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La couronne de laurier dans les bijoux : symbole de victoire et de gloire

La couronne de laurier dans les bijoux : symbole de victoire, de triomphe et de gloire immortelle

Dans l'Antiquité, la couronne de laurier jouait le rôle de la médaille d'or d'aujourd'hui. On en ceignait les champions des Jeux pythiques, les poètes et les triomphateurs romains. De là vient le mot « lauréat » (du latin laureatus, « ceint de laurier ») et le prix Nobel, dont les récompensés portent encore ce nom. Une couronne de feuilles a survécu à tous les empires et est devenue un bijou.

Le laurier s'est révélé un symbole d'une rare ténacité. Les prêtresses d'Apollon le portaient, les césars le faisaient frapper sur les monnaies, on le sculptait sur les façades des universités et des tribunaux. Quand Napoléon se couronna empereur, sa tête ne portait pas un diadème médiéval mais une couronne de laurier en or, dans l'esprit des souverains romains. Et lorsque vous voyez une fine branche de laurier sur un pendentif ou un anneau de feuilles d'or sur une bague, vous tenez en main une idée vieille de plus de deux mille cinq cents ans : j'ai tenu bon, j'ai réussi, on m'a reconnu.

Voici l'ordre des choses : ce qu'est une couronne de laurier et en quoi elle diffère des autres couronnes, d'où elle vient, ce qu'elle signifie aujourd'hui, sous quelles formes on la réalise, dans quels matériaux, comment et avec quoi la porter, et ce qui la distingue des couronnes d'olivier, de chêne et de myrte.

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Qu'est-ce qu'une couronne de laurier

Le laurier d'Apollon : une plante devenue symbole

La couronne de laurier est un cercle ou un demi-cercle ouvert fait de feuilles et de rameaux de laurier noble (Laurus nobilis), arbre méditerranéen à feuillage persistant, aux feuilles denses et parfumées. Ce sont les mêmes feuilles que l'on glisse dans une soupe, mais dans les bijoux il s'agit d'autre chose : d'une forme reconnaissable au premier coup d'œil. Deux rameaux courbés qui se rejoignent au-dessus du front ou se ferment en cercle, une rangée de feuilles allongées, parfois de petites baies.

Le laurier était consacré à Apollon, dieu de la lumière, de la musique, de la poésie et de la prophétie. Les prêtresses de son temple à Delphes mâchaient des feuilles de laurier avant de rendre leurs oracles. Les vainqueurs des Jeux pythiques, célébrés en l'honneur d'Apollon, étaient couronnés de laurier précisément, et non d'olivier comme aux Jeux olympiques. Ainsi la plante du dieu des arts et de la lumière s'est-elle soudée à l'idée de don, de reconnaissance et d'accomplissement suprême.

Cerceau, diadème ou cercle fermé

Dans les bijoux, le laurier se présente sous deux géométries de base. La première est la couronne ouverte : deux rameaux divergent depuis le centre, comme sur les monnaies antiques, et laissent la nuque libre. C'est l'aspect de la corona triumphalis romaine classique. La seconde est le cercle fermé, un anneau de feuilles sans rupture, symbole d'intégrité et d'achèvement. Sur les pendentifs, on rencontre plus souvent le cercle ou le demi-cercle, sur les bagues un anneau continu de feuilles, sur les diadèmes une couronne ouverte au-dessus du front.

Un détail important : les feuilles sont toujours orientées, pointe dans la même direction, le long du rameau. Ce n'est pas un hasard mais un signe de qualité que l'œil sait lire. Sur un estampage bon marché, les feuilles « regardent » souvent dans le désordre ; sur un bel ouvrage, elles sont disposées avec rythme, comme sur une frappe.

En quoi la couronne de laurier diffère des autres couronnes

L'histoire compte beaucoup de couronnes, et il est facile de les confondre. Le laurier, c'est la victoire, le triomphe, la gloire, la poésie. L'olivier, c'est la paix et les Jeux olympiques. Le chêne, c'est la force, la vaillance et la fermeté civique (la corona civica romaine). Le myrte, c'est l'amour, le mariage et Vénus ; on l'offrait aux mariées. La couronne d'épines relève d'une tout autre symbolique, chrétienne, celle de la souffrance. Quand vous choisissez un bijou « à couronne », il vaut la peine de comprendre quelle feuille vous avez sous les yeux : la différence de sens est colossale. Plus de détails dans la section de comparaison plus bas.

Histoire de la couronne de laurier : du mythe d'Apollon au prix Nobel

Le mythe d'Apollon et Daphné

Le symbole a une légende d'origine, et elle est triste. Apollon, dieu du soleil et de la poésie, se moqua du petit Éros et de son arc. Vexé, Éros décocha deux flèches : l'une, d'or, transperça Apollon pour qu'il s'enflamme de passion ; l'autre, de plomb, blessa la nymphe Daphné pour qu'elle haïsse l'amour. Apollon se lança à la poursuite de Daphné ; terrifiée, elle s'enfuit et supplia son père, un dieu fleuve, de la sauver. Le corps de la nymphe se mit à se figer : sa peau devint écorce, ses bras des rameaux, ses cheveux des feuilles. Daphné se changea en laurier.

Apollon embrassa le tronc et sentit qu'un cœur battait encore sous l'écorce. Il déclara que, puisque Daphné ne pouvait devenir son épouse, elle serait son arbre. Depuis lors, le laurier est consacré à Apollon, et l'on ceint d'une couronne de ses feuilles les poètes, les musiciens et les vainqueurs. En grec, le laurier se dit « daphné », en l'honneur de la nymphe. Ovide a raconté cette histoire dans ses « Métamorphoses » avec tant de détails qu'elle est devenue le canon auquel artistes et poètes sont ensuite revenus pendant des siècles. Dans ce dénouement triste se cache aussi le sens secret du symbole : le laurier se paie, on ne l'obtient pas pour rien, et derrière chaque couronne il y a une histoire d'effort et de perte.

La Grèce et les Jeux pythiques

Ce sont les Grecs qui, les premiers, firent du laurier une récompense. Aux Jeux pythiques de Delphes, les deuxièmes par leur importance après les Jeux olympiques, on couronnait les champions de laurier. La victoire en athlétisme, à la course de chars, en musique et en poésie donnait droit à cette couronne, et pour un Grec elle valait plus que n'importe quel métal. Il n'y avait pas de prix en argent aux grands jeux : la récompense, c'était la gloire et le droit de rentrer chez soi couronné.

Le laurier était aussi lié à la prophétie. La Pythie, prêtresse devineresse de l'oracle de Delphes, s'inspirait du laurier selon la tradition. Ainsi la couronne réunissait-elle trois choses que les Grecs plaçaient au-dessus de tout : la vaillance athlétique, le don poétique et le lien avec le divin.

Le laurier entrait dans la trame même du culte delphique. On ornait de rameaux de laurier le temple d'Apollon, les pèlerins apportaient le laurier en offrande, et le vainqueur emportait sa couronne comme un fragment de l'arbre sacré du dieu. Pour un Grec, cela comptait plus qu'une médaille : la couronne attestait qu'Apollon lui-même avait distingué l'homme. Les concours de musique et de poésie des Jeux pythiques étaient appréciés à l'égal des épreuves athlétiques, et c'est pourquoi le laurier ceignait dès l'origine le corps comme l'esprit, la force du coureur comme le don du chanteur. Cette dualité, le sport et l'art sous une même couronne, est restée pour toujours attachée au symbole.

La couronne du champion : quatre jeux et quatre plantes

La Grèce antique connaissait quatre grands concours, et chacun avait sa couronne. Les Jeux olympiques d'Olympie couronnaient d'olivier, les Jeux pythiques de Delphes de laurier, les Jeux isthmiques près de Corinthe de pin, les Jeux néméens d'une couronne d'ache. L'athlète qui remportait les quatre recevait le titre honorifique de « périodonique », celui qui a bouclé le cycle. De ces quatre plantes, c'est le laurier qui connut le destin le plus heureux : le pin et l'ache sont restés dans les manuels d'histoire, tandis que le laurier et l'olivier sont parvenus jusqu'à nous comme des symboles vivants de victoire et de paix.

Le rite du couronnement lui-même était bref et sans éclat. On coupait pour le vainqueur des Jeux pythiques des rameaux du laurier sacré, on tressait sur place la couronne et on la lui posait sur la tête. Pas d'or, pas de prix en argent aux grands jeux : la valeur de la couronne ne tenait pas au matériau mais au fait que toute l'Hellade l'avait vue. Le champion rentrait chez lui en héros : on lui composait des odes, on lui érigeait des statues, on l'exemptait d'impôts. La couronne desséchée se conservait comme une relique, parfois on la reconsacrait au temple. L'idée qu'une récompense suprême vaut plus que de l'argent précisément parce qu'on ne peut pas l'acheter est née pour une bonne part ici, auprès du laurier delphique.

Le laurier du champion et la médaille de récompense

Une ligne droite relie la couronne vivante du vainqueur à la médaille de récompense moderne. Les Grecs récompensaient par la gloire et une couronne de feuilles ; le métal est venu plus tard, quand il fallut rendre la récompense durable. Mais la logique est restée la même : la couronne comme la médaille sont un signe public qu'un homme a vaincu dans une lutte loyale. Ce n'est pas un hasard si, sur d'innombrables médailles et décorations, le laurier enserre un portrait ou un chiffre : cette plante signifie à elle seule « ici un mérite est reconnu ». Dans les bijoux, le pendentif-laurier obéit à cette même logique antique de médaille personnelle, que l'on porte non pas à un ruban mais à une chaîne.

Rome : le triomphe, le césar et la corona triumphalis

Aureus d'or d'Auguste, 20-19 av. J.-C., avec le profil de l'empereur ceint d'une couronne de laurier
Aureus d'or d'Auguste, 20-19 av. J.-C. Le profil de l'empereur est ceint de laurier, signe du triomphe et du pouvoir. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0).Gold aureus of Augustus, 20–19 BCE. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Rome porta le culte du laurier à l'échelle de l'État. Le général vainqueur à qui le Sénat accordait le droit au triomphe entrait dans la ville couronné de laurier, sur un char, sous les acclamations de la foule. On tenait le laurier au-dessus de sa tête ou on lui en ceignait le front. C'était le plus haut honneur militaire de la République, puis de l'Empire.

Les césars firent de la couronne un attribut personnel. Jules César, au dire de ses contemporains, affectionnait particulièrement la couronne de laurier, et les mauvaises langues prétendaient que c'était en partie parce qu'elle dissimulait sa calvitie. Après lui, la couronne devint l'attribut du pouvoir impérial. On la faisait frapper sur les monnaies : le profil du souverain ceint de laurier est l'image la plus reconnaissable de la numismatique romaine. On plantait du laurier près des temples, on en ornait les maisons les jours de victoire, les courriers porteurs de nouvelles d'une victoire brandissaient des rameaux de laurier.

Le laurier avait aussi à Rome un culte plus pratique. On croyait que le laurier n'était jamais frappé par la foudre ; aussi l'empereur Tibère, dit-on, mettait une couronne de laurier pendant l'orage, y cherchant une protection. On plantait du laurier dans les jardins impériaux, et il existait une légende sur un bosquet sacré né d'un rameau qu'un oiseau avait laissé tomber sur les genoux de l'épouse du premier empereur. Chaque nouveau souverain prenait sa couronne dans ce bosquet. Ainsi le laurier ne fut-il plus seulement une récompense mais un fil vivant reliant le pouvoir aux dieux et à la nature.

Les empereurs en laurier : de César au Bas-Empire

Après César, la couronne de laurier s'attacha solidement à la figure du souverain. Auguste, le premier empereur, se représentait ceint de laurier sur les monnaies et les statues, et c'était un calcul : il montrait que son pouvoir reposait sur les victoires et la faveur des dieux, non sur la force brute. À partir d'Auguste, la couronne devint un élément obligé de l'image impériale. Le profil du souverain dans des feuilles de laurier était frappé sur les aurei et les deniers de toute la province, de la Bretagne à la Syrie, et pour un habitant de la province ce petit portrait était au fond le seul « visage » du maître lointain.

Peu à peu, le laurier des empereurs commença à se fondre avec une autre parure, plus lourde, la couronne radiée et le diadème d'or. Plus on s'éloignait de la République, moins la couronne gardait le souvenir d'un triomphe précis et plus elle devenait pur signe de pouvoir : porter le laurier, c'était simplement dire « je règne ». Quand, au Bas-Empire, les souverains se mirent à orner leur diadème de pierres précieuses, le fond de laurier se devinait encore sous elles. Ainsi, en quelques siècles, le laurier passa-t-il d'un honneur militaire honnêtement gagné à une couronne que l'on portait par droit de naissance, et c'est précisément ce double sens, le mérite et le pouvoir, qu'il a conservé dans toutes ses renaissances ultérieures.

Les Jeux olympiques, la querelle de l'olivier et le néoclassicisme

Ici, il ne faut pas se tromper. Aux Jeux olympiques antiques, on couronnait d'olivier, l'olivier sauvage du bosquet sacré d'Olympie. Le laurier était la récompense des Jeux pythiques. Le mouvement olympique moderne a fait revivre l'idée de la couronne comme récompense, et aux Jeux d'Athènes de 2004 on a de nouveau couronné les médaillés d'olivier, en référence à l'Antiquité. Mais dans la culture populaire, le laurier et la victoire sportive se sont si bien soudés que l'on dessine la branche de laurier sur les emblèmes, les coupes et les médailles du monde entier.

À l'époque du néoclassicisme et du style Empire, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, l'Europe retomba amoureuse de l'Antiquité. Le laurier revint dans l'architecture, le mobilier, la mode et la joaillerie. Napoléon, couronné en 1804, choisit une couronne de laurier en or pour signifier qu'il était l'héritier de César et non des rois médiévaux. L'impératrice Joséphine et les dames de sa cour portaient des diadèmes et des parures à motifs de laurier. La joaillerie Empire est littéralement parsemée de feuilles de laurier en or.

Le Moyen Âge et le couronnement des poètes

Au Moyen Âge, la couronne antique disparut presque de l'usage vivant, mais les savants et les poètes en gardaient la mémoire. En 1341, un événement marquant eut lieu à Rome : le poète Francesco Pétrarque fut solennellement couronné de laurier au Capitole. C'était une tentative consciente de faire revivre la tradition antique, et c'est de là que vient l'expression durable de « poète lauréat ». Pétrarque reçut la couronne non pour une victoire à un concours mais pour sa contribution aux lettres, et ainsi le laurier se rattacha définitivement à la poésie et à l'érudition. Les universités médiévales reprirent l'idée : le grade et le titre furent pensés comme un « couronnement », d'où vient aussi le mot « baccalauréat ».

« Lauréat » et « baccalauréat » : comment le laurier s'est caché dans les mots

Il vaut la peine de s'arrêter sur la profondeur avec laquelle le laurier a pris racine dans la langue du savoir. Le mot « lauréat » vient directement du latin laureatus, « ceint de laurier ». Quand on dit aujourd'hui « lauréat d'un prix », on désigne littéralement une personne à qui, au sens ancien, on a posé sur la tête une couronne de laurier, même si ni la couronne ni la tête ne sont plus là : il ne reste qu'un sens, reconnu comme le meilleur.

Avec le mot « baccalauréat », l'histoire est plus savoureuse. Selon une version répandue, il remonte au latin bacca lauri, « baie de laurier ». Le jeune diplômé qui obtenait son premier grade portait pour ainsi dire une couronne encore incomplète, seulement ses premières baies : la reconnaissance existe, mais le chemin reste à faire. De là vient le « baccalauréat » comme premier degré. En France même, ce premier grand examen tient son nom de ces baccae lauri : le bachelier était celui qui n'avait encore que les baies du laurier, pas la couronne entière. Dans une université italienne, on appelle encore aujourd'hui le diplômé laureato, ceint de laurier, et l'obtention du diplôme s'y nomme laurea, c'est-à-dire « laurier ». Il se trouve donc que des millions de personnes dans le monde « reçoivent du laurier » chaque année sans même s'en douter. Quand quelqu'un met un pendentif en forme de branche de laurier pour sa remise de diplôme, il boucle un cercle long de deux mille ans : le mot et l'objet se rejoignent à nouveau.

Les récompenses modernes : du Nobel aux lauriers de cinéma

Le mot « lauréat » est parvenu jusqu'à nous sans changement. Lauréat du Nobel, lauréat du prix Pulitzer, lauréat d'un concours, tous sont « ceints de laurier », même si personne ne met de couronne véritable. La branche de laurier est devenue un signe graphique de victoire : on la dessine sur les diplômes, sur les emblèmes de festivals, sur les emballages des produits haut de gamme. Les « lauriers » des festivals de cinéma, ces deux accolades de feuilles autour du titre d'un film, sont les descendants directs de la couronne antique. Le symbole a parcouru le chemin de la tête du champion delphique jusqu'à la vignette au coin d'une affiche, sans jamais rien perdre de son sens.

Le laurier dans la langue et l'héraldique françaises

En France, le laurier s'est ancré par l'éducation classique et la symbolique d'État. Le mot même de « baccalauréat » garde la baie de laurier en son cœur, et celui de « lauréat » revient chaque fois qu'on distingue un meilleur. Dans la langue française, le laurier est une métaphore familière de la gloire : « se reposer sur ses lauriers », « récolter des lauriers », « être couronné de lauriers » sont entrés dans l'usage et y vivent encore. En héraldique et sur les monuments, la branche de laurier encadre les armoiries, ceint les décorations et s'enroule autour des colonnes des arcs et des mémoriaux élevés en l'honneur des victoires. La tradition du poète couronné, de Pétrarque aux poètes de cour, a nourri l'image du créateur que ses pairs honorent de lauriers. Pour un francophone, le laurier n'est donc pas un symbole étranger mais un signe de mérite et de reconnaissance compris sans traduction.

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La signification de la couronne de laurier

Victoire et triomphe

Médaillon romain en verre du Ier siècle représentant la Victoire ailée tenant une couronne de laurier
Médaillon en verre à la Victoire ailée, Rome, Ier siècle. La déesse de la victoire tend une couronne de laurier au triomphateur. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0).Glass medallion of winged Victory, 1st century CE. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

La signification première du laurier, c'est la victoire. Pas n'importe laquelle, mais une victoire méritée, gagnée dans une lutte loyale et publiquement reconnue. On pose la couronne sur le vainqueur ; on ne peut pas l'acheter, seulement la gagner. C'est pourquoi un bijou au laurier se lit comme une affirmation discrète d'un accomplissement : j'ai fait mon chemin, je suis allé jusqu'au bout. C'est un cadeau fort pour qui a achevé ses études, soutenu un diplôme, remporté une épreuve, réussi.

L'immortalité de la gloire

Le laurier est persistant, il ne perd pas son feuillage en hiver. Les Anciens y voyaient une métaphore : la gloire du vainqueur ne se flétrit pas, le souvenir de l'exploit ne meurt pas. Une couronne de laurier est la promesse que ce qui a été atteint demeurera. Dans les bijoux, ce sens est particulièrement prisé : une couronne d'or ne s'abîme pas, pas plus qu'une réputation gagnée honnêtement.

Paix et réconciliation

Le laurier a aussi une face pacifique. On tendait la branche de laurier, comme la branche d'olivier, en signe de réconciliation et de bonne volonté. Après une victoire militaire, le laurier signifiait à la fois le triomphe et la paix revenue, la fin de l'hostilité. En ce sens, la couronne porte un double message : j'ai vaincu, et désormais vient le calme.

Poésie et don créateur

Comme le laurier était l'arbre d'Apollon, dieu de la poésie, on en couronnait les poètes. De là vient le titre de « poète lauréat », que portent encore aujourd'hui des poètes officiels auprès des cours et des parlements. Pour une personne créative, un bijou au laurier est un signe d'appartenance au métier des muses, à une tradition venue de Delphes. Un beau cadeau pour un musicien, un écrivain, un peintre.

Honneur, reconnaissance et dignité

Au sens le plus large, le laurier se lit comme un signe d'honneur et de reconnaissance publique. On le sculptait sur les tribunaux, les académies, les universités, les banques, partout où compte l'idée de mérite et d'autorité. Porter le laurier, c'est parler de dignité et du fait qu'une personne a de la valeur. C'est un symbole sans attache religieuse, compréhensible par tous, ce qui le rend commode et neutre.

Le lien avec Apollon et la lumière

Comme le laurier était l'arbre d'Apollon, dieu du soleil, il porte aussi une symbolique solaire : la lumière, la clarté, la raison, l'harmonie. Apollon, dans la conscience antique, était le protecteur de l'ordre et de la mesure, l'opposé du chaos. À travers ce lien, le laurier parle d'un esprit clair, de la victoire de la raison et du talent plutôt que de la force brute. C'est pourquoi un laurier en or, avec son rayonnement chaud, se lit de façon particulièrement cohérente : la matière du soleil sur l'arbre du dieu solaire. Pour ceux qui apprécient justement cette facette du symbole, le laurier devient un signe de lumière intérieure et de clarté créatrice, et pas seulement de triomphe extérieur.

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Les formes de la couronne de laurier dans les bijoux

La couronne-diadème et le diadème de laurier

Diadème-couronne en or de la Grèce antique, IVe siècle av. J.-C., en fines feuilles forgées
Diadème en or, Grèce, IVe siècle av. J.-C. De fines feuilles forgées sur l'arc du cercle, ancêtre direct du diadème de laurier moderne. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0).Gold diadem, 4th century BCE. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

La forme la plus spectaculaire est la couronne au-dessus du front. Un fin cercle de métal sur lequel reposent des feuilles de laurier reprend la corona antique. Cette parure fait écho à la tradition des diadèmes et des tiares, et convient là où l'on cherche une image solennelle, « de déesse » : pour un mariage, sur scène, lors d'une séance photo à thème. Un véritable diadème de laurier convient à une mariée au style antique ou Empire. La version miniature, un bandeau étroit avec quelques feuilles, se porte aussi au quotidien comme un accent délicat. Le diadème de laurier s'adapte bien à différentes coiffures : sur des cheveux lâchés, il se pose comme une légère couronne ; sur des cheveux relevés, il souligne la ligne du front ; sur une coiffure grecque à boucles, il donne l'air de sortir d'une fresque antique. Pour une séance photo, le laurier est irremplaçable : il pose immédiatement le thème, et l'image se lit dès le premier cliché comme « déesse » ou « muse ».

Le pendentif-branche de laurier

La forme la plus portable au quotidien. Une petite branche de laurier ou une couronne fermée sur une chaîne. La branche se lit facilement et ne crie pas ; le cercle-couronne paraît un peu plus strict et plus symbolique. Le pendentif-laurier est un beau cadeau pour une remise de diplôme ou la fin d'une étape difficile : le sens se comprend, et le bijou reste à propos pendant des années.

La bague-couronne

Une autre belle idée : une bague dont l'anneau est fait de feuilles de laurier disposées en cercle. La couronne y travaille doublement : comme symbole d'intégrité (le cercle fermé) et comme signe du triomphe de l'amour. Une telle bague est choisie par les couples sensibles à l'esthétique antique, ou par ceux qui veulent une bague de fiançailles et d'alliance avec une histoire, plutôt qu'un simple anneau de métal lisse. L'anneau de laurier joue joliment avec le genre même de la bague : un cercle sans début ni fin.

Les boucles d'oreilles au laurier

Les boucles d'oreilles en forme de branche ou de demi-anneau de feuilles de laurier donnent une ligne verticale, allongée, qui étire le cou et s'accorde bien avec des cheveux relevés. De petits clous-feuilles conviennent au quotidien, de longues pendantes-branches à la soirée. Le laurier sur des boucles d'oreilles est généralement plus fin que sur un pendentif, c'est pourquoi le matériau et la netteté de la fonte y sont particulièrement importants.

Le bracelet et la bague de phalange

La branche de laurier se pose bien le long du poignet : un bracelet rigide à feuilles épouse la ligne du bras. Une fine bague à branche qui contourne le doigt donne un accent léger, presque invisible. Ces formes plaisent à ceux qui préfèrent les bijoux délicats et portent le symbole pour eux-mêmes plutôt que pour l'exhiber.

Le laurier dans les bijoux à travers les époques

La forme de la couronne de laurier en joaillerie a évolué avec la mode, et ces changements permettent de lire l'histoire du goût. Chez les Grecs et les Romains, la couronne d'or était à la fois bijou et récompense : on posait sur la tête de très fines feuilles forgées sur un cercle souple, et l'on retrouve de tels diadèmes dans les sépultures de la noblesse partout en Méditerranée. Ce n'étaient pas des objets de série mais des pièces uniques d'artisans, et leurs feuilles paraissent aujourd'hui encore presque vivantes. Le laurier antique fait écho à d'autres motifs antiques dans les bijoux, qui eux aussi empruntaient directement leur forme à la sculpture et à la frappe.

Après une longue interruption, le laurier revint en joaillerie sur la vague du néoclassicisme et du style Empire, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. La mode était alors aux parures, ensembles complets de diadème, boucles d'oreilles, collier et bracelet, et la feuille de laurier en devint l'un des motifs favoris. Les dames de l'époque Empire portaient des diadèmes de laurier en or par-dessus des coiffures grecques, et des broches et peignes au laurier complétaient l'image de la « déesse antique ». Ce n'était pas une allusion à la victoire mais plutôt un signe de goût et d'appartenance à la haute culture.

Plus tard, à l'époque de l'historicisme et du néoclassicisme du début du siècle dernier, le laurier connut encore une renaissance, sous la forme de broches, de barrettes et de diadèmes pour les sorties solennelles. À cette époque, on associait souvent la couronne à une branche de chêne ou à un ruban-nœud, et elle devenait un élément de la symbolique des récompenses et de l'apparat. Aujourd'hui, le balancier a penché vers le minimalisme : on fait plus souvent le laurier petit et délicat, sous la forme d'une fine branche-pendentif, d'un anneau étroit ou de minuscules boucles-feuilles. L'énorme diadème est désormais surtout porté par les mariées et sur scène, tandis qu'au quotidien il reste un laurier léger, presque graphique. Le sens, lui, n'a pas changé d'un iota : le riche diadème Empire comme le tout petit pendentif disent une même chose, l'accomplissement et la reconnaissance.

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Les matériaux de la couronne de laurier

L'or : le classique du triomphe

L'or est historiquement le bon matériau pour le laurier. Les couronnes antiques et Empire étaient faites d'or précisément, et la couronne de Napoléon était en or. L'or jaune donne un rayonnement chaud, « solaire », qui fait écho à Apollon, dieu de la lumière. Pour qui veut une image aussi canonique et solennelle que possible, le laurier en or est le choix évident. L'or rose adoucit le symbole, le rend plus romantique ; l'or blanc le fait basculer dans un registre strict et graphique.

L'argent : un honneur sobre

L'argent 925 donne un laurier plus frais, plus lunaire. Une couronne en argent paraît plus sobre que l'or et s'intègre mieux à un style de tous les jours. C'est un choix pratique pour qui veut porter le symbole chaque jour sans attirer trop l'attention, et pour qui préfère par principe le métal blanc. L'argent rend bien la fine ciselure des feuilles, ce qui compte pour le laurier.

L'émail : la feuille verte vivante

L'émail froid ou à chaud rend au laurier sa couleur naturelle. Des feuilles d'émail vert sur une armature de métal paraissent fraîches et parlantes ; on reconnaît immédiatement qu'il s'agit bien de laurier et non d'un ornement abstrait. L'émail convient aux pendentifs et aux boucles d'oreilles, là où l'on veut de la couleur et du caractère. L'inconvénient est que l'émail demande des soins : il peut s'écailler à un choc.

L'acier et le doré comme option pratique

Pour qui apprécie la facilité d'entretien, on réalise le laurier en acier de joaillerie avec un revêtement PVD doré ou rhodié. Une telle couronne ne ternit pas, ne laisse pas de traces sur la peau et ne craint pas l'eau. La symbolique, elle, ne change pas d'un gramme : le sens du laurier est dans la forme, non dans le titre du métal. C'est un choix raisonnable pour une personne active ou pour un premier bijou au motif de laurier.

L'entretien d'un bijou au laurier

Le laurier est plus capricieux que les bijoux lisses, justement à cause du relief : entre les feuilles s'accumulent la poussière et le sébum, et avec le temps le dessin se ternit. On nettoie une couronne en argent avec une brosse douce et un chiffon spécial, de temps en temps avec un produit professionnel, et on la range séparément dans une pochette pour qu'elle ne ternisse pas au contact de l'air et d'autres objets. Pour l'or, il suffit de l'essuyer et de le laver de temps à autre dans de l'eau tiède avec une goutte de savon doux, en passant délicatement la brosse dans les creux entre les feuilles. Le laurier en émail demande de la prudence : il ne faut ni le laisser tomber ni le frotter avec des abrasifs, sinon l'émail s'écaille ; mieux vaut le laver simplement à l'eau et l'essuyer aussitôt. La couronne en acier revêtu est la plus patiente, un essuyage lui suffit, mais il ne faut pas non plus la rayer avec des éponges dures pour ne pas endommager le revêtement. Retirez tout bijou avant la douche, la piscine et le sport, et le relief du laurier durera plus longtemps.

Comment et avec quoi porter la couronne de laurier

Pour un mariage

Le laurier convient au mariage dans plusieurs rôles à la fois. La mariée peut mettre un diadème de laurier ou une couronne-diadème pour une image antique, grecque ou Empire, surtout si la robe est fluide, à taille haute. Un fin pendentif-branche convient à la mariée comme aux demoiselles d'honneur, en accent thématique léger. Le laurier se lit ici de façon ambivalente : à la fois comme une parure de tête dans l'esprit des bijoux de mariage et comme un vœu d'amour triomphant et de paix dans la maison.

Pour une remise de diplôme et à l'occasion d'un accomplissement

C'est sans doute l'occasion la plus juste. Le laurier symbolise littéralement le chemin achevé et la reconnaissance méritée, et le mot « lauréat » renvoie directement au diplôme et à la récompense. Un pendentif-branche ou une modeste bague-couronne deviennent le cadeau idéal pour qui a terminé l'école, soutenu un diplôme, obtenu une promotion, remporté un concours. Le sens se comprend sans explication, et le bijou reste portable pendant des années.

Pour une soirée et une fête

Pour une sortie du soir, un laurier en or ou en émail fonctionne sur un cou dégagé, de longues boucles d'oreilles-branches, un diadème pour une occasion particulière. Le laurier fait écho à la lumière chaude, à l'éclat du maquillage de soirée et s'accorde bien avec des tissus lisses aux couleurs profondes : lie-de-vin, émeraude, noir. Sur la peau nue près des clavicules, un pendentif de laurier paraît particulièrement avantageux.

Au quotidien

Une branche délicate sur une fine chaîne, de petites boucles d'oreilles-feuilles, un anneau étroit au laurier s'intègrent facilement à une garde-robe ordinaire. Le laurier est vertical et net de forme, c'est pourquoi il n'entre pas en conflit avec les vêtements et se pose bien dans un décolleté en V. L'argent ou l'acier façon or blanc est l'option la plus discrète pour tous les jours.

À qui il convient

Le laurier est un symbole sans contraintes rigides. Il n'est lié ni à la religion, ni au sexe, ni à l'âge. Hommes et femmes le portent : pour une image masculine, on prend une couronne en argent ou en acier, plus stricte ; pour une image féminine, plus souvent l'or et un travail plus fin. Le laurier va à ceux qui aiment les bijoux parlants avec une histoire, à ceux qui célèbrent un accomplissement, à ceux qui sont sensibles à l'esthétique antique. C'est un bon cadeau réfléchi : offrir le laurier, c'est reconnaître les mérites de quelqu'un, et cela fait toujours plaisir à recevoir.

La psychologie de la couronne de laurier

Pourquoi quelqu'un choisit-il précisément un symbole de victoire, et non n'importe quel bel objet ? La psychologie ici est tout à fait claire, et elle explique pourquoi le laurier fonctionne même sur ceux qui sont loin de l'Antiquité.

Une ancre d'accomplissement. Quand un bijou est lié à une victoire précise (un diplôme, une promotion, un marathon achevé, la sortie d'une période difficile), il devient une ancre physique pour cette expérience. Chaque fois que la personne voit le laurier sur elle, un souvenir s'allume brièvement dans sa tête : j'y suis arrivé. En thérapie cognitivo-comportementale, on appelle cela la technique de l'ancrage, et elle fonctionne exactement ainsi. Le laurier est commode pour ce rôle, car son sens (la victoire) coïncide avec le moment que l'on veut fixer.

Un signal adressé à soi-même. Un symbole porté est un message d'abord non pas aux autres, mais à son propre cerveau. Le laurier au cou répète discrètement : tu es de ceux qui mènent les choses à leur terme. Les psychologues notent que de tels marqueurs d'identité renforcent la résistance au stress et aident à tenir la barre les jours difficiles. C'est la même logique qui fait que les sportifs gardent un équipement porte-bonheur et que les diplômés conservent leur diplôme.

Le cadeau comme reconnaissance. Quand on offre le laurier, un effet distinct se produit. Recevoir un symbole de victoire d'une autre personne, c'est entendre : je vois ce que tu as accompli. Les recherches sur la psychologie du cadeau montrent que les objets porteurs d'une intention émotionnelle claire agissent plus fort sur celui qui les reçoit qu'un achat équivalent fait pour soi-même. Le laurier se prête idéalement à ce rôle, car il parle littéralement de mérite et de reconnaissance.

Une fierté tranquille sans vantardise. Le laurier permet de célébrer un succès sans le clamer tout haut. Une petite branche sur une chaîne ne crie pas, mais elle signifie beaucoup pour celui qui la porte. C'est une façon délicate de porter sa fierté, qui n'a pas l'air d'une fanfaronnade, et c'est pourquoi elle est confortable même pour les gens réservés.

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Comment choisir une couronne de laurier : à quoi prêter attention

Si vous achetez un bijou au laurier pour la première fois, pour vous ou en cadeau, quelques repères aident à ne pas se tromper.

La qualité de la fonte des feuilles

Le laurier vit dans le détail. Sur un bel ouvrage, les feuilles sont disposées avec rythme, pointe dans la même direction le long du rameau, avec une nervure centrale dessinée. Sur un mauvais estampage, les feuilles sont brouillées, « regardent » dans le désordre, on ne voit pas les nervures. Tenez l'objet à la lumière : si le relief est net et que les feuilles se lisent comme des feuilles, et non comme des gouttes informes, vous avez devant vous une pièce digne de ce nom.

La taille selon la forme et la personne

Le pendentif-branche du quotidien se prend petit, 2 à 4 cm, pour qu'il ne déséquilibre pas l'ensemble. Le diadème et la couronne-diadème se choisissent selon la tête et selon l'occasion : pour un mariage ils sont plus grands, pour un bandeau de tous les jours plus fins. Les boucles d'oreilles-feuilles se font plus petites que le pendentif, c'est pourquoi on y est particulièrement exigeant sur la netteté de la fonte. À un homme convient généralement la limite haute de la taille, à une personne de constitution menue la limite basse.

Le matériau selon le mode de vie

L'or, c'est la solennité et la durabilité ; l'argent, la sobriété et le quotidien ; l'émail, la couleur et le caractère ; l'acier revêtu, la facilité d'entretien sans soins. Si le bijou doit être sur vous tous les jours et au contact de l'eau, l'argent ou l'acier sont plus raisonnables. Si c'est une pièce d'apparat pour les grandes occasions, l'or ou l'émail se révéleront plus pleinement. Rappelons-le : le matériau n'influe pas sur le sens du symbole, le laurier reste le laurier dans n'importe quel titre.

Cercle fermé ou couronne ouverte

Le cercle fermé de feuilles se lit comme l'intégrité et l'achèvement ; la couronne ouverte est plus proche de la couronne antique du triomphateur. Pour une bague, l'anneau fermé est plus naturel ; pour un diadème, la couronne ouverte ; pour un pendentif, l'un comme l'autre conviennent. Le choix tient ici davantage au goût et au sens qui vous est le plus proche : l'achèvement du chemin ou le moment même du triomphe.

Le laurier dans l'art, l'héraldique et les récompenses

La couronne de laurier est l'un des motifs les plus fréquents de l'art européen. Apollon au laurier, le poète Pétrarque couronné de laurier à Rome en 1341 (d'où vient la notion même de « poète lauréat »), les allégories de la Victoire et de la Gloire tenant des branches de laurier, tout cela a été peint et sculpté pendant des siècles. Le Bernin a une célèbre sculpture, « Apollon et Daphné », où l'on voit les doigts de la nymphe pousser en feuilles de laurier. Les artistes de la Renaissance et du baroque adoraient ce sujet pour son drame et pour la possibilité de montrer la transformation de la chair en arbre.

En héraldique et dans la symbolique d'État, le laurier signifie la vaillance et le mérite. Des branches de laurier entourent les armoiries, encadrent les décorations et les médailles, s'enroulent autour des colonnes des monuments. La couronne de laurier et de chêne ensemble est un symbole militaire fréquent : le laurier pour la victoire, le chêne pour la fermeté. Sur de nombreuses récompenses, des temps antiques aux décorations modernes, la branche de laurier est un élément obligé. Même les billets et les sceaux de divers pays portent le laurier comme signe d'autorité et de dignité. Cette omniprésence a fait du laurier le synonyme visuel du mot « récompense » lui-même.

Le laurier en peinture

Les artistes sont revenus au laurier encore et encore, parce qu'il offrait à la fois une belle forme et un sens tout fait. Apollon était presque toujours peint couronné de laurier, la lyre à la main, doré et jeune. Les figures allégoriques de la Gloire et de la Victoire tiennent une couronne de laurier au-dessus de la tête du héros ou la tendent en avant ; c'est un geste reconnaissable sur des centaines de toiles et de fresques. Le sujet d'Apollon et Daphné devint un favori des maîtres baroques pour son drame : le moment de la transformation, quand les doigts et les cheveux de la nymphe poussent en feuilles, donnait au peintre la possibilité de montrer à la fois le mouvement, l'effroi et le miracle. La couronne de laurier sur un portrait fonctionnait aussi comme un message : si une personne est représentée en laurier, c'est qu'elle est un penseur, un poète ou un triomphateur, et le spectateur de l'époque le lisait instantanément.

Le laurier dans la littérature et la langue

Le laurier s'est profondément enraciné dans la langue, et souvent nous l'employons sans le remarquer. « Récolter des lauriers », « se reposer sur ses lauriers », « les lauriers de tel l'empêchent de dormir », toutes ces expressions parlent de gloire et de l'envie du succès d'autrui. L'anglais laureate, l'italien laureato (ainsi nomme-t-on en Italie un diplômé d'université), le français lauréat viennent tous d'une même racine latine. En poésie, le laurier est devenu un cliché du sublime : couronner de lauriers, la couronne de gloire du laurier. Cette omniprésence linguistique compte aussi pour le bijou : quand une personne porte le laurier, elle s'appuie sur un sens déjà inscrit dans la langue, et c'est pourquoi le symbole se lit sans explication.

Couronnes de laurier célèbres dans l'histoire

Pièce d'or anglaise « laurel » de Jacques Ier, 1619-1625, au portrait du roi ceint d'une couronne de laurier
« Laurel » de Jacques Ier, or, 1619-1625. La pièce tient son nom de la couronne de laurier sur la tête du roi. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0).Laurel of James I, 1619–25. The Metropolitan Museum of Art, Open Access (CC0 1.0)

Quelques couronnes sont devenues vraiment légendaires. La couronne de Jules César, dont le Sénat lui avait accordé le droit de port, se mua en signe de pouvoir personnel et fut en fin de compte l'un des motifs du complot contre lui. La couronne d'or de Napoléon, portée au couronnement de 1804, fut réalisée par des joailliers parisiens sur le modèle romain, en fines feuilles d'or ; après la chute de l'Empire, on la démonta et ses feuilles se dispersèrent entre collections et fontes. Les couronnes des vainqueurs des Jeux pythiques ne se sont pas conservées, car elles étaient vivantes et se desséchaient, mais leur image nous est parvenue par la peinture sur vases et la sculpture. Et le « laurier » le plus répandu aujourd'hui est sans doute celui des festivals sur les affiches de cinéma : des milliards de personnes l'ont vu sans se douter qu'elles regardaient un descendant de la récompense delphique.

Laurier face à l'olivier, le chêne et le myrte
CouronneSensConsacré àFeuilleComme symbole de victoire
LaurierVictoire, triomphe, gloire, poésieApollonGrande, ferme, pointue
OlivierPaix, réconciliation, Jeux olympiquesAthénaÉtroite, vert argenté, petite
ChêneForce, bravoure, courage civiqueZeus / JupiterBords ondulés, glands
MyrteAmour, mariage, mariéesAphrodite / VénusPetite, brillante, fleurs blanches

Le laurier face à l'olivier, au chêne et au myrte

Les quatre plantes donnaient des couronnes dans l'Antiquité, mais leurs significations diffèrent, et au moment de choisir un bijou il vaut la peine de le comprendre.

Le laurier et l'olivier : la victoire contre la paix

Le laurier est la récompense des Jeux pythiques et du triomphe romain, symbole de victoire et de gloire. L'olivier est la récompense des Jeux olympiques et un ancien signe de paix (la branche d'olivier signifie encore aujourd'hui la réconciliation). Distinguer les feuilles n'est pas difficile : chez le laurier, la feuille est plus grande, plus dense, à la pointe acérée ; chez l'olivier, elle est étroite, vert argenté, petite. Si l'idée d'accomplissement et de triomphe vous importe, choisissez le laurier. Si c'est l'idée de paix, d'harmonie et de calme, l'olivier est plus proche.

Le laurier et le chêne : la gloire contre la fermeté

La couronne de chêne (corona civica) se donnait à Rome à celui qui avait sauvé la vie d'un citoyen au combat ; c'était un honneur pour la vaillance et la fermeté, et non pour la victoire en tant que telle. Le chêne, c'est la force, l'endurance, la solidité virile. Le laurier, c'est le triomphe et la reconnaissance. Les feuilles de chêne, aux bords ondulés caractéristiques, et les glands ne se confondent avec rien. Ces deux symboles sont souvent réunis sur les récompenses, et dans les bijoux on rencontre aussi cette paire.

Le laurier et le myrte : le triomphe contre l'amour

Le myrte est la plante de Vénus, symbole d'amour et de mariage. On ornait les mariées d'une couronne de myrte, on le tressait dans les parures de noces depuis des siècles. Le laurier, c'est la gloire publique ; le myrte, c'est l'amour et la famille. S'il s'agit d'un mariage, le myrte est historiquement plus exact, mais le laurier convient aussi comme vœu d'amour « victorieux ». Le myrte a de petites feuilles ovales et brillantes et des fleurs blanches ; le laurier a de grandes feuilles mates sans fleurs.

Les racines de toutes ces couronnes plongent dans le panthéon grec : le laurier, c'est Apollon ; l'olivier, c'est Athéna ; le myrte, c'est Aphrodite. Quelle plante est consacrée à quel dieu, c'est détaillé dans l'article sur les dieux de l'Olympe.

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Des faits qui surprennent

Le mot « lauréat » signifie littéralement « ceint de laurier ». Du latin laureatus. Un lauréat du Nobel est « un homme couronné de laurier », même si on ne lui remet bien sûr pas de couronne véritable.

Le baccalauréat aussi vient du laurier. Selon une version, le latin bacca lauri, « baie de laurier », a donné baccalaureus, d'où « baccalauréat ». Le jeune diplômé est pour ainsi dire un homme aux premières baies de laurier, pas encore à la couronne entière.

César, dit la rumeur, aimait la couronne à cause de sa calvitie. Suétone écrivait que Jules César se réjouit du droit de porter en permanence la couronne de laurier parce qu'elle dissimulait ses tempes dégarnies. Ainsi le plus haut symbole d'État réglait-il du même coup un souci tout pratique.

Le laurier est réellement persistant. Laurus nobilis ne perd pas son feuillage en hiver, et c'est précisément pourquoi les Anciens en firent un symbole de gloire impérissable. La métaphore est littérale, pas inventée.

La Pythie de Delphes, selon la tradition, mâchait du laurier. La prêtresse devineresse s'inspirait, avant la séance, du laurier d'Apollon. Les chercheurs modernes débattent des causes de la transe de l'oracle, mais le laurier était présent dans cette histoire à coup sûr.

Les Grecs appelaient le laurier « daphné ». En l'honneur de la nymphe Daphné, changée en arbre. Le prénom féminin Daphné est encore répandu, et il signifie littéralement « laurier ».

Les « lauriers » des festivals de cinéma sont les descendants directs de la couronne antique. Les deux accolades de feuilles autour du titre d'un film sur une affiche, signe que le film a remporté quelque chose ou a été sélectionné, reprennent la forme de l'antique corona.

Napoléon se couronna d'un laurier d'or, et non d'une couronne. En 1804, il mit une couronne de modèle romain pour souligner la continuité avec César, et non avec les rois de France. Cette couronne s'est conservée en partie : ses feuilles furent plus tard vendues et fondues.

Le diplômé italien « reçoit du laurier » au sens propre. Le diplôme universitaire s'appelle en Italie laurea, et le diplômé laureato, ceint de laurier. Pour la fête de fin d'études, on y met aujourd'hui encore parfois une véritable couronne de feuilles de laurier, bouclant une tradition longue de deux mille ans.

Les Grecs avaient quatre jeux « à couronne », chacun avec sa plante. Les Jeux olympiques couronnaient d'olivier, les Pythiques de laurier, les Isthmiques de pin, les Néméens d'ache. L'athlète qui remportait les quatre s'appelait « périodonique », celui qui a bouclé le cycle.

Le laurier a voyagé sur les monnaies pendant des millénaires. Des profils des césars romains couronnés au « laurel » anglais de Jacques Ier, nommé directement d'après le laurier sur la tête du roi, les feuilles de laurier sur la monnaie signifiaient une seule chose : voici un pouvoir légitime, reconnu et couronné.

Mythes sur la couronne de laurier
Les champions olympiques étaient couronnés de laurier
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Le mot lauréat signifie littéralement couronné de laurier
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La couronne de laurier est un symbole chrétien
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La couronne de laurier est réservée aux hommes
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Le laurier reste vert toute l'année
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Le matériau décide de la force du symbole
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Questions fréquentes

Que symbolise la couronne de laurier dans les bijoux ?

Avant tout la victoire, le triomphe et la reconnaissance méritée. En plus de cela, c'est la gloire qui ne se flétrit pas (le laurier est persistant), la paix et la réconciliation, le don poétique et créateur. Le laurier se lit comme une affirmation discrète d'un accomplissement et convient bien à ceux qui ont achevé une étape importante.

En quoi la couronne de laurier diffère-t-elle de celle d'olivier ?

Le laurier, c'est la victoire et la gloire, la récompense des Jeux pythiques et du triomphe romain. L'olivier, c'est la paix et les Jeux olympiques. Extérieurement, la feuille du laurier est plus grande, plus dense et à la pointe acérée ; celle de l'olivier est étroite et vert argenté. Le sens diffère : le laurier parle de triomphe, l'olivier de calme et de concorde.

Un homme peut-il porter une couronne de laurier ?

Oui. Le laurier était à l'origine un symbole masculin, militaire et impérial ; on en couronnait les généraux et les césars. Pour une image masculine, on choisit en général une couronne en argent ou en acier plus stricte, un pendentif-branche sur une chaîne ou une bague au laurier. Le symbole n'a aucune restriction de sexe.

La couronne de laurier convient-elle à un mariage ?

Oui. La mariée peut mettre un diadème de laurier ou une couronne-diadème pour une image antique et Empire, et un pendentif-branche comme accent léger. Le laurier au mariage se lit comme un vœu d'amour triomphant et de paix dans la maison. Historiquement, on utilisait plus souvent le myrte pour les mariées, mais le laurier convient aussi et paraît plus solennel.

Dans quel métal vaut-il mieux choisir une couronne de laurier ?

L'or est l'option la plus canonique et la plus solennelle (les couronnes antiques et Empire étaient en or). L'argent donne un laurier sobre, de tous les jours. L'émail rend aux feuilles leur couleur verte naturelle. L'acier revêtu est un choix pratique sans entretien. La symbolique ne change pas avec le matériau, le sens du laurier est dans la forme.

D'où vient le mot « lauréat » ?

Du latin laureatus, « ceint de laurier ». Dans l'Antiquité, on couronnait de laurier les vainqueurs et les poètes, et le mot s'est attaché à ceux que l'on reconnaissait comme les meilleurs. Lauréat du Nobel, lauréat d'un prix ou d'un concours, tous sont « ceints de laurier », même si plus personne ne met de couronne véritable depuis longtemps.

La couronne de laurier est-elle un symbole chrétien ?

Non. Le laurier est un symbole antique, préchrétien, lié au dieu Apollon, aux jeux grecs et au pouvoir romain. Il ne faut pas le confondre avec la couronne d'épines, qui relève de la symbolique chrétienne de la souffrance. Le laurier est neutre vis-à-vis de la religion, c'est pourquoi des gens de toutes convictions le portent.

Quelle forme de couronne de laurier choisir pour un cadeau ?

Pour une remise de diplôme ou un accomplissement, un pendentif-branche ou une modeste bague-couronne conviennent, le sens se comprend tout de suite. Pour un mariage, un diadème de laurier ou une couronne-diadème. Au quotidien, une branche délicate sur une chaîne ou de petites boucles d'oreilles-feuilles. Le laurier est un cadeau réfléchi réussi : l'offrir, c'est reconnaître les mérites de quelqu'un.

Conclusion

La couronne de laurier a parcouru le chemin de la tête du champion delphique jusqu'à la vignette sur un diplôme, sans jamais perdre son sens. C'est un symbole de victoire méritée, de gloire impérissable et de reconnaissance, compréhensible sans mots et sans attache religieuse. Dans les bijoux, il vit dans les pendentifs-branches, les bagues-anneaux, les diadèmes et les boucles d'oreilles, dans l'or, l'argent et l'émail. Porter le laurier, c'est dire que le chemin est fait, et fait avec dignité. C'est un signe personnel fort et un cadeau qui rate rarement, pour qui a accompli quelque chose et a mérité d'être reconnu.

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À propos de Zevira

Zevira, ce sont des bijoux qui ont une histoire. Nous rassemblons des symboles éprouvés par le temps : des porte-bonheur, des signes de chance, des motifs antiques comme la couronne de laurier. Chaque bijou ici parle de quelque chose, il ne fait pas que briller. Si l'idée d'un objet qui a du sens vous est proche, regardez ce qui est disponible.

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