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La médaille de récompense comme bijou : un signe de mérite sur la poitrine et au cou

La médaille de récompense comme bijou : un signe de mérite sur la poitrine et au cou

La médaille n'a pas été inventée pour le coffret, mais pour la poitrine. Un disque de métal sur un ruban montrait à un inconnu, en une seconde, que cette personne l'avait mérité. De cette même idée du signe porté est née plus tard la mode des pendentifs ronds dits médaillons. Le mérite est ainsi devenu parure avant même que la beauté ne le devienne.

Aujourd'hui la médaille de récompense mène une double vie. Les uns la gardent dans une boîte avec son livret et la sortent aux dates marquantes. Les autres montent la décoration d'un grand-père sur une chaîne, la placent dans un cadre, la portent comme un pendentif chargé d'histoire familiale. Tout cela soulève bien des questions : peut-on porter une médaille comme bijou, est-il convenable d'arborer celle d'autrui, en quoi une médaille diffère-t-elle d'une pièce de monnaie et d'un médaillon, eux aussi ronds et suspendus à la poitrine.

Reprenons dans l'ordre : ce qu'est une médaille de récompense et pourquoi elle n'est ni une pièce ni un médaillon, d'où vient la tradition de porter le mérite à même le corps, ce que la médaille représente pour une famille, où passe la frontière éthique d'une décoration qui n'est pas la sienne, de quoi les médailles sont faites et comment transformer avec soin un disque de métal en bijou portable.

Médaille, pièce ou médaillon: lequel est le vôtre?
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D'où vient ce disque rond?

Ce qu'est une médaille de récompense (médaille, pièce, médaillon et ordre)

Dans le langage courant, le mot médaille recouvre tout ce qui est rond et métallique. En réalité ce sont quatre objets différents, avec chacun sa logique, et c'est cette confusion qui engendre la moitié des questions sur la façon de les porter.

La médaille est un signe de mérite

La médaille de récompense est une marque de distinction. On ne l'achète pas et on ne l'échange pas, elle se remet pour un fait précis : pour le travail, pour le service, pour une victoire sportive, pour l'ancienneté, pour la participation à un événement. La valeur d'une médaille ne tient pas au métal mais au motif de la remise. Un disque d'argent gagné sur un marathon et un disque d'argent identique sorti d'une boutique de prêt sur gage sont deux choses différentes, même si le poids du métal est le même.

Une médaille possède presque toujours trois parties : le disque lui-même avec son relief (l'avers et le revers), la bélière ou l'attache de suspension, et le ruban. Le ruban n'est pas une décoration de pure forme, c'est un code. À ses couleurs, un connaisseur lit de quelle distinction il s'agit sans même regarder le disque.

La pièce de monnaie, c'est de l'argent

La pièce naît comme moyen de paiement. Elle est frappée par un État, elle a une valeur faciale, elle circule de main en main comme une valeur. Une pièce antique dans un bijou vaut comme fragment d'histoire et comme objet numismatique : ce qui compte, c'est qui y figure, de quel siècle elle date, de quel atelier monétaire elle sort. Nous traitons ce sujet en détail dans notre article sur la monnaie antique en bijouterie.

La différence clé : la pièce, c'est l'échange et l'argent, la médaille, c'est le mérite et la personne. Une pièce a pu passer entre mille mains sur deux millénaires. Une médaille n'a été tenue que par une seule personne, celle qui l'a reçue.

Le médaillon, une capsule ou un pendentif rond

Le médaillon est un bijou porteur. Dans sa forme classique, c'est une petite capsule à charnière à l'intérieur de laquelle on glisse un portrait, une mèche de cheveux, un mot minuscule. Il existe aussi des médaillons pleins, sans cavité, de simples pendentifs ronds en relief ou gravés. Le médaillon a été conçu dès l'origine comme une parure et comme un réceptacle de mémoire. Nous lui consacrons un guide complet sur le médaillon en argent.

La différence avec la médaille est simple. Le médaillon, c'est vous qui le remplissez de sens : vous y placez la photo d'un proche, vous y gravez une date. La médaille vous arrive déjà chargée d'un sens attribué par l'organisme qui l'a remise. Le médaillon est un récipient vide pour votre mémoire, la médaille est une attestation toute faite d'une reconnaissance venue d'ailleurs.

L'ordre, un autre format de récompense

L'ordre tient à côté de la médaille, mais c'est une catégorie à part. Historiquement, un ordre est à la fois un insigne (étoile, croix, ruban porté en sautoir) et une appartenance : le récipiendaire entrait dans une confrérie. La médaille est plus simple : c'est une marque de distinction sans entrée dans une communauté. Dans la hiérarchie des récompenses, l'ordre se place en général au-dessus de la médaille. Par sa forme, l'ordre prend le plus souvent l'aspect d'une étoile, d'une croix ou d'un insigne figuré émaillé, tandis que la médaille reste essentiellement un disque rond ou ovale.

À retenir facilement. La pièce, c'est la valeur. Le médaillon, c'est la mémoire que vous y mettez vous-même. L'ordre, c'est la haute distinction à la forme figurée et au passé de confrérie. La médaille, c'est l'attestation d'un mérite, sous la forme d'un disque sur un ruban.

Avers, revers et bélière

La médaille de récompense a son propre vocabulaire, et il aide à comprendre l'objet qu'on tient en main. L'avers, c'est la face principale, en général avec l'image dominante : un profil, des armoiries, une figure, une scène. Le revers, c'est l'envers, où l'on place le plus souvent une inscription, l'année, le nom du récipiendaire ou une devise. La tranche, c'est le bord du disque, où l'on appose parfois un poinçon ou un numéro.

La bélière, ou bien l'agrafe, c'est la barrette métallique au-dessus du disque, gainée de ruban, par laquelle on fixe la médaille au vêtement. Sur d'anciennes décorations, cette agrafe est à cinq côtés, sur d'autres elle est rectangulaire ou figurée. À sa forme et à son ruban, un œil exercé rattache aussitôt la médaille à un système de récompenses et à une époque. Quand on transforme une médaille en pendentif, on conserve d'ordinaire l'agrafe à part, car c'est elle qui porte la moitié de l'information d'identification.

Ce que disent les deux faces : la symbolique de l'avers et du revers

Les deux faces d'une médaille ne sont pas un simple devant et un simple derrière au hasard : elles ont des rôles distincts, et il y a là une logique. L'avers répond à la question « qui et au nom de qui » : on y trouve le profil d'un souverain, des armoiries, la figure d'un protecteur, l'image maîtresse de la distinction. C'est la face du pouvoir et de l'origine du signe, elle dit qui a doté l'objet de son pouvoir de reconnaissance. Le revers répond à la question « pour quoi et à qui » : on y lit l'inscription qui donne le motif, l'année, la devise, parfois le nom du récipiendaire lui-même. C'est la face de l'humain et de son acte.

Ce partage fait de la médaille un petit récit à deux versants. Tournée d'un côté, elle parle de la source de l'honneur, tournée de l'autre, elle parle du mérite. Sur bien des décorations, les images se répondent : à l'avers, une figure ailée de la victoire, et au revers, une sobre inscription rappelant l'ancienneté, et ensemble elles disent que le labeur ordinaire mérite lui aussi la gloire ailée. Quand on transforme une médaille en pendentif, il faut décider à l'avance quelle face on porte vers l'extérieur, et l'on choisit le plus souvent le revers, avec le nom et la date, car pour une famille c'est ce « pour quoi » précis qui compte, et non le profil officiel d'apparat.

Degrés et titres des récompenses

Beaucoup de médailles existaient en plusieurs degrés, et le métal indiquait directement le rang : le degré d'or au-dessus de l'argent, l'argent au-dessus du bronze. C'est la même logique que dans le sport, et elle vient du fond des âges, quand la valeur d'un métal se lisait à l'instant. Aussi, en tenant en main une décoration de famille, le métal permet déjà d'estimer à peu près la hauteur de la distinction.

Ce qu'est le médaillon-médaille et pourquoi on les réunit

On parle parfois de « médaillon de récompense », et ce n'est pas un lapsus. On désigne ainsi un disque réalisé sous la forme d'une médaille, mais conçu d'emblée pour pendre au cou plutôt que pour s'agrafer à un uniforme. Ce médaillon est frappé pour un jubilé, pour une date mémorable, pour une remise de diplôme, et on le munit aussitôt d'une bélière pour la chaîne. Il réunit deux mondes : par l'apparence, c'est une médaille avec son avers et son revers en relief, par la manière de le porter, c'est déjà un pendentif. Les ateliers de famille faisaient souvent justement ces médaillons-médailles pour un mariage ou une naissance, afin que le mérite ou l'événement puisse se porter près du cœur dès le premier jour, sans transformation. Si vous tenez un disque rond pourvu d'une bélière et sans agrafe, vous avez sans doute affaire à ce genre d'hybride : médaille par la forme, médaillon par la destination.

En quoi la médaille diffère du jeton et de l'insigne

À côté de la médaille vivent le jeton et l'insigne, qu'il faut aussi distinguer. Le jeton, c'est un petit disque de métal qu'on remettait pour une participation ou comme laissez-passer ; il n'a pas le poids de mérite de la médaille, il est plus proche du souvenir commémoratif. L'insigne, c'est une plaque plate d'appartenance : à une société, à une école, à une profession ; il dit « je suis d'ici » et non « je l'ai mérité ». La médaille pèse plus lourd de sens : elle renvoie à un motif précis de remise. Aussi porte-t-on le jeton et l'insigne sans état d'âme, tandis que la médaille, surtout celle d'autrui, est entourée de tout un cercle de questions sur le droit et la convenance.

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Histoire : des phalères romaines à l'or olympique

L'histoire de la médaille est celle d'une seule idée : rendre le mérite visible. Le métal a changé, la forme a changé, mais le sens a tenu des milliers d'années.

Antiquité : les phalères sur la cuirasse du Romain

L'ancêtre direct de la médaille de récompense est la phalère romaine (phalerae). On nommait ainsi des disques de métal, le plus souvent de bronze ou d'argent, fixés sur des sangles de poitrine par-dessus la cuirasse. Les phalères se remettaient aux légionnaires et aux centurions pour le courage et pour la conduite au combat. On ne les gardait pas dans un coffret, on les portait à même le corps, aux revues et dans les rangs.

La logique était exactement celle d'aujourd'hui : un seul regard sur la poitrine du soldat, et l'on voyait ce qu'il valait. Plus il y avait de phalères, plus le combattant était méritant. Les archéologues retrouvent des jeux entiers de phalères sur le harnachement, parfois avec des portraits d'empereurs. C'est de là, d'ailleurs, que vient le mot « phaléristique », qui désigne aujourd'hui la science des décorations.

Avant les Romains, les Grecs honoraient les vainqueurs autrement : par une couronne d'olivier aux Jeux olympiques, sans insigne de métal. Mais l'idée d'une distinction portée sur le corps de l'athlète est aussi un germe de la future médaille sportive.

Renaissance : la médaille de portrait comme art

Médaille de portrait en bronze avec le profil d'un homme, face en relief
Disque de bronze à deux faces avec un profil à l'avers, le genre classique du portrait né de la médaille de la Renaissance.Portrait of Antonio Canova (1757–1822), Francesco Putinati, ca. 1822. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

La véritable médaille sous sa forme connue, le disque en relief à deux faces, est née dans l'Italie du XVe siècle. Vers 1438, l'artiste Pisanello coula une médaille au portrait de l'empereur byzantin Jean VIII Paléologue. On y voit la naissance du genre. À l'avers, le profil d'une personne, au revers, une scène allégorique ou une devise.

La médaille de la Renaissance n'était pas une récompense mais une déclaration de statut. Princes, humanistes, banquiers commandaient leur médaille de portrait comme on commande aujourd'hui un portrait d'apparat. On les offrait, on les collectionnait, on les scellait dans les fondations des bâtiments comme un message à la postérité. C'est alors que la médaille est devenue une petite œuvre d'art, où chaque millimètre de relief comptait.

Fait curieux, le disque rond de portrait de la Renaissance a aussi donné naissance au médaillon de bijouterie. La mode de porter sur la poitrine un relief rond figurant un visage a poussé les artisans à créer des pendentifs-capsules. Ainsi la lignée de la récompense et celle de la parure se sont séparées d'une racine commune.

Il faut ajouter que l'idée de récompense est plus ancienne que Rome. Dans le monde grec déjà, on remettait au vainqueur des concours une couronne, et non du métal, et cette image est entrée si profondément dans la culture qu'elle a survécu jusqu'à nos bijoux : nous lui consacrons à part notre article sur la couronne de laurier en bijouterie. La couronne et la phalère sont deux branches anciennes d'une même pensée : rendre le mérite visible sur le corps. L'une a pris la voie de la verdure et de la fragilité, l'autre celle du métal et de la durée, et avec le temps le métal a gagné, car la couronne se fane et le disque demeure.

Le profil de la médaille de la Renaissance n'est pas venu de nulle part non plus. Les artisans imitaient sciemment les pièces antiques aux profils de souverains et de dieux, cette composition sévère qu'avait travaillée durant des siècles la statuaire antique. Ce lien de la médaille avec la grande tradition sculpturale n'a rien de fortuit : le médailleur pensait comme un sculpteur, mais à une échelle minuscule, et nous parlons plus en détail de cette culture plastique dans l'article sur la sculpture antique en bijouterie. Le profil a cet avantage qu'il se reconnaît à l'instant et s'inscrit joliment dans un cercle, c'est pourquoi il est devenu presque obligatoire sur la médaille.

Temps modernes : naissance des médailles militaires et de récompense

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la médaille a quitté le cabinet du collectionneur pour revenir sur la poitrine, cette fois comme récompense de masse. Les États ont compris qu'un insigne de métal bon marché motive le soldat plus fortement que l'argent, car l'argent se dépense, tandis que la marque de distinction reste attachée à la personne pour toujours.

Sont apparues les médailles commémoratives en l'honneur des batailles, des couronnements, des victoires. Peu à peu s'est mis en place un système : ruban d'une couleur définie, agrafe, degrés de la récompense. La médaille est devenue un objet porté en public, sur l'uniforme, selon des règles strictes. Le droit de la porter était réglementé, sa contrefaçon punie.

Au XIXe siècle s'est fixée définitivement l'idée d'une médaille de masse pour tous les participants à une campagne, et non pour les seuls héros. Cela a démocratisé la récompense : la marque de distinction a cessé d'être un privilège d'officiers.

À la même époque s'est prise l'habitude de porter les médailles avec leur agrafe sur le côté gauche de la poitrine, plus près du cœur. Sont apparues des règles de préséance : la plus haute distinction se place plus à droite ou plus haut. Sont nés aussi les livrets de récompense, un document qui attestait le droit d'une personne à porter tel insigne. Sans livret, la médaille redevenait un simple morceau de métal, avec lui elle devenait un certificat de mérite. Ce couple du disque et du document a survécu jusqu'à nos jours et compte au moment d'un héritage : à une vraie décoration de famille on conserve souvent aussi son papier.

Médailles civiles et du travail

Parallèlement aux récompenses militaires sont apparues les récompenses civiles : pour le travail, pour le sauvetage, pour la science, pour les arts, pour de longues années de service. La médaille du travail a changé l'idée même de la distinction : on reconnaissait désormais aussi bien l'exploit d'un jour que la longue assiduité, l'ancienneté, la fidélité à la tâche. Ce sont ces médailles qu'on transforme le plus volontiers en reliques de famille, car derrière elles se tient toute une vie de travail, et non un seul épisode. La médaille d'un grand-père pour trente ans dans la même usine en dit autant sur le caractère qu'une décoration militaire.

Médailles sportives : la renaissance d'une idée antique

Quand on a fait renaître les Jeux olympiques à la fin du XIXe siècle, on a rendu aux lauréats une distinction portée, désormais sous la forme d'une médaille et non d'une couronne. L'or, l'argent et le bronze pour les trois premières places sont une invention moderne, fixée au début du XXe siècle.

La médaille sportive a ceci d'intéressant qu'elle réunit l'idée antique, la distinction sur le corps de l'athlète, et la forme de la récompense, le disque sur un ruban. Aujourd'hui on passe une médaille au cou de chacun de ceux qui terminent un marathon, et il y a là un écho direct de la phalère : tu es arrivé, et ta poitrine le montre.

Médailles mémorielles et familiales

Une branche à part, ce sont les médailles du souvenir. On les frappe en l'honneur de jubilés, d'anniversaires, de personnes disparues, d'événements importants pour une famille ou une communauté. Une telle médaille suppose dès l'origine qu'on la gardera et la transmettra, et non qu'on la portera dans les rangs.

Ce sont justement les médailles mémorielles et de récompense qui passent le plus souvent au rang de bijou. Le petit-fils monte la médaille de son grand-père sur une chaîne, non pour faire étalage d'une décoration, mais pour garder la mémoire de sa lignée plus près de lui. Cette motivation rapproche la médaille du bijou de deuil et de mémoire, dont nous parlons dans l'article sur le bijou commémoratif après la perte d'un être cher.

Insignes commémoratifs et de jubilé

À part se tiennent les médailles commémoratives et de jubilé, qu'on frappe pour les dates rondes, l'inauguration d'un monument, les anniversaires de villes et de sociétés. Elles ne récompensent pas un mérite personnel, elles fixent un événement. On distribuait souvent ces insignes aux participants d'une cérémonie, et on en trouve aujourd'hui une grande quantité dans les coffrets de famille. Il est plus facile d'en faire des bijoux sans scrupule éthique : derrière elles, pas d'exploit d'autrui, seulement la mémoire d'un jour. La médaille de jubilé d'une ville ou d'une société où vivait un ancêtre est une manière douce et discrète de porter sur soi la géographie de sa famille.

Signification : mérite, mémoire, héritage, fierté de la lignée

La médaille est un sens comprimé. Sur un petit disque tiennent à la fois plusieurs couches de signification, et chacune, à sa manière, la rend singulière.

Mérite et reconnaissance

La première couche, la principale, c'est la reconnaissance du mérite. La médaille dit : ton acte a été remarqué, apprécié, fixé dans le métal. À la différence d'un éloge prononcé, la médaille ne s'évapore pas. Elle est matérielle, on peut la reprendre en main vingt ans plus tard et sentir de nouveau ce jour-là.

Cette couche explique pourquoi les décorations sont gardées avec tant de soin. Ce n'est pas le métal qui compte, c'est que la médaille soit une preuve tangible d'un effort vécu. La personne la regarde et voit non un disque, mais son propre chemin.

Mémoire d'une personne et d'un événement

La deuxième couche, c'est la mémoire. La médaille est attachée à un instant précis : à un combat, à une arrivée, à un jubilé, à une personne. Elle fonctionne comme une ancre de souvenir. C'est pourquoi on répugne tant à vendre les médailles de famille, même dans les temps difficiles : ce n'est pas le métal qui s'en va, c'est une part de l'histoire de la famille.

Héritage et lien entre les générations

La troisième couche, c'est l'héritage. La médaille survit à celui qui l'a reçue. Elle passe aux enfants et aux petits-enfants et devient un fil qui relie les générations. En tenant en main la décoration d'un arrière-grand-père, on éprouve un lien physique direct avec quelqu'un qu'on n'a peut-être jamais vu.

C'est justement pour cela qu'on transforme si souvent la médaille en bijou portable. Une chaîne ou un cadre permettent de garder ce fil de mémoire sur soi, plutôt que de l'enfermer dans un tiroir.

La médaille comme médaillon de mémoire

Quand la médaille passe sur une chaîne, elle se met à fonctionner comme un médaillon, sauf que la mémoire y est déjà déposée. Le médaillon ordinaire, c'est vous qui le remplissez : vous y placez une photo, une mèche, un mot. La médaille arrive déjà chargée d'un destin venu d'ailleurs, et c'est là sa force particulière comme signe porté. Le petit-fils qui passe à son cou la décoration de son grand-père porte non un bijou, mais une biographie roulée dans le métal : un seul disque tient à la fois le jour de la remise, le caractère d'un homme et toute une époque derrière lui. Les psychologues de la mémoire disent qu'un objet qu'on peut toucher et porter contre soi retient le souvenir plus fermement qu'une photographie : le poids, la température, l'habitude de reposer sur la poitrine rendent la mémoire charnelle, et non seulement visuelle. C'est pourquoi la médaille-pendentif comble le même besoin que le portrait dans un médaillon, et souvent même plus fortement : à la photographie s'ajoute le poids d'un objet réel, qu'a touché la main de celui dont on se souvient.

La mémoire de la lignée plus près du corps

Il y a aussi une raison discrète, presque physique, de porter une décoration sur la poitrine plutôt que de la garder dans un coffret. La relique au fond d'un tiroir existe à part de la personne, on va vers elle aux dates marquantes. La relique au cou vit avec vous toute la journée, bouge avec le souffle, se réchauffe à la chaleur du corps. Beaucoup de ceux qui ont monté une médaille de famille sur une chaîne le décrivent de la même façon : la mémoire a cessé d'être un événement de jours de fête pour devenir une toile de fond constante, une présence tranquille de la lignée à côté de soi. Ce n'est pas une fierté tapageuse ni un défi lancé aux autres, mais une conversation intérieure qu'on mène avec soi-même, en effleurant de temps à autre le disque sous la chemise.

Fierté de la lignée sans vantardise

La quatrième couche est subtile : la fierté. Ici la nuance compte. Porter la décoration militaire d'autrui comme un trophée, c'est de la vantardise. Porter la médaille de sa famille comme une marque de respect envers sa lignée, c'est naturel et digne. La différence tient au motif : montrer « voyez quel homme je suis » ou garder « je me souviens de qui étaient les miens ».

Cette même logique de l'honneur et de la dignité vit dans la symbolique d'autres signes portés, par exemple dans l'épée comme symbole d'honneur et de justice.

Jalon personnel et preuve à soi-même

Il y a aussi une cinquième couche, très intime. Parfois la médaille n'a rien à voir avec la reconnaissance d'autrui, elle est une preuve qu'on se donne à soi. Pour un coureur, la médaille d'arrivée de son premier marathon n'est pas un motif de se vanter devant les autres, mais un « j'y suis arrivé » tangible. On porte une telle médaille comme un rappel de sa propre limite, celle qu'on a réussi à franchir. Ce mobile explique pourquoi des gens font de leurs médailles sportives des pendentifs de tous les jours : il leur importe de garder sur eux la preuve que le difficile a été accompli.

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Faut-il porter une médaille d'autrui ou héritée

C'est la question la plus délicate du sujet, et il n'y a pas ici de « oui » ou de « non » tranché. Il y a des cadres de bienséance, des normes culturelles et du bon sens.

Votre propre médaille : portez-la sans hésiter

Votre propre décoration, vous avez le droit de la porter comme bon vous semble : sur l'uniforme selon les règles, sur la poitrine un jour particulier, sur une chaîne dans la vie ordinaire. C'est votre mérite et votre droit de disposer de l'insigne. Une médaille sportive, il est même d'usage de la porter aussitôt après l'arrivée, et cela ne prête à aucune discussion.

La médaille de famille héritée : une question de motif

La médaille d'un grand-père ou d'un arrière-grand-père, qui vous est parvenue par héritage, occupe une place à part. La porter comme bijou est admissible si vous le faites par respect et par mémoire, et non comme un accessoire de style. Une bonne pratique : savoir pour quoi la décoration a été remise et être prêt à le raconter. Si vous portez la médaille de votre grand-père et que vous connaissez son histoire, c'est un acte de mémoire. Si vous l'accrochez simplement parce qu'elle « brille joliment », mieux vaut y réfléchir encore.

Les décorations militaires demandent une délicatesse particulière. Dans la plupart des cultures, mettre sur soi les ordres et médailles militaires d'un autre en les faisant passer pour les siens, comme s'ils vous appartenaient, est tenu pour inadmissible. En revanche, conserver et porter une décoration de famille comme une relique, sans la faire passer pour son propre mérite, c'est tout autre chose et cela ne soulève d'ordinaire aucune question.

La médaille d'un inconnu achetée au marché : seulement comme objet

Une médaille achetée à un collectionneur ou au marché aux puces n'est plus le témoignage de votre mérite ou de celui de votre famille, mais un artefact historique. On peut porter un tel objet comme une pièce d'intérêt, comme un morceau de l'histoire d'un autre, mais il est plus honnête de le considérer ainsi, sans s'approprier l'exploit. Beaucoup de collectionneurs ne portent d'ailleurs pas ces médailles, ils les gardent et les étudient.

Quand mieux vaut ne pas la porter du tout

Il y a des situations où mieux vaut laisser la médaille à la maison. Les décorations d'État en vigueur, avec un protocole de port, se mettent selon les règles, et non comme un pendentif sur un jean. Les médailles liées à une tragédie ou à une douleur sont parfois plus à leur place gardées qu'exposées. Ici joue une règle simple : en cas de doute, demandez aux aînés de la famille ou écoutez simplement votre sens du tact.

Comment porter dignement un héritage

Lorsque vous avez décidé de porter une médaille de famille, quelques gestes mesurés rendent cela digne. Portez-la tranquillement, sans défi, comme un bijou ordinaire et non comme un signe qui réclame l'attention. Soyez prêt à dire en deux mots de qui est la décoration et pour quoi, si on vous le demande, sans vous vanter et sans long discours. Ne la mettez pas là où elle sonnerait faux : à une fête bruyante, la décoration militaire d'autrui ne trouve pas sa place, alors qu'un jour de mémoire familiale lui va parfaitement. Et préservez l'original : si l'objet vous est cher, portez une copie ou gardez le disque dans une capsule de protection, pour que la relique parvienne à la génération suivante.

Quand mieux vaut transmettre la décoration plutôt que la porter

Parfois, le plus respectueux n'est pas de porter soi-même la médaille, mais de la remettre à celui pour qui elle compte davantage. S'il y a dans la famille une personne qui garde la mémoire du récipiendaire avec un soin particulier, il est parfois plus logique de la lui confier. Une décoration, comme toute relique, cherche un gardien et non un propriétaire. Mieux vaut la porter lorsque vous devenez réellement le continuateur de cette mémoire, et non quand vous recevez en héritage un beau disque de métal et rien de plus.

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Matériaux : de quoi sont faites les médailles

Le matériau d'une médaille parle de son rang, de son époque et de sa destination. Comprendre les alliages aide à la fois pour estimer un héritage et pour choisir la façon de la porter.

Or et dorure

Le plus haut degré de la récompense est traditionnellement associé à l'or. Mais l'or pur est mou et coûteux, c'est pourquoi même les médailles olympiques « d'or » sont pour l'essentiel de l'argent recouvert d'une fine dorure. L'or de récompense historique est souvent du bronze ou de l'argent doré. Lorsqu'on la transforme en bijou, il faut préserver de l'usure une médaille dorée : le revêtement est mince.

Argent

Médaille d'argent au profil d'un souverain, noble éclat blanc du métal
Médaille de portrait en argent : l'éclat noble et le poids agréable ont fait de l'argent un métal de récompense classique.Maximillian II, Holy Roman Emperor (1527–1576), Antonio Abondio, 1575. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

L'argent est le métal de récompense classique : éclat noble, bonne conservation, poids agréable. Beaucoup de médailles commémoratives et sportives sont frappées en argent ou argentées en surface. Une médaille d'argent s'accorde à merveille avec une chaîne d'argent, et sa transformation en pendentif paraît d'un seul tenant. Si vous voulez savoir si l'argent d'un héritage est véritable, notre étude sur l'argent 925 vous aidera.

Bronze et tombac

Le bronze est le matériau principal des médailles de récompense et commémoratives de masse. Il est solide, peu coûteux, et se patine joliment avec le temps. La teinte chaude du bronze plaît à beaucoup davantage que le froid de l'argent. Une variété de laiton à haute teneur en cuivre, le tombac, sert souvent aux médailles commémoratives estampées : il tient bien le relief.

Maillechort et alpaca

Les alliages de cuivre et de nickel (maillechort, alpaca) ont été largement employés dans l'art de la récompense au XXe siècle. Ils sont bon marché, solides et ressemblent à l'argent. Inconvénient pour le port sur le corps : chez certaines personnes, le nickel provoque une irritation de la peau, c'est à prendre en compte si vous comptez porter une telle médaille en pendentif.

Émail et rubans

L'émail de couleur se rencontre plus souvent sur les ordres et les insignes que sur les médailles, mais les agrafes de médaille peuvent elles aussi être émaillées. L'émail est fragile, il craint les chocs et les éclats. Le ruban, c'est de la soie ou de la moire d'une couleur définie. Les vieux rubans passent et s'usent, c'est pourquoi, lors d'une transformation en bijou, on les remplace ou on les retire souvent, en conservant l'original à part.

Comment lire le métal lors d'un héritage

Quand une médaille vous échoit par héritage, le métal en dit déjà long avant toute expertise. Un éclat blanc et froid sans jaune et un poids agréable indiquent le plus souvent l'argent ou le maillechort. Une teinte chaude rougeâtre et dorée avec une patine visible, c'est le bronze. Un léger jaune par-dessus un métal blanc, surtout usé sur les saillies du relief, c'est de l'argent doré, dont le revêtement s'use en premier. L'aimant n'accroche presque jamais une vraie médaille de récompense, car les alliages nobles et non ferreux ne sont pas magnétiques, tandis que les copies tardives et bon marché se trahissent parfois par leur attraction. Ces indices ne remplacent pas un expert, mais ils donnent une première idée de ce à quoi l'on a affaire.

Que choisir pour une transformation en bijou

Si la médaille devient un pendentif, le matériau dicte l'entretien. La médaille d'argent est la plus accommodante : elle se nettoie, se polit, sert longtemps sur une chaîne. Le bronze, mieux vaut ne pas le polir jusqu'à l'éclat, sa beauté est dans la patine, on le porte donc tel quel. La médaille dorée, on la préserve du frottement, sinon le fin revêtement s'use sur les arêtes. Une médaille en alliage avec du nickel, avant de la porter en continu sur la peau, il faut l'essayer sur soi : si la peau réagit, on place le disque dans une capsule ou on le monte sur un support qui ne touche pas le corps.

Frappe au coin : comment naît le relief

La plupart des médailles de récompense sont frappées. L'artisan taille un coin d'acier au relief inversé, en creux, puis sous une pression énorme imprime ce relief sur un flan de métal. Le coup du coin densifie le métal, c'est pourquoi une médaille frappée semble dense et sonore. Plus le relief est profond et complexe, plus il faut de coups, et l'on passe parfois le flan plusieurs fois sous la presse, en le recuisant entre les coups pour que le métal ne se fende pas. Le signe principal de la frappe, c'est un fond parfaitement lisse et les bords nets des lettres : le coin reproduit le dessin à l'identique sur chaque exemplaire, c'est pourquoi les récompenses de masse se ressemblent tant entre elles.

Fonte : la médaille coulée dans un moule

Les médailles de portrait de la Renaissance étaient le plus souvent non pas frappées, mais coulées. L'artiste modelait une forme en cire, on en tirait un moule et l'on y coulait le bronze en fusion. La fonte donne un relief plus doux, plus pictural, avec un léger grain de surface, et chaque pièce coulée diffère un peu de la voisine, car on détruisait souvent le moule au démoulage. Une médaille coulée est en général plus grande et plus lourde qu'une frappée, elle n'a pas ce fond d'une douceur de miroir, mais elle a une chaleur faite main. Si vous voyez sur un vieux disque de petits pores, des transitions douces et l'absence de symétrie parfaite, vous avez plutôt affaire à une fonte qu'à une frappe.

Gravure et inscription nominative

La gravure, c'est une taille à la main ou à la machine sur le métal déjà fini. La frappe donne l'image générale de la médaille, identique pour tous les récipiendaires, et la gravure y ajoute le personnel : le nom, la date, le numéro. C'est pourquoi l'inscription nominative au revers vaut souvent, pour une famille, plus que le relief lui-même, car c'est la seule part vraiment unique de l'insigne. On reconnaît une vieille gravure à sa ligne irrégulière et vivante, et à la façon dont elle entaille le fond frappé déjà existant. Lors de la transformation d'une médaille en pendentif, on peut raviver la gravure avec soin ou y ajouter sa propre date, mais mieux vaut ne pas toucher aux inscriptions historiques, elles font partie de l'authenticité de l'objet.

Patine et noble vieillissement

La patine, c'est la fine pellicule dont le métal se couvre avec le temps et l'air. Sur le bronze, elle vire au brun chaud, au verdâtre ou au presque noir, sur l'argent au gris fumé. Les collectionneurs apprécient une vieille patine régulière et s'efforcent de ne pas la décaper, car elle protège le métal et sert de carte d'identité de l'âge : un disque récent, astiqué jusqu'à l'éclat, paraît plus jeune et perd en authenticité. Aussi un entretien avisé d'une vieille médaille n'est-il pas le retour à l'éclat d'usine, mais la conservation du noble voile. On ne nettoie que la crasse et les taches sombres actives qui rongent le métal, on laisse tout le reste comme une trace des années vécues.

Comment et avec quoi porter une médaille

Transformer un disque de récompense en bijou portable est possible de plusieurs façons, de la plus respectueuse à la plus libre. Le choix dépend de la valeur de la médaille elle-même et de votre disposition à la modifier.

Sur une chaîne, comme pendentif

La façon la plus courante. Si la médaille a une bélière, la chaîne s'y enfile aussitôt. Si elle n'en a pas, le bijoutier soude délicatement un anneau ou, ce qui est plus respectueux, pose une bélière amovible qui n'abîme pas le disque. On choisit l'épaisseur et la longueur de la chaîne selon le poids : une médaille lourde réclame une chaîne solide, sinon un maillon fin finira par s'user.

On porte une telle médaille-pendentif au centre de la poitrine, comme un grand pendentif. Elle se présente bien sur un vêtement uni qui n'entre pas en concurrence avec le relief. On peut raviver la gravure du revers ou la compléter d'une date, à ce sujet notre article sur la gravure en bijouterie est utile.

Dans un cadre-capsule, sans transformation

Si l'on ne peut pas toucher à la médaille, par exemple s'il s'agit d'une décoration authentique qu'on veut garder intacte, on la place dans une capsule transparente ou un cadre de joaillerie. La capsule de verre ou d'acrylique protège le disque, et le cadre est muni d'une bélière pour la chaîne. Vous portez ainsi la médaille sans la percer ni la souder. Pour les décorations de collection et militaires, c'est la seule voie juste.

Transformation en pendentif avec retouche

Variante plus radicale, pour les médailles sans valeur historique ou de collection, par exemple un duplicata de récompense sportive ou une médaille souvenir. On peut polir le disque, ajouter une monture, sertir une pierre, en faire un pendentif à part entière. On ne traite pas ainsi les décorations authentiques, mais sa propre médaille de marathon, on peut tout à fait la reconstruire en bijou de tous les jours.

Sur une épingle, en broche et sur l'agrafe

La façon classique de porter une médaille, c'est l'agrafe sur le vêtement, selon les règles des décorations. Pour le quotidien, on transfère parfois le disque sur un support de broche, et l'on peut alors l'épingler à une veste ou à un manteau sans faire de trou dans la médaille même. La variante broche a l'avantage de se retirer aisément et de ne pas peser sur le cou.

Avec quoi l'associer

La médaille est un grand objet graphique, c'est pourquoi elle aime un entourage sobre. Un minimum d'autres bijoux au cou, un vêtement calme, un seul accent. Une médaille d'argent se voit soutenue par des bagues ou des boucles d'oreilles d'argent, une médaille de bronze se réchauffe d'une ferrure dorée. Règle d'or : la médaille mène, le reste accompagne. Inutile de surcharger la tenue d'un second grand pendentif, deux « héros » sur la poitrine se disputent l'un l'autre.

Longueur de chaîne et tombé

Le poids de la médaille détermine la longueur où elle se posera joliment. Un disque lourd tire la chaîne vers le bas, c'est pourquoi une chaîne courte se place haut et paraît ramassée, tandis qu'une longue laisse la médaille reposer sur la poitrine et se lire en entier. Sous une chemise ou un pull, on choisit plus souvent une longueur où le disque se cache et ne se découvre qu'au mouvement. Par-dessus le vêtement, on porte la médaille plus court, pour qu'elle soit en vue. Un disque lourd et grand réclame une chaîne solide à maille moyenne ou large : une chaîne fine se vrille sous le poids et s'use vite au point d'attache.

Entretien de la médaille-pendentif

Une médaille portée se salit plus vite qu'une médaille de musée. L'argent, on l'essuie d'un tissu doux, et quand il noircit, on le nettoie avec un produit spécial pour l'argent, jamais un abrasif. Le bronze et le métal patiné, on n'y touche pas avec une chimie agressive, pour ne pas ôter le noble voile. Les parties émaillées se lavent à l'eau seule et à la brosse douce, car l'émail s'éclate aux chocs et se fendille aux écarts de température. La nuit, mieux vaut retirer la médaille-pendentif : la sueur et les crèmes accélèrent le noircissement, et dans le sommeil un disque lourd peut tordre une fine bélière.

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Des médailles entrées dans l'histoire et dans l'art

La médaille est tantôt relique de famille, tantôt part d'une grande culture. Quelques exemples montrent jusqu'où s'étend ce sujet.

La médaille comme genre dans l'art

Relief de portrait en bronze d'un médailleur, profil en buste sur une plaquette
Plaquette de portrait par un médailleur : le petit relief était estimé à l'égal de la peinture, et les maîtres signaient leurs œuvres comme des artistes.Portrait Relief of Émile Zola, Alexandre-Louis-Marie Charpentier, 1898. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

La médaille de portrait de la Renaissance est un art à part entière, qu'on étudie à l'égal de la peinture et de la sculpture. Les maîtres médailleurs signaient leurs œuvres, on les estimait comme des artistes. Le petit relief à deux faces exigeait un talent non moindre qu'un grand portrait : loger le caractère d'une personne dans un cercle du diamètre d'une pièce de monnaie est une maîtrise à part.

Les médailles dans la peinture et sur les portraits

Sur les vieux portraits d'apparat, les personnes de qualité sont souvent représentées avec des médailles et des insignes d'ordre sur la poitrine. Pour le peintre, c'était un moyen de signaler en une seconde au spectateur le statut et les mérites du modèle. La médaille sur le portrait fonctionnait comme une légende de la biographie : on regardait la poitrine et l'on comprenait qui était devant soi. Les artistes rendaient avec soin l'éclat du métal et les couleurs des rubans, car le commanditaire voulait que la postérité voie ses mérites aussi clairement que ses contemporains. C'est par ces portraits que les historiens reconstituent aujourd'hui quelles décorations existaient et comment on les portait, car la peinture a conservé ce que le métal lui-même n'a pas gardé.

Les formats de récompense les plus connus

Sans nommer de marques ni d'institutions actuelles, on peut parler de formats devenus génériques. L'or, l'argent et le bronze olympiques pour les trois places de podium sont une image reconnue dans le monde entier. La médaille « pour l'ancienneté » est un format de récompense du travail familier à chacun. La médaille commémorative en l'honneur d'un jubilé ou d'un événement est un genre à part, que frappent les villes, les sociétés, les familles.

Des médailles entrées dans l'histoire

Certaines médailles ont survécu à leur temps et sont devenues des monuments d'une époque. Le disque de portrait de Pisanello au profil de l'empereur byzantin est la première médaille des temps modernes et, en même temps, une pièce de musée par laquelle commence tout récit sur le genre. Les médailles de la Renaissance des princes italiens, qu'ils envoyaient à leurs alliés, nous sont parvenues comme de petits portraits d'apparat de toute une époque, et les historiens y reconstituent les visages de personnes dont aucune image peinte n'a été conservée. Les médailles commémoratives en l'honneur des grandes batailles navales et terrestres des XVIIe et XVIIIe siècles se lisent aujourd'hui comme une chronique des guerres : à leurs revers, des allégories de victoires et des dates précises. Une branche fameuse à part, ce sont les médailles en l'honneur des grands chantiers et des découvertes, qu'on scellait dans les fondations pour que la postérité les trouve à la démolition. Toutes ces médailles célèbres ont un point commun : on les concevait comme un message, comme un moyen de parler à l'avenir à travers le métal.

Dieux et héros sur le disque de récompense

Le langage imagé de la médaille s'est appuyé pendant des siècles sur la mythologie antique. La Victoire ailée à la couronne, Minerve casquée comme protectrice du travail avisé, Hercule comme symbole de la force et du dépassement, ces figures voyagent de revers en revers à travers les siècles. Les médailleurs les choisissaient parce qu'il n'y avait rien à expliquer au spectateur : une jeune femme ailée à la couronne, c'est la victoire, un héros puissant à la peau de lion, c'est la vaillance. Tout ce panthéon d'images vient de la mythologie grecque, dont nous parlons en détail dans l'article sur les dieux de l'Olympe et le panthéon grec. Aussi, en tenant en main une vieille médaille de récompense avec une figure ailée ou un héros à la peau de lion, vous tenez un morceau de cette même symbolique antique qui vit dans les bijoux et la sculpture.

La médaille comme message à la postérité

À la Renaissance, on scellait les médailles dans les fondations des bâtiments en construction comme une capsule temporelle. Les bâtisseurs comptaient qu'un jour la maison serait démolie et que la médaille raconterait à la postérité qui l'avait élevée et quand. C'est un cas rare où l'on faisait sciemment une décoration non pour la porter, mais pour l'avenir, pour des yeux qui la verraient des siècles plus tard.

Pourquoi il importe aux gens de porter le mérite sur le corps

Derrière toute l'histoire de la médaille se tient une psychologie simple. Il ne suffit pas à l'humain de savoir qu'il a accompli quelque chose, il lui importe que cela se voie et que cela demeure. Les mots s'oublient, les sentiments pâlissent, et le disque de métal garde la mémoire en main. La marque de distinction portée comble à la fois deux besoins : être reconnu des autres et ne pas perdre le lien avec soi-même tel qu'on était, celui qui a traversé le difficile. C'est pourquoi la médaille passe avec tant d'obstination du coffret à la poitrine, même des décennies plus tard. La poitrine est l'endroit le plus honnête pour un signe : il se voit de l'interlocuteur, il est près du cœur, il bouge avec le souffle. Le Romain antique avec ses phalères et le coureur d'aujourd'hui avec sa médaille d'arrivée au cou font au fond la même chose, ils répondent à un besoin humain ancien, rendre visible le mérite invisible.

Médaille, pièce, médaillon et ordre comparés
ObjetCe que c'estD'où vient le sensForme typiqueFacile à porter
MédailleSigne de mériteDonné par l'autorité qui remetDisque sur ruban
PièceArgent avec valeur facialeÂge et provenanceDisque frappé rond
MédaillonCapsule à souvenirsVous le remplissez vous-mêmePendentif rond à charnière
OrdreHaute distinctionAdhésion et honneurÉtoile ou croix émaillée

Médaille contre pièce et médaillon : une distinction nette

Comme ces trois objets sont ronds et pendent à la poitrine, on les confond sans cesse. Posons la différence une bonne fois, pour que vous sachiez à coup sûr ce que vous avez et comment le porter.

Médaille et pièce : le mérite contre l'argent

La pièce est un moyen de paiement avec une valeur faciale, elle relève de l'échange et de la valeur. Son intérêt est numismatique : qui l'a frappée, à quel siècle, dans quel état de conservation. La médaille est un signe de mérite sans valeur faciale, on ne l'a pas mise en circulation, on l'a remise à une personne pour un acte. Si votre disque rond a circulé comme de l'argent, c'est une pièce, et mieux vaut lire à son sujet le guide sur la monnaie antique en bijouterie. Si le disque a été remis pour un mérite et n'a jamais été un moyen de paiement, c'est une médaille.

Médaille et médaillon : le sens tout fait contre la capsule vide

Le médaillon est un bijou porteur, le plus souvent une capsule où c'est vous qui placez une photo ou une mèche et où vous mettez votre propre sens. La médaille arrive avec un sens déjà attribué par l'organisme qui l'a remise. Le médaillon, c'est vous qui l'écrivez, la médaille, on vous la remet. Si vous voulez garder sur la poitrine la mémoire d'un proche que vous choisissez vous-même, votre format, c'est le médaillon en argent. Si vous voulez porter le signe d'un mérite, le vôtre ou celui d'un autre, c'est une médaille.

Médaille et ordre : le disque contre l'insigne figuré

L'ordre est historiquement au-dessus de la médaille et prend en général la forme d'une étoile, d'une croix ou d'un insigne figuré, souvent émaillé, et il est lié à l'idée d'appartenance à une confrérie. La médaille, c'est un disque ou un ovale sur un ruban, une marque de distinction sans entrée dans une communauté. Règle grossière : un disque rond et lisse sur un ruban, c'est une médaille, une étoile ou une croix figurée et émaillée, c'est un ordre.

Aide-mémoire rapide

Posez-vous trois questions. À quel titre l'objet est arrivé à la personne : pour de l'argent en circulation (pièce), pour une mémoire déposée personnellement (médaillon), pour un mérite (médaille ou ordre). Quelle forme : un disque rond sur un ruban (médaille) ou une étoile-croix figurée et émaillée (ordre). Y a-t-il une valeur faciale : s'il y en a une, c'est une pièce, s'il n'y en a pas, c'est une récompense. Trois questions couvrent presque tous les cas.

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Des faits qui surprennent

Le sujet des médailles est plein de détails inattendus. En voici quelques-uns qui changent le regard sur l'ordinaire disque de métal.

L'« or » olympique n'est presque pas de l'or. Les médailles d'or modernes sont faites pour l'essentiel d'argent recouvert d'une fine dorure, l'or pur n'y est qu'en très petite quantité. Les dernières médailles olympiques entièrement en or ont été remises il y a plus d'un siècle.

Le mot « phaléristique », la science des décorations, vient des phalères romaines, ces mêmes disques de poitrine des légionnaires. Il se trouve donc que les collectionneurs de médailles portent le nom d'une récompense militaire de la Rome antique.

Le ruban compte plus que le disque. Un phaléristе chevronné reconnaît souvent une décoration aux seules couleurs du ruban, sans même regarder le métal. Le ruban est un code par lequel se lit toute l'histoire de l'insigne.

La première médaille de portrait des temps modernes est tenue pour l'œuvre de Pisanello, de 1438, au profil de l'empereur byzantin. C'est avec elle qu'a commencé la médaille comme art, et c'est d'elle, indirectement, qu'est partie la mode des pendentifs ronds de portrait.

À la Renaissance, on cachait les médailles dans les murs. On les scellait dans les fondations des bâtiments comme un message à l'avenir, en comptant que la postérité trouverait le disque à la démolition et reconnaîtrait les bâtisseurs.

La médaille au cou du vainqueur est un usage relativement récent. Dans l'Antiquité, le champion recevait une couronne, et la cérémonie qui nous est familière, avec le ruban passé par-dessus la tête, est une invention du sport moderne.

Le bronze vieillit plus joliment que l'argent. Avec le temps, la médaille de bronze se couvre d'une patine que les collectionneurs apprécient et s'efforcent de ne pas décaper : la patine est la carte d'identité de l'âge de l'objet.

La médaille et le médaillon sont nés d'une racine commune. La mode de la Renaissance de porter sur la poitrine un relief rond de portrait a poussé les artisans à faire des pendentifs-capsules, et la lignée de la récompense s'est séparée de celle de la parure à partir d'une source commune. La confusion entre les deux a donc des causes historiques profondes, elle n'est pas fortuite.

On savait contrefaire les médailles depuis aussi longtemps qu'on en remettait. Dès qu'une marque de distinction a procuré de l'honneur, sont apparus ceux qui voulaient l'honneur sans le mérite, c'est pourquoi le port d'une décoration d'autrui ou fausse était sévèrement puni dans bien des pays. On protégeait le droit à l'insigne par un livret de récompense, et l'on marquait parfois la tranche du disque d'un numéro pour distinguer l'original de la copie.

Le profil sur la médaille regarde plus souvent vers la gauche. L'habitude de figurer le portrait de profil tourné d'un même côté remonte aux pièces antiques, et les médailleurs s'en sont tenus à la même composition durant des siècles, car le profil se reconnaît à l'instant et s'inscrit joliment dans le cercle du disque.

Le revers raconte plus que l'avers. La face officielle est identique sur beaucoup de décorations, tandis que l'envers, avec l'inscription, l'année et le nom, est unique. C'est pourquoi, pour une famille, c'est le revers qui vaut le plus : on y a inscrit le « pour quoi et à qui » précis, ce qui distingue votre médaille de milliers d'autres pareilles.

Questions fréquentes

Peut-on porter une médaille de récompense comme bijou ?

Votre propre médaille, vous pouvez la porter comme bon vous semble, c'est votre droit. Une médaille de famille héritée, on peut la porter comme une relique, par mémoire et par respect, en connaissant son histoire. La décoration militaire d'autrui, on ne peut pas la faire passer pour la sienne, c'est tenu pour inconvenant dans bien des cultures.

En quoi une médaille diffère-t-elle d'un médaillon ?

Le médaillon est un bijou-capsule où c'est vous qui déposez une photo ou un objet de souvenir et où vous mettez votre sens. La médaille est un signe de mérite qui vous arrive déjà chargé d'un sens attribué par celui qui l'a remise. Le médaillon, c'est vous qui l'écrivez, la médaille, on vous la remet.

Médaille et pièce, est-ce la même chose ?

Non. La pièce, c'est de l'argent avec une valeur faciale, elle a circulé, son intérêt est numismatique. La médaille, c'est un signe de mérite sans valeur faciale, elle n'a jamais été un moyen de paiement, on l'a remise à une personne pour un acte.

Comment transformer une médaille en pendentif sans l'abîmer ?

La façon la plus respectueuse, c'est de placer la médaille dans une capsule transparente ou un cadre de joaillerie à bélière : le disque lui-même n'est alors pas touché. Si la médaille n'est pas de collection, le bijoutier peut souder un anneau ou poser une bélière amovible. Aux décorations authentiques et militaires, on n'applique qu'un cadre, sans transformation.

De quel métal sont faites les médailles de récompense ?

Le plus souvent de bronze et d'argent, plus rarement d'argent ou de bronze doré. Dans l'art de la récompense du XXe siècle, on a largement employé les alliages de cuivre et de nickel (maillechort). L'or pur se rencontre rarement dans les décorations, en raison de sa mollesse et de son coût.

Est-il convenable de porter la médaille de son grand-père ?

Oui, si vous la portez en mémoire de votre grand-père et que vous savez pour quoi elle a été remise. C'est un acte de respect envers la lignée, et non l'appropriation de l'exploit d'un autre. L'important est de ne pas faire passer la décoration pour son propre mérite.

Qu'est-ce qu'une phalère ?

La phalère est un disque de récompense de la Rome antique, qu'on fixait sur les sangles de poitrine par-dessus la cuirasse et qu'on remettait aux soldats pour leur conduite. C'est l'ancêtre direct de la médaille de récompense actuelle, et c'est d'elle aussi que vient le mot « phaléristique ».

Peut-on porter une médaille sur une chaîne tous les jours ?

Oui, si la médaille le permet par sa valeur et par son état. Une médaille sportive ou souvenir se porte sur une chaîne sans souci. Une décoration authentique, mieux vaut la préserver et la porter dans une capsule de protection, et garder le ruban à part pour ne pas l'user.

Mythes sur les médailles
La médaille d'or olympique est en or massif
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Une médaille et une pièce sont la même chose
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Porter une médaille familiale en bijou lui manque de respect
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Le ruban n'est qu'une décoration
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Les premières médailles étaient toujours faites pour être portées
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Enlever la patine d'une médaille en bronze l'améliore
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Conclusion

La médaille de récompense est un objet rare où le métal est secondaire. L'essentiel en elle, c'est le motif, la personne et le jour auxquels elle est attachée. C'est pour cela qu'elle devient si naturellement un bijou : sur une chaîne ou dans un cadre, elle garde près de vous non l'éclat, mais la mémoire et le mérite. La distinguer d'une pièce et d'un médaillon n'est pas difficile : la pièce, c'est de l'argent, le médaillon, c'est une capsule pour votre mémoire, et la médaille, c'est l'attestation d'une reconnaissance échue à une seule personne précise. On peut et on doit la porter avec respect pour celui dont le nom se tient derrière elle.

Une mémoire que l'on porte sur la poitrine

Le catalogue Zevira propose des pendentifs, des cadres et des suspensions en argent qui font d'une décoration de famille ou d'un insigne de souvenir un bijou de tous les jours. Avec soin, sans rien perdre de l'histoire.

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À propos de Zevira

Zevira crée des bijoux où le sens compte plus que l'éclat. Nous aimons les objets chargés d'histoire : signes, symboles, reliques qu'on porte non pour l'apparat, mais pour soi. Si vous voulez transférer avec soin une médaille ou un disque de souvenir dans un bijou portable, nous avons des cadres, des montures et des suspensions en argent pour cette tâche, ainsi que des artisans qui le feront sans abîmer l'original.

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