure le cou, pas la poitrine
Le ras-de-cou, ou collar, se porte haut et entoure la base du cou comme un anneau, à la manière d'un col montant de chemise. Il est rigide ou semi-rigide, garde une forme ronde et ne descend presque pas sur la poitrine. Le plastron, à l'inverse : près du cou il peut être tout étroit, tandis que toute la masse part vers le bas, sur la poitrine. En gros, le ras-de-cou dessine une horizontale à la gorge, le plastron remplit la zone verticale du décolleté.
Parfois le plastron naît d'un ras-de-cou : le haut tient le cou, le bas s'épanouit en éventail sur la poitrine. C'est alors un hybride, plus difficile à porter, car il commande à la fois la ligne du cou et la surface de la poitrine.
Pour se repérer, une seule question : où se trouve la masse du bijou. Si l'essentiel du poids et de la surface se concentre dans le cercle autour du cou, c'est un ras-de-cou. S'il descend et couvre la poitrine, c'est un plastron, même s'il commence à la gorge par une bande étroite.
Le collier chien (chocker) : longueur à la gorge, sans masse sur la poitrine
Le collier chien, ou chocker, est un collier court serré contre le cou, d'environ 35 à 40 cm. Il peut être étroit comme un ruban ou assez large, mais dans tous les cas il reste sur le cou et ne couvre pas la poitrine. Le plastron peut débuter comme un collier chien à la gorge, mais tout son sens tient à ce qui se trouve en dessous. Si toute la masse du bijou reste sur le cou et que rien ne descend sur le décolleté, c'est un collier chien, pas un plastron. Pour situer les frontières de longueur entre les différents colliers, on peut se reporter au guide des longueurs de chaîne.
Les sautoirs multirangs : fils souples contre éventail entier
C'est précisément ici que naît la confusion la plus fréquente. Les sautoirs multirangs sont plusieurs fils souples de longueurs différentes qui reposent librement en cascade. Ils sont mous, suivent la silhouette, chaque rang vit pour son compte. Le plastron tient sa forme comme une nappe unique : les rangs sont reliés entre eux par des traverses, une base ou un tissage, l'éventail ne s'effondre pas et ne s'emmêle pas entre les fils.
Pour le dire simplement : des perles, on peut les torsader, les nouer, les rallonger, alors qu'un plastron repose toujours tel qu'il a été conçu, parce que c'est une construction, pas un assemblage de fils. Si la cascade souple de fils vous parle davantage, voyez l'analyse dédiée au collier multirang en pierres naturelles. Le plastron parle d'autre chose : d'une forme entière, qui se voit d'emblée.
Le collier rivière et le collier barrette : ligne contre surface
Il vaut la peine de distinguer le plastron de deux formats voisins, pour ne pas tout mélanger. La rivière est un seul rang de pierres d'éclat identique sur toute sa longueur, une fine ligne scintillante sur le décolleté, qui ne couvre aucune surface. La barrette est un bâtonnet horizontal ou vertical sur une chaîne, un accent minimaliste. Le plastron s'oppose aux deux : ni ligne ni point, mais masse. Si c'est justement une ligne scintillante que vous cherchez, plutôt qu'une nappe, voyez l'analyse consacrée au collier rivière.
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Histoire du plastron : du ousekh égyptien à nos jours
L'Égypte ancienne : le pectoral ousekh, premier plastron
L'ancêtre direct du plastron est né sur les rives du Nil. Le pectoral égyptien s'appelait ousekh (on l'écrit aussi ousekh ou wesekh, ce qui signifie « large »). C'était un large collier pectoral semi-circulaire que l'on posait sur les épaules et la poitrine en une nappe pleine de rangs de perles : faïence, cornaline, turquoise, lapis-lazuli, or. Les rangs suivaient des arcs concentriques du cou vers la poitrine et se terminaient souvent par une bordure de pendeloques en gouttes ou de fleurs de lotus.
L'ousekh se portait par les vivants comme par les morts. Sur les pharaons, il signifiait le statut et le lien avec les dieux, sur les momies il protégeait la poitrine dans le voyage de l'au-delà. Les plus solennels étaient si lourds qu'un seul fermoir au cou ne suffisait pas : on fixait à l'arrière un contrepoids menat, élément décoratif qui pendait dans le dos pour que le collier ne tire pas vers l'avant et garde sa forme. C'est la première réponse d'ingénierie à un problème avec lequel le plastron vit encore : une masse à l'avant exige un équilibre à l'arrière.
Les couleurs de l'ousekh portaient un sens, chaque nuance signifiait quelque chose. Le lapis-lazuli bleu disait le ciel et l'eau, la turquoise et la faïence vertes la renaissance et la vie, la cornaline rouge le sang, l'énergie et la protection. L'éventail semi-circulaire fait de rangs de ces pierres transformait la poitrine en une sorte de carte du monde de l'Égyptien, où chaque couleur tenait sa place. On trouvait des pectoraux en or dans les tombes des nobles, et par l'état de conservation des perles les archéologues reconstituent encore aujourd'hui la façon précise dont on les enfilait, rang après rang, du cou jusqu'au bord inférieur le plus large. Certains de ces colliers nous sont parvenus presque intacts, et ils montrent à quel point ce travail était complexe : des milliers de petites perles dans un ordre strict de couleur et de taille.
Les plastrons ethniques : Afrique, Inde, Asie centrale, peuples amérindiens
Le plastron est apparu de façon indépendante dans des dizaines de cultures, parce que l'idée est simple et forte : couvrir la poitrine d'un bijou, c'est montrer la richesse de sa lignée et protéger un endroit vulnérable. Chez les peuples d'Afrique, on tissait les plastrons en perles selon des motifs colorés complexes, et le dessin se lisait comme une langue : âge, statut, tribu. Chez les Masaïs, les disques plats de perles se portent encore comme une part de la parure de mariage et de fête.
En Inde, les lourds plastrons d'or sertis de pierres faisaient partie de la parure de mariage et de la dot, mesure de la richesse de la famille. En Asie centrale et chez les nomades, on forgeait les plastrons en argent avec de la cornaline et des pendeloques en pièces de monnaie, et le tintement du métal à la marche passait pour une protection. Chez les peuples des Grandes Plaines, les plastrons en hairpipe étaient faits de longs tubes d'os disposés en rangs serrés sur la poitrine, et c'était une parure guerrière masculine. Partout le même principe : la poitrine est l'endroit que l'on orne et protège avec ce qu'on a de plus massif.
Fait intéressant : dans bien des cultures, le plastron n'était pas un caprice personnel, mais une valeur familiale que l'on transmettait par héritage et que l'on portait seulement aux grandes occasions. Les plastrons nomades en argent ornés de pièces étaient à la fois bijou et épargne : dans une année difficile, on pouvait détacher les pièces et les remettre en circulation. Le plastron de mariage indien passait de la belle-mère à la belle-fille. Cet objet n'était presque nulle part quotidien, et l'habitude de ne sortir le plastron que pour une occasion est née bien avant nous.
Les années 1920 et l'Art déco : géométrie et cascades
Dans les années vingt du siècle passé, le plastron connut un essor dans un langage neuf. L'Art déco aimait la géométrie, la symétrie et le contraste, et le large collier sur une poitrine découverte s'inscrivit à merveille dans cette esthétique. Les robes au dos profondément échancré et aux épaules dénudées appelaient un grand bijou à l'avant. Les artisans assemblaient les plastrons à partir de maillons géométriques stricts, de cascades de franges, du contraste du noir et du blanc, du diamant avec l'onyx et le corail. C'était l'époque où le collier massif sur un cou découvert devenait le signe de la femme moderne et émancipée.
Les colliers de statut du milieu du XXe siècle
Dans les années quarante et cinquante, le grand collier de poitrine s'imposa comme un symbole du chic du soir. Les robes aux épaules dénudées et au décolleté ouvert demandaient à remplir la poitrine, et le plastron de gros strass, de verre coloré, de métal doré devint la signature d'une tenue habillée. C'était l'époque où la grande joaillerie de fantaisie ne le cédait en rien au prestige des vraies pierres : la forme et l'éclat comptaient, le matériau passait au second plan. Le plastron devint alors définitivement ce qu'il reste aujourd'hui : un bijou d'occasion, de sortie, de photographie.
Le renouveau ethnique et l'époque actuelle
Depuis la fin du XXe siècle, l'intérêt pour les bijoux ethniques a ramené le plastron à la mode, mais cette fois comme un choix assumé. Les créateurs ont puisé dans la perle africaine, l'or indien, l'argent nomade, et le plastron est devenu une façon de parler de soi avec éclat et sans un mot. Aujourd'hui, le plastron vit dans deux mondes à la fois : collier d'apparat pour le soir, et accent ethnique dans une tenue libre et bohème. Dans les deux cas, son rôle est le même, il est au centre.
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Les types de collier plastron
L'éventail rigide : une forme entière qui tient la ligne
Le type le plus « sculptural ». La base est rigide ou semi-rigide, l'éventail garde sa forme de lui-même, sans s'adapter à la silhouette. Un tel plastron repose comme une cuirasse, se lit de façon nette et graphique, parfait sous des robes lisses et unies. Un seul inconvénient : il est moins « docile », et si sa forme ne convient pas à votre cou, impossible de la rectifier. En revanche, c'est le plus cher d'aspect et le plus rigoureux de tous.
Les chaînes en cascade : rangs mobiles et mouvement
Ici l'éventail est composé d'une multitude de chaînes ou de fils de maillons de longueurs différentes, reliés par le haut. Chaque rang est mobile, et à la marche le plastron vit, joue de reflets, tinte légèrement. Il épouse plus souplement la silhouette, pardonne les poitrines et les cous variés, paraît un peu moins d'apparat et un peu plus portable. C'est le type le plus polyvalent pour qui essaie le plastron pour la première fois.
Le textile et pierres : une base de tissu ou de dentelle
Un plastron sur base de tissu, de dentelle ou de tulle, sur laquelle sont cousus pierres, perles, paillettes, cabochons. Léger, souple, il s'ajuste au corps comme une part du vêtement. Ce type est plus proche de la haute couture et du costume de scène, il est spectaculaire à l'image et sur scène, mais il demande un soin attentif : le tissu craint les accrocs et l'eau.
Le tissage de perles : caractère ethnique et bohème
Héritier direct des plastrons africains et nomades. Un tissage dense de rocailles, de tubes de verre et de petites perles dessine un motif ou un dégradé de couleur. Chaleureux, fait main, plein de caractère. Le poids est modéré, la portabilité élevée, mais le tissage n'aime ni les accrocs ni les à-coups : une seule perle arrachée tire tout le rang. En revanche, aucun autre bijou ne donne une couleur aussi vivante.
Un bon plastron de perles est toujours monté sur un fil ou un nylon solide, avec une bordure travaillée pour que les rangs extérieurs ne s'effilochent pas. Sur les modèles africains denses, la base tient d'elle-même grâce à la technique de tissage, sur les plus légers une base souple épouse la silhouette. Au choix, il vaut la peine de vérifier précisément les bords et le fermoir : ce sont les points faibles, là où le plastron de perles s'use en premier.
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Les matériaux du plastron
Le métal : poids, éclat et longévité
Le plastron de métal est le plus solide et le plus « cher » d'aspect. L'argent offre un éclat froid et noble et une pesanteur agréable, le métal doré un rayonnement chaud pour le soir. La question principale avec le métal, c'est le poids : un éventail de métal plein peut se révéler lourd, c'est pourquoi les bons modèles sont creux ou ajourés, pour ôter les grammes superflus. Sur l'argent comme matériau et son titre, voyez l'analyse détaillée de l'argent 925.
Pierres et cristaux : là où il y a éclat, il y a poids
Les pierres et les strass donnent au plastron l'essentiel de ce pour quoi on le met le soir : l'éclat et le jeu de la lumière sur toute la surface de la poitrine. Plus les pierres sont grosses et serrées, plus l'effet est fort et plus le poids augmente. Une règle simple s'applique ici : si l'on veut un maximum d'éclat, il faut accepter d'avance que le bijou se fera sentir, et choisir un chaton allégé ou une cascade mobile plutôt qu'une plaque pleine.
Il faut aussi comprendre le sertissage. Dans un plastron, les pierres se comptent par dizaines, et chacune tient sur une multitude de petites fixations toutes sollicitées. Un sertissage fiable, clos ou à griffes, dure longtemps, un collage bon marché perd ses pierres rang après rang avec le temps. Dans un plastron, ce n'est donc pas la taille d'une pierre isolée qui compte le plus, mais la solidité avec laquelle tient toute la semis, sinon en un an l'éventail se retrouve troué.
Perles de rocaille et tubes de verre : légèreté et couleur
La rocaille rend le plastron le plus léger et le plus « coloré ». Elle donne aussi bien des motifs ethniques que des dégradés doux, presque des nappes picturales. Le poids est minimal, le port confortable. La rançon de cette légèreté tient à la fragilité du tissage et au fait qu'un plastron de perles se prête mieux à une tenue bohème et ethnique qu'à un soir rigoureux.
L'émail : une couleur qui ne ternit pas
L'émail sur métal donne une couleur dense et profonde qui ne passe pas et ne ternit pas avec le temps, à la différence du métal peint. Un plastron émaillé a l'air cher et graphique, surtout dans la géométrie Art déco. Il faut le préserver des chocs : un éclat d'émail ne se répare pas aussi facilement qu'un polissage de métal.
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Comment porter un plastron : le décolleté décide de tout
La règle d'or : un fond uni et un cou découvert
Le plastron est déjà chargé en lui-même, tout le reste doit donc se taire. Le meilleur fond pour lui, c'est un tissu lisse et uni, sans motif, sans col, sans volants dans la zone de la poitrine. Un motif sous le plastron se transforme en bruit visuel, et le bijou s'y noie. Le noir, le blanc, une couleur unie saturée sont la toile idéale qui laisse l'éventail se lire avec netteté.
Et deuxièmement : le cou et la zone du décolleté doivent être dégagés. Le plastron a besoin de peau nue au-dessus et autour de lui, sinon il se confond avec le vêtement. Un cou découvert, c'est la moitié de l'effet.
Sous quel décolleté : col en V, bateau, bandeau, épaules dénudées
Le décolleté en V reprend le triangle du plastron et fonctionne avec presque toutes ses formes, l'éventail se loge dans l'ouverture du décolleté comme un gant. Le décolleté bateau donne une horizontale nette aux clavicules, et lui va bien un plastron qui s'élargit lui-même vers le bas : naît alors un beau contraste de lignes. Le bustier bandeau et les épaules dénudées sont le fond le plus payant : un champ de peau continu, sur lequel le plastron joue en soliste sans obstacle.
Ce qu'il faut éviter : col montant jusqu'à la gorge, fronces et drapés sur la poitrine, grand col. Ils se disputent avec le plastron la même place, et les deux y perdent.
À part, sur la couleur du fond. Une robe noire donne au plastron le contraste le plus net, surtout si l'éventail est clair ou scintillant. Le blanc et le pastel travaillent plus doucement et plus habillé, et leur va bien un plastron de pierres colorées ou d'émail. Une couleur unie saturée, émeraude, lie-de-vin, bleue, transforme un plastron neutre de couleur en un bijou qui se lit comme une pierre précieuse. Ce qu'il ne faut surtout pas, c'est poser un plastron de couleur vive sur une robe de couleur vive : deux couleurs fortes s'éteignent l'une l'autre.
Ce qu'il faut éviter : cols, motifs et superposition
Le plastron est incompatible avec la superposition au cou. Aucune chaîne, pendentif ou rang de perles supplémentaire par-dessus ou dessous, il est à lui seul toute la couche du haut. C'est le contraire du layering, et si les tenues à plusieurs couches vous parlent davantage, mieux vaut réserver le plastron à une occasion à part. La logique de l'association de plusieurs bijoux est détaillée dans le guide de la superposition, mais avec le plastron la règle est simple : il est seul.
Pour quelles occasions le plastron est à sa place
Le soir et la cérémonie
Le terrain de prédilection du plastron, c'est la sortie du soir, la cérémonie, la réception. Là où la robe dégage les épaules et la poitrine, là où l'éclat est de mise, le plastron se révèle pleinement. Il élève instantanément une simple robe noire au niveau d'un événement et dispense de tout autre bijou.
La séance photo et la scène
À l'image, le plastron fonctionne à coup sûr : il est grand, se lit même en plan large, tient la composition près du visage. Les photographes et les stylistes l'aiment précisément pour cela. Sur scène et en prise de vue, le poids importe moins que l'effet, c'est pourquoi les modèles les plus massifs et théâtraux, un peu lourds dans la vie courante, sont ici à leur place.
La tenue ethnique et le style bohème
Un plastron de perles ou d'argent à pendeloques est le cœur de la tenue ethnique et bohème. Il s'y accorde avec les tissus fluides, le lin, la soie, les teintes naturelles, et donne lui-même le ton. Dans ce contexte, le plastron n'est pas du soir mais du jour, et chargé de sens : signe d'un goût pour le fait main et l'ethnique.
Le mariage et le rôle d'invitée
Cas à part : le mariage. Le plastron va à la mariée si la robe dégage les épaules et la poitrine sans surcharge de dentelle en haut : il remplace alors le collier et une partie du décor du corsage. À l'invitée aussi le plastron sied, mais ici le tact joue : le bijou ne doit pas se disputer avec la tenue de la mariée ni attirer l'attention sur soi lors de la fête d'autrui. Un plastron de perles léger ou sobre de couleur convient mieux à ce rôle qu'un massif éventail scintillant.
Quand le plastron est de trop
Il faut dire aussi l'envers, honnêtement. Sous un tailleur de travail, dans un bureau exigu, en pleine course, le plastron est déplacé : trop bruyant et trop exigeant. C'est un bijou d'occasion, pas de fond. Tenter de le porter « comme ça » finit d'ordinaire par le laisser dans son écrin : trop visible pour chaque jour. Autre erreur fréquente : mettre un plastron sous un vêtement de dessus ou une veste qui couvre la poitrine. L'éventail doit reposer en entier sur un tissu dégagé, sinon on n'en voit que le bord supérieur, et tout le travail du bijou reste caché.
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L'équilibre avec le reste de la tenue
Des boucles d'oreilles au minimum : le plastron est déjà soliste
Règle de fer : si un plastron est sur la poitrine, presque rien aux oreilles. Les grandes boucles entrent avec lui en bataille pour l'attention près du visage, et la tenue devient surchargée. L'idéal, ce sont les clous, les petites puces, ou des lobes carrément nus. De petites boucles dans le ton du matériau du plastron sont admises, mais les longues pendeloques et les chandeliers sous un plastron sont à proscrire absolument.
Cheveux relevés : dégager le cou et la ligne des épaules
Le plastron a besoin d'espace. Des cheveux lâchés, tombant sur la poitrine, recouvrent l'éventail et mangent tout l'effet. C'est pourquoi le plastron demande presque toujours des cheveux relevés : chignon, coiffure lisse en arrière, queue haute. Le cou découvert et la ligne des épaules sont la scène sur laquelle le plastron joue. Les cheveux sur la poitrine sont le rideau qui ferme cette scène.
Bagues et bracelets : possibles, mais en sourdine
Les mains ne gênent pas le plastron, elles sont loin de la zone de conflit. Une bague et un bracelet sont tout à fait de mise, s'ils sont calmes et dans la même gamme de métal. L'essentiel, c'est de ne pas en faire un événement à part : le plastron a déjà pris le rôle principal, le reste ne fait que soutenir.
À qui va le plastron : cou, silhouette, taille
La longueur du cou : un cou long aime, un cou court demande de la prudence
Un cou haut et long est le meilleur écrin pour le plastron : au-dessus de l'éventail reste un espace dégagé, et le bijou se lit dans toute sa force. Un cou court est plus délicat : un plastron qui commence haut à la gorge le raccourcit visuellement encore davantage. Il y a une solution : pour un cou court, on prend un plastron qui commence plus bas, en laissant à la gorge un pan de peau découvert, et qui s'écarte en éventail déjà sur la poitrine, et non au menton. Il ne pèse alors pas sur le cou, il étire la silhouette.
La forme du visage et la ligne des épaules
Le plastron travaille de pair avec le visage : un large éventail équilibre un visage étroit, et un plastron triangulaire pointu adoucit un visage rond. La ligne des épaules compte aussi : de larges épaules portent aisément un plastron massif, des épaules étroites s'entendent mieux avec un éventail qui se resserre vers le bas et n'ajoute pas d'horizontale. La façon dont la forme du bijou près du visage joue avec le type de visage est détaillée dans le guide des bijoux selon la forme du visage.
Silhouette et taille : l'échelle doit coïncider
Une règle d'échelle simple : à une personne grande, charpentée, à la stature imposante va un grand plastron, à une personne menue un éventail plus petit et plus léger, sinon le bijou la « porte », et non l'inverse. Une poitrine pleine porte le plastron avec effet, mais demande que l'éventail ne s'arrête pas pile en son milieu, mieux vaut plus haut ou nettement plus bas. C'est une question de proportion : le plastron doit être à la mesure du corps, alors il pare, il ne déséquilibre pas.
On peut vérifier la proportion par un test simple devant le miroir. Mettez le plastron sur la robe avec laquelle vous prévoyez de sortir et reculez de quelques pas. Si le bijou est ce qui frappe d'abord le regard et que le visage se perd, l'éventail est trop grand, prenez plus petit ou plus léger. Si le plastron se lit, mais que le regard remonte tout de même vers le visage, l'échelle est la vôtre. Le plastron idéal mène le regard vers le visage, il ne l'en détourne pas.
Comment ne pas surcharger la tenue
L'erreur principale avec le plastron, c'est d'y ajouter encore. Encore des boucles, encore une chaîne, encore un maquillage appuyé des yeux et des lèvres en même temps, encore un motif sur la robe. Le plastron est déjà le maximum, et tout ce qu'on lui ajoute au-delà du minimum joue contre lui. La règle est simple : si vous avez choisi le plastron, enlevez la moitié de ce que vous comptiez mettre en plus.
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Poids, confort et entretien
Combien pèse un plastron et pourquoi cela compte
On pense au poids du plastron en dernier, et c'est un tort. Un plastron massif de métal ou de pierres est réellement lourd, et sa pesanteur se ressent dès une heure passée : il tire sur le cou, appuie sur la base à la gorge, laisse une marque sur la peau. À l'achat, il faut donc garder le plastron sur soi quelques minutes, et non le poser contre le cou une seconde. Ce qui paraît léger en vitrine peut devenir une épreuve en fin de soirée.
Comment répartir le poids et soulager la charge
Un plastron bien fait répartit le poids sur le large arc des épaules, plutôt que de le suspendre à un seul point à la gorge. Un fermoir souple ou large à l'arrière, qui ne scie pas le cou, aide. Si le plastron est lourd, choisissez une cascade mobile plutôt qu'une plaque pleine : les rangs mobiles épousent le corps et répartissent la masse plus doucement. Et souvenez-vous de l'ancienne solution : visuellement et physiquement, le plastron s'équilibre par un dos droit et une posture redressée, impossible de se voûter dessous.
L'entretien : avec quoi nettoyer chaque matériau
L'entretien dépend du matériau. Le plastron de métal se nettoie avec un chiffon doux, l'argent avec une lingette à part contre le noircissement. Pierres et émail s'essuient avec un chiffon sec ou à peine humide, sans trempage, pour que l'eau ne s'infiltre pas sous les chatons ni dans la base. La rocaille et le textile ne se mouillent pas du tout, on les nettoie seulement avec une brosse douce et sèche. Le grand ennemi de tout plastron, ce sont le parfum et la crème : appliquez-les avant le bijou et laissez-les pénétrer, sinon ils se déposent sur le métal et les pierres.
Une subtilité propre au plastron multirang : il faut le nettoyer rang par rang, et non en bloc. À tout frotter d'un coup, le chiffon s'accroche aux éléments et tire les rangs voisins, les chatons se desserrent. Mieux vaut passer chaque rang visible séparément, en tenant les autres, et ne pas appuyer sur les points de fixation où les rangs se rejoignent à la base. Une fois par saison, il vaut la peine d'inspecter le fermoir et les points de jonction de l'éventail : sur un plastron, ce sont eux qui portent toute la charge et fatiguent les premiers.
Le rangement : surtout ne pas emmêler les rangs
Le malheur le plus fréquent du plastron au rangement, ce sont les rangs emmêlés et les pendeloques accrochées. Un collier multirang ne se jette pas en tas avec d'autres bijoux : les fines chaînes et les fils s'entrelacent, et démêler un éventail d'une dizaine de rangs est presque impossible sans dégâts. Rangez le plastron à part, à plat, sur une surface plane ou suspendu à un large crochet, pour que les rangs reposent parallèles sans se chevaucher. Une pochette douce ou une case à part de l'écrin protège les pierres des rayures et les rangs des nœuds.
Des faits qui surprennent
L'ousekh égyptien pesait comme un poids et se fixait par un contrepoids dorsal
Les pectoraux ousekh les plus solennels étaient si massifs qu'un seul fermoir au cou ne suffisait pas. On fixait à l'arrière un contrepoids décoratif menat, pendant dans le dos, sans lequel le collier tirait son porteur vers l'avant et basculait. Autrement dit, le problème d'ingénierie « une masse à l'avant exige un équilibre à l'arrière » a été résolu il y a plus de trois mille ans, et les lourds plastrons actuels, au fond, reprennent la même physique, en cachant simplement l'équilibre à l'intérieur de la construction.
Chez les Masaïs, la couleur des perles du plastron est un passeport
Chez le peuple masaï, le plastron de perles fonctionne comme un signe que l'on sait lire. Les couleurs ont un sens : le rouge dit la force et la protection, le blanc la pureté, le bleu le ciel et l'eau, le vert la santé et la terre. Le motif et la couleur du disque permettent de lire l'âge d'une femme, si elle est mariée, à quel groupe elle appartient. Le plastron y fonctionne comme un document porté sur la poitrine.
Le plastron guerrier des Amérindiens était fait de tubes d'os
Chez les peuples des Grandes Plaines, le plastron masculin en hairpipe se montait à partir de longs tubes d'os étroits, disposés en rangs horizontaux en une grille serrée sur toute la poitrine. À l'origine, on taillait ces tubes dans le coquillage et l'os, et le plastron était une parure guerrière et un signe de statut, qui couvrait aussi en partie la poitrine. Beauté et protection en un seul objet, exactement comme l'ousekh égyptien à l'autre bout du monde.
L'Art déco a fait du plastron un symbole de liberté nouvelle
Dans les années vingt, le collier massif sur un cou découvert devint le signe visuel de l'émancipation. La femme qui avait dégagé ses épaules, son dos et sa poitrine, et passé un grand collier géométrique, affirmait un temps nouveau sans un mot. De pièce purement statutaire, le plastron se mua un temps en manifeste, et c'est alors que se forma son image moderne du soir.
Questions fréquentes
En quoi le collier plastron diffère-t-il d'un collier massif ordinaire ?
Tout collier massif est grand, mais le plastron se distingue en ce qu'il couvre la surface de la poitrine en éventail, plutôt que de pendre en ligne ou en point. Le plastron, c'est toujours le remplissage de la zone du décolleté par une nappe pleine ou presque pleine, avec un centre de gravité marqué vers l'avant. Si le bijou est grand mais que la poitrine reste découverte dessous, c'est simplement un collier massif, pas un plastron.
Peut-on porter un plastron de jour et au bureau ?
Techniquement oui, en pratique presque pas. Le plastron est trop bruyant et trop exigeant pour un contexte professionnel et quotidien, il accapare toute l'attention et se dispute avec la tenue de travail. Son terrain, c'est le soir, la cérémonie, la séance photo, la tenue ethnique. Une version de jour n'est possible qu'avec un plastron de perles ou un léger plastron ethnique dans une tenue bohème libre, mais pas dans un bureau rigoureux.
Quelles boucles d'oreilles porter avec un plastron ?
Minimales ou aucunes. Des clous, de petites puces, des boucles discrètes dans le ton du métal du plastron. Les longues pendeloques et les chandeliers ne vont pas sous un plastron, ils se battent avec lui pour l'attention près du visage et surchargent la tenue. La règle est simple : maximum sur la poitrine, donc minimum aux oreilles.
Sous quel décolleté le plastron va-t-il le mieux ?
Sous un cou et une poitrine découverts : col en V, bateau, bandeau, épaules dénudées. Le col en V reprend le triangle de l'éventail, le bandeau et les épaules dénudées offrent un champ de peau net sur lequel le plastron joue en soliste. Il faut éviter le col montant, les fronces et les drapés sur la poitrine, les grands cols : ils occupent la même place que le plastron et se disputent avec lui.
Est-ce lourd à porter, un plastron ?
Un plastron massif de métal ou de pierres se fait vraiment sentir et commence à tirer le cou au bout d'une heure. À l'achat, on le garde donc sur soi quelques minutes, et non une seconde. Allègent le port : une cascade mobile plutôt qu'une plaque pleine, une base ajourée ou creuse, un fermoir large et souple à l'arrière, et une posture droite. Les plastrons de perles et de textile sont nettement plus légers que ceux de métal.
Le plastron va-t-il à un cou court ?
Oui, à condition de choisir la bonne forme. Un plastron qui commence haut à la gorge raccourcit encore un cou court. Il en faut un qui laisse un pan de peau découvert à la base du cou et s'écarte en éventail déjà sur la poitrine. Un tel plastron étire la silhouette, il ne pèse pas sur le cou. Aident en plus des cheveux relevés et une ligne d'épaules dégagée.
Comment ranger un plastron pour ne pas emmêler les rangs ?
À part des autres bijoux, à plat sur une surface plane ou suspendu à un large crochet, pour que les rangs reposent parallèles. Un collier multirang ne se jette pas dans un tas commun : les fines chaînes et les fils s'entrelacent entre eux et avec d'autres bijoux, et démêler un éventail d'une dizaine de rangs est presque impossible. Une pochette douce ou une case à part protège les pierres des rayures.
Que mettre si le plastron paraît trop audacieux ?
Commencez par une version légère : un plastron de perles ou de textile dans une tenue bohème, ou une cascade mobile plutôt qu'un éventail de métal rigide. Posez-le sur une robe lisse et unie, relevez les cheveux, laissez des clous aux oreilles. Dans cet entourage, même un grand plastron se lit avec naturel, et non avec provocation. Et souvenez-vous que le plastron est fait pour l'occasion, pas pour chaque jour, l'audace y est donc bien à sa place.
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Le plastron est le choix de celles qui n'ont pas peur d'être remarquées. Si la superposition et la cascade vous parlent davantage, le catalogue Zevira propose des colliers pour toute longueur et tout décolleté, de la ligne fine à l'éventail massif. Trouvez le vôtre.
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Zevira, ce sont des bijoux pour qui aborde son choix avec conscience. Nous travaillons l'argent 925 et des matériaux de qualité, et nous traitons chaque format de collier comme une tâche à part : longueur, poids, équilibre, tenue au cou. Plastron, rivière, barrette, collier chien, sautoir sont des objets différents à la logique différente, et nous en parlons avec franchise, pour que vous choisissiez ce qui vous convient vraiment, et non ce qui est simplement joli en vitrine.















